Rafael Correa, un inspirateur pour l'Occident

Rafael Correa, docteur en économie, est aussi le président actuel de la République de l’Equateur. Et, il signe, dans Le Monde Diplomatique de décembre 2013, un article que ne devraient pas manquer de lire tous ceux qui, de droite ou de gauche, veulent privilégier la justice sociale.

Rafael Correa, docteur en économie, est aussi le président actuel de la République de l’Equateur. Et, il signe, dans Le Monde Diplomatique de décembre 2013, un article que ne devraient pas manquer de lire tous ceux qui, de droite ou de gauche, veulent privilégier la justice sociale.

Le président équatorien reproche à l’Europe de commettre les mêmes erreurs que celles qui ont plongé l’Amérique latine dans le chaos : favoriser les intérêts du capital, quitter à plonger la région dans une longue crise de la dette.

L’endettement intensif, imposé par les organismes financiers internationaux, est une tare, rappelle Rafael Correa citant Mark Twain : « Un banquier est quelqu’un qui vous prête un parapluie quand il fait grand soleil et qui vous le reprend dès qu’il commence à pleuvoir… ». Le refinancement des anciens crédits et l’accumulation des intérêts sont de nature à provoquer la perte d’une génération. Et la cause de ce déraillement est aussi de la responsabilité des pays dominants qui n’ont jamais assumé leur propre responsabilité dans l’octroi déraisonnable de crédits.

Cette manière d’aborder les difficultés a sa source, selon Rafael Correa, dans la volonté des organismes financiers internationaux de protéger les intérêts des banques. Un marketing idéologique sans précédent a fait croire  que la voie de la sagesse aurait été dans le libre-échange, la dérégulation et les privatisations.

Pour l’auteur-président, la crise a résulté aussi de la carence de dirigeants et d’idées.

On veut, en Europe, éviter la question qui dérange : le capital financier n’aurait-il à assumer aucune part de responsabilité ?

Rafael Correa critique aussi vertement le fait que des ressources financières considérables ont été dégagées pour renflouer le secteur financier.

Et la conclusion est à la hauteur de l’espoir qui y est inscrit : « Matraqués par la prétendue science économique et par les bureaucraties internationales, nombre de citoyens sont convaincus qu’ « il n’y a pas d’alternative ». Ils se trompent ».

Le président de la République de l’Equateur pose avec clarté la question essentielle : « Qui dirige nos sociétés ? Les humains ou le capital ? ».

Dans le contexte de l’élaboration d’une solution, Rafael Correa ne prend pas des chemins de traverse : « Les banques centrales dites « indépendantes » qui se soucient uniquement de stabilité monétaire font partie du problème, pas de la solution. Elles sont l’un des facteurs qui empêchent l’Europe de sortir de la crise rapidement ».

Parmi les pistes de réflexion, Rafael Correa propose un audit contre le chantage de la dette.

Et si l’Equateur pouvait inspirer un peu le discours des « sages » technocrates et politiques d’ici ?

 

Source : L’avertissement du président équatorien dans Le Monde Diplomatique n° 717 de décembre 2013, p. 1, 16 et 17.

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