Baisse des APL dans le budget 2018: la mobilisation continue!

Le budget 2018 témoigne, au mieux, d'une méconnaissance de LREM sur le sujet, au pire, d’un dogmatisme visant au démantèlement du logement social. Non seulement les bailleurs sociaux ne pourront plus effectuer leurs missions, mais on court le risque de livrer notre patrimoine commun à l’appétit des privés. Il faut un moratoire sur l'article 52, avant une concertation avec l'ensemble des acteurs.

Avec sa réforme du logement – qui, rappelons-le, n’était pas dans le programme présidentiel -, le gouvernement réussit à fédérer tous les bancs de l’Assemblée nationale, ainsi que l’ensemble des acteurs sociaux et des professionnels du bâtiment, contre lui.

Pour rappel, cet article fait peser la totalité de la baisse des aides au logement sur les seuls bailleurs sociaux. Dès l’an prochain, ces derniers devront faire plus de 1,5 milliards d’économies, alors que l’on ne demande pas un seul euro au parc privé, pourtant responsable de la hausse des loyers. Il y a donc une véritable inégalité de traitement entre le public et le privé.

Surtout, ces dispositions menacent directement les missions d’un secteur qui investit dans la production et la réhabilitation des logements sociaux. Demain, qui construira, qui réhabilitera ces logements, qui en assurera la rénovation thermique ? Qui adaptera les logements au vieillissement et aux situations de handicap pour permettre le maintien à domicile des locataires qui le souhaitent ?

La solution proposée par le gouvernement dans un amendement de dernière minute - étaler sur 3 ans la baisse des APL - n’est pas satisfaisante. Elle est révélatrice, au mieux, d’une méconnaissance de la question, au pire, d’un dogmatisme avec pour visée le démantèlement du logement social. En contraignant les bailleurs sociaux à emprunter toujours plus pour compenser la perte de recettes, en incitant les offices HLM à vendre leurs biens, on court le risque de dilapider notre patrimoine commun et de livrer ce dernier à l’appétit des privés.

Retirer aux bailleurs sociaux les moyens d’agir, c’est remettre en question la cohésion sociale. 11 millions de locataires HLM vont être touchés, ceci alors que 7 sur 10 ont des revenus inférieurs ou proches du seuil de pauvreté. Les offices HLM sont d’une vraie utilité sociale et les APL relèvent de la solidarité nationale ; nous avons donc le devoir de les préserver. Rien que dans la « flat tax » promue par le gouvernement et la majorité LREM, il y a déjà 1,5 milliards au bénéfice des plus riches dans lesquels nous pouvons piocher pour éviter une baisse des APL.

Nous n'avons qu'une seule solution : un moratoire sur l’article 52, pour se donner le temps d’une vraie concertation sur le logement social. Alors que se clôt la première étape du projet de loi de finances - il y aura une deuxième lecture -, et comme l’a d’ores et déjà annoncé l’Union sociale pour l’habitat, la mobilisation continue !

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