Bestiaire : cinq acteurs hollywoodiens du XXIe siècle

Le Daniel Day-Lewis. Espèce protégée. Connu pour son goût camaléonesque du travestissement, on le trouve le plus souvent en milieu sauvage coiffé d’un chapeau tuyau de poêle, ou au fond d’un puits. Son hululement couvre toute la gamme des intonations, du roulement rocailleux à la voix de crécelle. Son habitat naturel varie selon la saison, des champs pétrolifères à la Maison Blanche en passant par les laveries automatiques du marais londonien. Rare specimen de la race cabotinus ambulans, il apprend le tchèque pendant huit mois avant « L’insoutenable légèreté de l’être » qui est tourné en anglais, et passe plusieurs autres mois à se faire nourrir à la petite cuillère en fauteuil roulant pour acclimater son pied gauche aux rudesses rhumatismales des contrées irlandaises. 

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Le Leonardo Di Caprio. Animal dont les déformations successives et momentanées du visage sont provoquées par des contractions volontaires ou non de certains muscles de la face. Le Di Caprio agit par mimétisme mais sans finalité apparente avec le grimutio de niro, nom savant de l’anthropoïde de la famille du Pongo le plus vénéré de son milieu ambiant. Dernièrement récompensé d’une amulette dorée pour la variété de ses grognements, lors d’une célébration rituelle de ses homologues primates.  

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Le Tom Cruise. Animal à une expression, mu par la force vive et le dynamisme physique qui lui permettent d’agir ou de réagir en toute circonstance. Sautant de liane en liane, il est de capture difficile mais néanmoins plaisant à voir évoluer. Descendant direct de la lignée patrilinéaire du cagneyus ferocius.  

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Le Joaquin Phoenix. Specimen marmonnant dont le comportement obsessionnel en milieu ambiant s’accompagne fréquemment de rituels conjuratoires ou d’évitement, de compulsions de répétition d’un geste (sauter plusieurs fois sur la même branche, décrire plusieurs fois le même cercle), ou d’un cri. Ses obsessions de doute ou d’erreur, sources d’une angoisse massive, consistent principalement en l’iruption de rituels rappelant ceux du cabotinus ambulans.

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L’Adrien Brody. Primate à corps allongé, il se distingue de l’ensemble des êtres vivants possédant des caractères anatomiques, morphologiques et physiologiques communs aux siens par une extrême lenteur de mouvement qui le rapproche du paresseux, et par la remarquable capacité de manifester des émotions sans mouvement apparent de la face. Son profil et son regard de cheval triste valent tous les mots.

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