RAOULT - BOURDIN. UN LEGITIME COUP DE GOURDIN

Quand un journaliste se croit éminent, médecin et diva.

gourdin
Bourdin a la tête qui enfle. L’humilité, c’est pas son fort. Son truc, c’est de vouloir dominer son invité, le massacrer et de s’offrir à la fin un miroir pour admirer sa tronche de vainqueur.

 

Face à Didier Raoult, le puncheur est tombé sur un os. Celui qui se dit journaliste, confondant ce métier avec le sien, celui de catcheur-interviewer, a cru pouvoir se sortir du guépier dans lequel il s’était lui-même fourré, en assénant au scientifique qui revendiquait sa fonction de médecin que lui-même était journaliste et qu’il savait donc poser ces bonnes questions qu’un médecin ne saurait pas. Et mec, faut être sérieux dans la vie : oser en plein COVID-19 rivaliser avec un infectiologue réputé en soutenant une quelconque supériorité de métier dans la pertinence des questions posées révèle un melon désorienté dans le cervelet de l’animal interrogeant. Cette carence en humilité n’est pas la même que celle que prêtent à Raoult, le sachant, ses rivaux médicaux qui tentent désespérément de le suivre dans ce champ scientifique dans lequel se perd ce Bourdin souffrant dans les cordes d’un ring qu’il ne maîtrise plus.

Le spectateur de cet affrontement médiatique a vu aussi l’espace d’un instant Bourdin vouloir se débarrasser de son encombrant invité, qui a feint de rentrer dans le jeu émasculé de cet homme de presse redevenu petit enfant dans un bac à sable trop grand pour lui. Bourdin, osant pas mais osant quand même, a montré la porte à Raoult, qui l’avait pourtant précédé sur ce chemin empierré qu’il savait déjà qu’il ne prendrait pas.

« Raoult comptait les positifs pendant que certains de ses collègues comptaient les morts » : Bourdin estimait que cette allégation avait choqué beaucoup de monde. Et alors ? N’est-il pas vrai qu’à Marseille, on a moins compté les décès que partout ailleurs en France ? Ce qui est choquant n’est pas de dire avec des mots le choquant; ce qui est choquant, c’est la réalité que recouvrent les mots de Raoult, celle qu’a préféré fuir Bourdin de peur certainement d’avoir à affronter dans cet espace-là un scientifique légitime à donner une leçon à un mec convaincu de la grandeur d’une profession qu’exercerait sans ciller le professeur Raoult, alors qu’il n’est pas certain que du jour au lendemain Bourdin puisse devenir un éminent infectiologue, ni même un assistant de salle d’opération.

Bourdin a reçu un coup de gourdin mérité d’un homme sain et malin. Pas sûr que cette leçon ne soit hélas suffisante pour lui inoculer le virus de l’humilité

Marseille a dominé le PSG, qui est toujours convaincu de sa supériorité, et qui pratique le refoulement pour oublier la fessée subie liée à la remontada. Raoult pour Bourdin, c’est Sergio Roberto pour le Paris-Saint-Germain, si cher à Pierre Ménès.

Bonjour à tous les fabricants de gourdin.

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