CREPUSCULE. LA CAUSE DE LA REVOLUTION DE JUAN BRANCO : LE MEPRIS VRAI

Juan Branco se plonge dans la laideur humaine pour expliquer la nécessaire révolution dans laquelle doit s'engager la France.

crepuscule
Avec CRÉPUSCULE, Juan Branco démonte les mécanismes d’accès au pouvoir de la France d’une coterie cooptée dont les seuls intérêts sont les leurs et ceux de leur dieu intime, l’argent.

 

D’une plume caustique, de laquelle n’est pas exclu un franc mépris, l’un des avocats de Julian Assange défigure à jamais Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Benjamin Griveaux, la caste politique de l’entre-soi et leurs « amis » dévoyés par le fric, par les caresses haineuses  et par les raoûts entre asservissants et couards.

 

Le démontage factuel passe aussi par une cruelle mise à mort morale d’un journalisme parisien à la solde, directe ou indirecte, de milliardaires chez lesquels le lecteur trouvera à la fin du livre bien peu de foi et de respect pour la loi.

 

L’État est ainsi devenu un puits de bonnes occasions dans lesquelles se servent les coquins avant de devenir, grâce à leur cupidité infinie, si couverts d’argent, qu’ils peuvent organiser l’élection d’un président en choisissant l’heureux élu dans leur monde cloisonné. Et c’est ainsi qu’un jeune homme aux yeux bleus, marié à une dame plus âgée qui a le bon goût de ne s’habiller que chez Vuitton, mérite des centaines de couvertures médiatiques de magazines, journaux, radios et télévisions pour convaincre le bas peuple que le renouveau, c’est pour maintenant.

 

Et Juan Branco de révéler, parmi d’autres, cette terrifiante anecdote, mais d’une banalité sans nom si on y réfléchit bien : Xavier Niel, le milliardaire qui drague les petits jeunes « savants » à la sortie des grandes écoles, compagnon de vie de Delphine Arnault, l’héritière de LVMH, invite le talentueux Branco pour le prendre sous sa coupe et lui confie en 2014 : « Emmanuel Macron sera le prochain président ».

 

Ne reculant pas devant la dignité, Juan Branco refusa de s’acoquiner avec l’immonde et prit un autre chemin, peut-être guidé dans son inconscient par les malheurs de son mandant, Julian Assange.

 

Ce qui m’épate le plus dans cette descente de la France vers la fin de la démocratie est peut-être la critique virulente de CREPUSCULE de la part d’un intellectuel comme Geoffroy de Lagasnerie, classé à l’extrême gauche radicale de l’échiquier politique, qui renvoie Juan Branco aux plus vils temps du fascisme. À l’évidence, dès l’instant où l’on plonge vraiment dans les bas-fonds de la vérité, l’odeur qui s’en dégage n’est pas celle d’un parfum de Chanel. Mais il est tout de même fort de tabac d’en faire le reproche à un éclaireur qui a eu le désir de dire tout simplement, ça suffit.

 

Mutatis mutandis, la dénonciation radicale de la France d’en haut par Juan Branco est celle qui est mienne de la Rue des Vergers et de leurs amis, avocats ou magistrats, dans notre petit coin de terre, intimités incluses. Le choix de Gabriel Attal à l’un des plus hauts postes de l’administration française est par exemple à mettre en parallèle avec ce moment de l’histoire judiciaire valaisanne où Nicolas Dubuis devint juge cantonal chargé des affaires financières avant de finir procureur général. On vanta alors aussi des qualités qui n’étaient pas siennes. Mais, dans le monde de l’entre-soi, ce qui importe, comme le cas de Gabriel Assal est démontré dans CREPUSCULE, ce ne sont ni les compétences, ni la liberté d’esprit, ce sont la servilité, la capacité de plier l’échine, l’art de l’hypocrisie érigée en vertu suprême.

 

Et, surtout, savoir ne pas penser.

 

Juan Branco domine les débats sur la toile non seulement par son débit de fulgurances verbales, qui ferait apparaître Philippe Nantermod comme un pieux bègue, mais parce qu’il maîtrise le fond de son discours d’une manière telle que ses ennemis (il n’y a pas d’autres mots pour caractériser ceux dont le lecteur peut aisément imaginer le courroux) doivent chasser le traître avec tous les fusils disponibles, de l’extrême gauche à la droite de l’extrême droite.

 

Mais Juan Branco, et c’est le sentiment qui envahit le lecteur à la fin de l’ouvrage, a avec lui la force invincible de la vérité : en ces temps où la novlangue pourrit la valeur de chaque mot, il n’est pas sûr que le mensonge félon ne soit pas une arme d’une plus grande acuité. Mais Branco a choisi la vérité de l’irrespect, fondé sur des faits qu’il a connus, parce qu’il a appartenu à ce monde de camaraderie criminelle.

 

Cependant, quoi qu’il en dise, vu de Suisse, le lien ténu qu’il fait avec les gilets jaunes (il faut dire ici que Macron a fait fort avec la hausse de l’impôt sur les carburants et la suppression de l’ISF ), ne saurait reposer essentiellement sur l’extraordinaire félonie de ce peuple de l’entre-soi. Lui manque un projet que la France d’en bas ne voudrait pas qu’il se limite à un changement de casting, qui ne lui a vraiment pas réussi.

 

CREPUSCULE n’était disponible qu’en un seul exemplaire à La Liseuse, les Romands ne paraissant pas encore convaincus par la première vente du moment en France. Mais je les convie à s’extraire de leur indiscutable confort ouaté et à lire attentivement CRÉPUSCULE

 

Car Juan Branco parle aussi de nous.

 

Bonjour à lui !

 

 

Post Scriptum : en dépit de mes efforts ciblés, je ne sais toujours pas ce pense Juan Branco des lacets jaunes de la Catalogne; il doit être trop occupé à défendre les gilets jaunes.

 

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