Stéphane Thépot (avatar)

Stéphane Thépot

journaliste

Abonné·e de Mediapart

38 Billets

0 Édition

Billet de blog 6 janvier 2025

Stéphane Thépot (avatar)

Stéphane Thépot

journaliste

Abonné·e de Mediapart

Les Trois Mousquetaires des élections agricoles

Comme dans le fameux roman de cape et d'épée d'Alexandre Dumas, les syndicats croisent le fer dans chaque département pour renouveler les élus des chambres d'agriculture. La presse généraliste semble davantage s'intéresser cette année à ce scrutin, confiné naguère aux feuilles spécialisées.

Stéphane Thépot (avatar)

Stéphane Thépot

journaliste

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1
Un tracteur "tricolore" sur le barrage de l'A64 à Carbonne (Haute Garonne) © Stéphane Thépot

Mais qui sera le véritable d'Artagnan fin janvier, un an après les grandes manifestations de tracteurs de l'hiver dernier ?

La campagne, qui « a démarré début 2024 en parallèle du mouvement de protestation du secteur, se fait de plus en plus tendue sur le terrain entre Coordination Rurale et FNSEA à l'approche du scrutin », constate une dépêche de l'Agence France-Presse (AFP) publiée sur le site Terre-Net.

L'AFP souligne que moins d'un agriculteur sur deux avait voté en 2019 et que le mode de scrutin favorise la liste arrivée en tête, qui décroche 9 des 18 sièges à pourvoir (dans le collège des exploitants). « Les deux inconnues sont le taux de participation et le nombre de chambres gagnées par la Coordination Rurale », explique le politologue Eddie Fougier dans une autre dépêche AFP, publiée sur le site Agri Mutuel. Ainsi posé, le scrutin apparaît comme un match à deux contre un, avec les « bonnets jaunes » en turbulents challengers de la FNSEA « qui a réussi à maintenir son hégémonie avec son allié des Jeunes Agriculteurs ».

Selon Eric de La Chesnais, à la fois journaliste au Figaro et agriculteur lui-même en Mayenne, la FNSEA pourrait perdre « moins d'une dizaine » de chambres. Elu en janvier dernier à la présidence de l'association française des journalistes l'agriculture et de l'alimentation (AFJA), le journaliste-cultivateur adresse au micro de France Bleu Mayenne un message personnel aux syndicats majoritaires en estimant qu'il faudrait « plus de démocratie au niveau de la gouvernance et pas un règne sans partage ».

Ce bon connaisseur du milieu agricole a bien noté, comme l'AFP, qu'une partie de la base a « débordé » les cadres locaux des FDSEA lors des dernières manifestations. Eric de La Chesnais cite le cas de Jérôme Bayle, en Haute-Garonne, « qui a a suscité le mouvement contre l'avis de ses dirigeants ».

Quatrième « larron » associatif, a-syndical et "a-politique"

L'éleveur qui avait reçu sur un barrage Gabriel Attal, alors premier ministre, a justement décidé de se lancer dans la course dans son département. Il ne sera pas candidat lui-même, explique Jérôme Bayle à Actu Toulouse, mais l'association des Ultras A64 qu'il a fondé avec d'autres agriculteurs "en colère" présente 18 candidats et deux suppléants face aux trois listes en présence (FDSEA-JA, Coordination Rurale et Confédération Paysanne). Une liste qui se déclare « a-syndicale », composée de transfuges de la FDSEA et de la Coordination Rurale. « Si on est élus, on proposera un poste à chaque liste adverse au bureau », promet Jérôme Bayle.

Avec sa barbe et sa casquette à l'envers, l'éleveur espiègle de vaches Limousines dans le Volvestre serait-il le quatrième mousquetaire d'un scrutin pas assez romantique pour le grand public ? L'initiative des Ultras A64 n'est pas isolée dans le Sud Ouest. Dans le Tarn-et-Garonne, des adhérents de la Coordination Rurale ont fait dissidence, jugeant les actions du syndicat « trop radicales ». « Beaucoup d'agriculteurs ne veulent pas être affiliés à un syndicat, c'est devenu trop politisé pour eux », explique à France 3 Occitanie la trésorière du nouveau "syndicat des paysans occitans".

Le président de cette association qui se présente là encore comme « a-politique » ne cache pas à La Dépêche du Midi avoir manifesté au Salon de l'Agriculture avec les bonnets jaunes de la Coordination Rurale. Mais « le problème des syndicats traditionnels, c’est qu’ils donnent quitus à la politique menée à l’échelle nationale et ce n’est pas acceptable », dit Benoît Cransac au quotidien régional.

Le nouveau « syndicat des paysans occitans », qui revendique des ramifications dans le département voisin du Lot, n'a toutefois pas présenté une liste de candidats dans le Tarn-et-Garonne.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.