4o millions d’euros accordés à titre de réparation morale à Bernard Tapie : qui conteste qu’il s’agit d’une indemnité de la plus ignominieuse immoralité ?Et puis 403 millions d’euros octroyés dans le cadre d’un arbitrage assimilé aujourd’hui à une escroquerie en bande organisée … La France vacille.
Et la justice enquête. Dans la foulée de Mediapart, Le Monde révèle dans son édition de ce week-end (samedi 29 juin 2013) les dessous des cartes, notamment l’utilisation prétendue d’une « griffe » de la signature de Christine Lagarde par son directeur de cabinet Stéphane Richard. Et des amitiés particulières entre les uns et les autres, les avocats et les juges, les parties et les arbitres, le demandeur et les hommes politiques. On ne va pas ici résumer les faits, ce pour éviter un vomissement général. Amen !
Refaire l’histoire en justice, c’est être certain qu’en surgira du n’importe quoi, de la semoule pour artistes, de la marmelade de greffiers et du couscous pour experts politiques.
Mais deux questions, fort différentes, me taraudent :
- est-ce crédible de penser que la Ministre ait pu ne pas connaître les dessous de l’affaire Bernard Tapie ? Accepter de distribuer 403 millions d’euros à ce personnage haut en couleur sans connaître l’affaire, aurait-ce été un acte responsable commis par Christine Lagarde ? La réponse est dans la question. La même question peut être posée à Nicolas Sarkozy; la réponse serait identique.
- quel mobile eût incité ce beau monde à distribuer sans sourciller tous ces euros à cet homme, « mélange de crânerie, de virilité et d’argent ostentatoire » ? Pourquoi tous ces vassaux du politique, tous ces serviles de la chose publique, ces arbitres, ces hommes et cette femme auraient-ils joué de ce jeu-là ? En somme, quel était leur mobile ? Même l’inspecteur Colombo, qui connaît le coupable, n’a pas pu encore dénicher une réponse crédible. On n’ose penser (quoique …) que ces petits arrangements entre amis puissent expliquer cette criminelle générosité.
L’Etat français vient d’introduire un recours en révision contre la sentence arbitrale. Mais pourquoi donc ce même Etat français a-t-il osé accepter sans recourir que l’on verse à Bernard Tapie une indemnité pour tort moral de 40 millions d’euros ?
Ma conviction est définitivement faite : tout ce beau monde, tous ceux qui ont participé directement ou indirectement au prononcé de la sentence arbitrale, tous ceux qui ont refusé de recourir contre ce pronconcé, tous ceux-là même qui ont accepté le principe d’une telle sentence arbitrale sont des traîtres à la chose publique. Ils ont agi, le sachant ou l’ignorant, tels des escrocs en bande organisée.
Des traîtres innocents. Naturellement. Et des escrocs acquittés (à quitter !).
Post Scriptum : ce petit jeu de dénonciation du copain du copain, de l’ennemi de l’ami, du frère du cousin, du secrétaire du ministre, ce petit jeu réciproque de vilenies subjectives, va alimenter chroniques, commentaires et libres opinions; il ne dira pourtant rien de l’extraordinaire passivité bureaucratique, politique, ministérielle et présidentielle à l’énoncé de la sentence arbitrale octroyant 40’000’000 FF. à l’ancien président de l’Olympique de Marseille. A ce point de couardise générale, on ne peut que s’incliner. Et se précipiter sur TF1 pour suivre « Secret story ». Benjamin Castaldi ferait un bon juge unique pour clore ces honteux marchandages d’état.