Sauvons le métier d'art

Réclamons une politique cohérente et ambitieuse pour nos formations en métiers d’art ! #sauvonslesmetiersdart

L’économie du secteur des métiers d’art en France

En France 281 métiers sont recensés, répartis en métiers de tradition, de création et de restauration du patrimoine. 

La loi n°2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine reconnaît officiellement les métiers d’art comme secteur à part entière. Le chiffre d’affaires du secteur s’élevait à 8 milliards d’euros en 2007.

Une étude de 2019 de l’Institut Supérieur des Métiers (ISM) montre une évolution fortement positive du nombre d’entreprises travaillant dans le domaine des métiers d’art : de 38.460 en 2005 elles sont passées à 51.240 en 2017. Les micro-entreprises ont joué un rôle majeur dans cette évolution.

Un patrimoine immatériel

En 1964 le Conseil mondial des métiers d’art World Crafts Council (WCC) a été créé dans le but de promouvoir un intérêt international pour les métiers d’art et d’encourager les contacts entre les artisans de différents pays. L’Institut National des Métiers d’Art (INMA) fait partie des membres européens de ce Conseil.

Outre la bonne santé économique du secteur, les métiers d’art sont l’héritage de savoir-faire précieusement élaborés au fil des siècles. Ce patrimoine immatériel fait partie de notre culture. Il est riche d’une étonnante diversité de personnes et de pratiques. Un terreau bien vivant en perpétuelle évolution.

L'excellente réputation actuelle du savoir-faire Français place notre pays au premier rang mondial du secteur.

Les métiers d’arts suscitent sans cesse de nouvelles vocations. Les métiers d’hier et d’aujourd’hui, les métiers d’art sont surtout des métiers de demain.

La formation aux métiers d’art en France

Pour assurer la relève, il faut favoriser la transmission. La France offre une gamme de formations incomparable avec plus de 1000 organismes référencés. Jeunes et adultes en reconversion peuvent ainsi se forger une culture et se réapproprier les savoir-faire.

Le plus haut niveau de certification aux métiers d’art par diplômes en France

Jusquen 2020, pour les secteurs des arts appliqués et des métiers dart, l’Éducation Nationale délivrait deux types de diplômes technologique et professionnel, classés au niveau 5 du cadre européen des certifications.

Les brevets de technicien supérieur en arts appliqués (BTS AA) et les diplômes des métiers dart (DMA). 

Dessin et dessein, autrement dit « design » étaient des capacités et des savoir-faire attendus pour les deux diplômes.

Expression détaillée, réalisation partielle ou totale du projet étaient des capacités et des savoir-faire attendus et adaptés aux métiers concernés.

Une évolution des diplômes des métiers d’art insuffisamment préparée

Mais depuis 2018, le diplôme national des métiers dart et du design (DN MADe) remplace progressivement les BTS AA et les DMA et ferme toutes les classes de mise à niveau publiques en arts appliqués et métiers dart (MANAA et MANMA)

Avec le DN MADe l’éducation nationale délivrera dès 2021 des diplômes valant grade licence, classés au niveau 6 du cadre européen des certifications.

Outre que l’écriture du nouveau diplôme sest faite en quelques mois sans consulter les professionnels des métiers d’art, la substitution des anciens diplômes par le DNMADe est vivement critiqué car il impose un cadre commun au design et à l’ensemble des métiers d’art, le rendant incompatible avec les attendus des différents métiers.

Dans cette mutualisation des besoins sous l’égide d’un grade licence, ont été omis les nécessités professionnelles du secteur des métiers d’art, amenant à une réduction drastique des heures denseignements dispensés par année.

Une conséquence directe de la perte d’enseignements : un projet d’étude amputé de toute réalisation finale, même quand linfrastructure le permet.

Les étudiants et les professeurs des parcours étiquetés design se plaignent discrètement, mais majoritairement saccommodent de la nouvelle forme du diplôme. Parce que les méthodes et les pratiques visées peuvent aisément sacquérir en dehors des ateliers.

En revanche, les étudiants et les professeurs, qui alertaient des dangers de la réforme avant ça ratification, sont aujourd’hui plus que révoltés, écœurés de lincompréhension de leur hiérarchie face aux problématiques évidentes qu’ils soulèvent : la majeure partie des méthodes et des pratiques qui forment des étudiants épanouis et singuliers, ne peuvent sacquérir que dans les ateliers.

Le mouvement #sauvonslesmetiersdart

Depuis trois ans maintenant, les alertes et critiques dûment rapportées sont restées sans effets. Et tous les moyens usuels pour mettre en garde du naufrage imminent ont été aujourd’hui épuisés.

C’est pourquoi depuis le 3 décembre le mouvement #sauvonslesmetiersdart, né dans la prestigieuse école BOULLE dénonce publiquement le sort que subissent les formations aux métiers d’art dans le cadre du nouveau diplôme DN MADe.

La pétition en ligne « Préserver l'Excellence des formations en métiers d'art en France » Dépasse déjà les 15000 signature : Pétition #sauvons les métiers d'art

Là où les plus pessimistes du mouvement pensaient à une entreprise délibérée de saccage de nos formations, il s’avérerait que les très nombreuses erreurs relevées procéderaient plutôt d’une méconnaissance du sujet au plus haut niveau. Des portes s'ouvrent et nous souhaitons qu’il en ressorte une politique ambitieuse pour le secteur de la création en métiers d’art.

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