Forza Tito, Visca Catalunya

Tata Martino est un héros catalan. Ce premier Clásico, il ne devait pas le perdre, il a fait davantage, il l’a gagné. Par son art du coaching et ce zeste de chance qui distingue les grands entraîneurs des autres, les gagne-petits, les peureux ou les malchanceux.

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Tata Martino est un héros catalan. Ce premier Clásico, il ne devait pas le perdre, il a fait davantage, il l’a gagné. Par son art du coaching et ce zeste de chance qui distingue les grands entraîneurs des autres, les gagne-petits, les peureux ou les malchanceux.

Carlo Ancelotti avait décidé d’aligner dans l’axe Pepe et Varans, et, devant, Khedira et Ramos. Une sorte de ligne Maginot infranchissable. Une stratégie éminemment défensive et dépourvue d’imaginstion. Et puis Mister Bale en position d’avant-centre, puis d’ailier droit. L’homme qui valait cent millions et qui démontra ce samedi en fin d’après-midi que la valeur d’un joueur était éminemment subjective. Bale s’embourba dans la défense catalane et dut certainement s’attirer l’ire des supporters madrilènes.

Face à ce Real Madrid sans imagination et sans invention dans le jeu, Barcelone déroula. Avec, à la baguette, Xavi Hernandez, un maestro extraordinaire, un coordinateur sans pareil en Europe, dont l’abattage et la clairvoyance en font l’un des meilleurs footbaleurs du monde. Contre le Real, dans ce match de l’indépendance, Xavi a été étourdissant au milieu du terrain. Il fut un métronome éblouissant qui jamais n’a failli. En regard de Fabregas et de Iniesta, moins inspirés, Xavi fut tout simplement parfait.

Et cette perfection, Neymar Jr et Alexis Sanchez surent la récompenser : le premier par un but d’ailier gauche rentrant dans le terrain et se jouant de son adversairs pour conclure d’un tite tranchant inarrétable pour Lopez; le second par une réussite tout en finesse de Alexis Sanchez lobant le successeur de Casillas. Le stade de Nou Camp se leva tel un seul homme pour saluer le coup d’oeil magistral du Chilien.

Une victoire indiscutable de Barcelone même si les Madrènes se ruèrent à deux reprises vers l’arbitre coupable à leurs yeux de ne pas avoir sifflé deux pénalties. Mais la faculté de Ronaldo de tomber parfois avec une facilité de tricheur n’encouragea probablement l’arbitre de favoriser les « Merengue ».

Ce succès catalan sera dédié beaucoup à Tito Villanova salué par tous les supporters qui décidèrent la confection d’une banderole « Forza Tito », qui lutte toujours contre un méchant cancer.

La petite main peureuse d’Ancelotti, les deux arrêts remarquables de Valdès, les coups de génie de Neymar Jr et de Akexis Sanchez et – surtout – la maestria de Xavi ont conduit à une victoire méritée du FC Barcelone. La touche de coaching gagnant de Tata Martino et la petite dose de chance sans laquelle plus rien n’est possible ont propulsé le Barça en tête du championnat espagnol et Madrid est déjà relégué à 6 points de son éternel rival ibérique. Modric n’est pas Xavi, Neymar est bien plus performant que Bale le transparent, et Martino est moins couard que Carlo.

Et c’est ainsi, dans ce jeu d’étranger, que l’honneur de la Catalogne a été préservé.

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