Catalogne. Cinq conseillers nationaux de la Suisse déposent une interpellation au Conseil fédéral

(Par BEATRICE RIAND) A J – 5 des élections du 27 septembre les Indépendantistes catalans sont en passe de réussir leur pari.Selon Marti Anglada, Délégué du gouvernement de la Catalogne en France et Suisse, joint ce jour au téléphone, les derniers sondages parus dans La Vangardia annoncent la victoire des Indépendantistes non seulement en sièges, mais en voix (51 %).Barcelone et Madrid devront vraisemblablement s’asseoir autour d’une table afin de négocier durant une période transitoire de dix-huit mois qui précéderait la déclaration d’indépendance.

(Par BEATRICE RIAND)

 

A J – 5 des élections du 27 septembre les Indépendantistes catalans sont en passe de réussir leur pari.

Selon Marti Anglada, Délégué du gouvernement de la Catalogne en France et Suisse, joint ce jour au téléphone, les derniers sondages parus dans La Vangardia annoncent la victoire des Indépendantistes non seulement en sièges, mais en voix (51 %).

Barcelone et Madrid devront vraisemblablement s’asseoir autour d’une table afin de négocier durant une période transitoire de dix-huit mois qui précéderait la déclaration d’indépendance.

Aujourd’hui a été déposée au Parlement fédéral une interpellation écrite signée par cinq conseillers nationaux, dont les initiateurs ont été les trois Valaisans (Mathias Reynard, Yannick Buttet, Oskar Freysinger).

 

Cette interpellation a pour objectif premier de permettre à la démocratie de s’exprimer librement et sans contrainte. C’est pourquoi, elle émane des représentants de tous les partis, à l’exception du PLR. L’ont donc signée Mathias Reynard, pour le PS, Yannick Buttet pour le PDC, Oskar Freysinger pour l’UDC, Beat Flach pour les Verts Libéraux et Balthazar Glättli pour les Verts.

 

Le contenu de l’interpellation

 

La Catalogne jouit d’une identité forte et particulière, s’inscrivant dans sa langue et sa culture mais aussi dans ses institutions centenaires. Le débat sur l’indépendance de cette région existe depuis longtemps mais a connu de nombreux rebondissements ces dernières années : victoire d’une majorité de députés favorables au « droit de décider » en 2012, référendum organisé en novembre 2014 sur l’indépendance de la Catalogne (le scrutin, qui a vu se dégager une majorité de 80% en faveur de l’indépendance, a été immédiatement contesté juridiquement par l’Etat espagnol).

 

Malgré le blocage de Madrid, la Catalogne aspire aujourd’hui à choisir démocratiquement son futur politique. Le 3 août dernier, le président de la Catalogne a dissout le parlement et convoqué des élections plébiscitaires pour le 27 septembre. Si les listes indépendantistes atteignent la majorité des sièges, la Catalogne fera une déclaration unilatérale d’indépendance.

 

En résumé, nous constatons que :

 

  • Le peuple catalan a exprimé de manière réitérée sa volonté de décider de son futur politique,
  • L’exécutif catalan a tout tenté pour accomplir son mandat démocratique : permettre aux Catalans de voter dans un cadre légal,
  • Les vetos successifs de l’Espagne ont épuisé les voies légales à disposition de la Catalogne,
  • La position espagnole semble contraire à la pratique internationale propre aux pays démocratiques,
  • L’exécutif catalan a décidé d’organiser des élections plébiscitaires,
  • Madrid, par la voix du président de son gouvernement, a annoncé qu’en cas de victoire des indépendantistes, il jugerait la déclaration d’indépendance illégale.

 

Dès lors, nous prions le Conseil fédéral de répondre à la question suivante :

 

Vu la neutralité et la tradition démocratique de la Suisse, le Conseil fédéral est-il prêt à proposer les « bons offices » de notre pays afin d’assurer une médiation entre Madrid et Barcelone ?


 

 

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