«En ce qui concerne le paiement qui a été effectué en ma faveur, je désire clarifier que ce montant m'a été versé pour le travail que j'ai accompli de manière contractuelle pour la FIFA», indique l'ancien footballeur Michel Platini dans une prise de position écrite qu'il a transmise vendredi soir à l'Agence Télégraphique Suisse. Il ajoute avoir éclairci ce point avec la justice suisse.
Tout juriste, fût-ce le plus ignare, sait que le virement opéré par la FIFA en faveur du Français est lié à l'existence d'un contrat. Lorsqu'un criminel exige le versement d"une rançon après un enlèvement, il s'agit aussi de relations contractuelles. Lorsqu'un mafieux va prélever sa dîme mensuelle auprès d'un salon de jeu ou d'un restaurant, il s'agit encore d'un contrat. Lorsqu'un maquereau prélève après une partie de jambes en l'air sa quote-part auprès de l'une de ses filles de joie, il est aussi en relations contractuelles avec sa belle. Lorsqu'un gardien de but reçoit une offrande financière transmise par un bookmaker, il a conclu un contrat. Lorsqu'un corrupteur transmet une enveloppe à un corrompu, il a également passé un arrangement préalable.
Alors il est légitime de connaître le prétendu accord réellement conclu entre Sepp Blatter et Michel Platini qui a permis à la FIFA de se dépouiller de quelque deux millions de francs suisses en faveur d'un homme qui aurait effectué des travaux de consultant plus de dix ans auparavant.
Cette question est d'autant plus légitime que la créance de Michel Platini, fondée prétendument sur la conclusion d'un contrat de mandat, était prescrite au moment du virement.
On se réjouira ensemble de connaître les méthodes de persuasion utilisées par Michel Platini pour obtenir le paiement par Sepp Blatter d'une créance prescrite pour des travaux de consulting extraordinaires puisque représentant plus de 6'000 heures de travail à temps plein d'un avocat suisse pendant quatre ans.
Bon, je vous l'accorde, il est possible que dans l'intervalle Michel Platini a pu obtenir un master en ingénierie sportive délivré par l'Université de Juan-les-Pins ou de Chermignon-Dessous. On l'absoudra alors. De même lui délivrera-t-on notre bénédiction s'il démontre lors d'une prochaine conférence de presse que l'opération de crédit dont il a bénéficié n'est pas en lien avec une créance prescrite : je suggère à Joseph Blatter de préparer en catimini une déclaration anti-datée de renonciation à prescription, que pourra lui rédiger Michel Zen Ruffinen ou l'un de ses scribes, qui établira ainsi la parfaite intégrité et pureté du favori d'Emmanuel Valls et de la France du beau jeu pourri.
Le lecteur averti aura compris que le procureur général de la Confédération aura à coeur ces prochains jours d'affiner sa compréhension peut-être oubliée des subtilités de ce que peut être une créance prescrite et des conséquences pénales en droit suisse pour les uns et pour les autres du paiement d'une dette prescrite.
A moins que dans l'intervalle le monde n'apprenne de la bouche d'ennemis éternels que tout ce battage médiatique n'avait qu'un but, celui de cacher le réel pourquoi du versement et de permettre à ce Valaisan incorruptible de poursuivre ses frasques au-delà du 26 février 2015.
Bonne journée à tous les amoureux du football !