Le bal des mots dits

Acte II.- La nouvelle ministre veut lancer ces directives présidentielles. Là, encore, on se dit, elle va enfin tous nous rassembler et peut-être même dans un lieu hors institution : une ferme, une chapelle, un ancien cinéma, un lavoir, un bagne comme en Guyane…

 © Inès Ziani © Inès Ziani
Les Gilets de haute visibilité ont généré un Grand débat, auquel nous avons participe avec quelques-uns, et nos comptes-rendus se sont estompés en coulisse, furtivement, comme le dernier ministre.
Puis confinement, déconfinement. Comment gérer cette nouvelle crise ? Et c’est reparti pour un nouveau grand débat télévisé sur la culture cette fois.

Acte I .- Voulant amorcer une période estivale, un peu agitée à ses débuts mais pouvant devenir virale, le président convoque des artistes –ces pompiers de service- pour les inviter à entreprendre des activités apprenantes et culturelles.

Tu te dis, là, pas de problème, il va également inviter ceux qui agissent sur le terrain. Eh bien, non. Que des mondains. Qui ne se gênent pas pour lui faire remarquer qu’ils ne sont pas des monos de colonies de vacances.  Mais bon, l’intendance suivant toujours le char de l’Etat, ils acquiescent et … encaissent.

Acte II.- La nouvelle ministre veut lancer ces directives présidentielles. Là, encore, on se dit, elle va enfin tous nous rassembler et peut-être même dans un lieu hors institution : une ferme, une chapelle, un ancien cinéma, un lavoir, un bagne comme en Guyane… ces lieux de proximités qui font revivre des sites tombés dans l’oubli. Eh bien non, ce fut le TNS, et le mérite en revint à son directeur, sorti, comme de juste, des instances de la méritocratie. Celui-là même qui avait regimbé dans l’Acte I !

Et la culture resta confinée. Rideau …

…sur la cohésion culturelle ! Ils veulent tout. Un sacré virus.  Et ce tout est constitué du rien des autres. Ils continuent leur prédation, toute virtuelle, sur le terrain tant galvaudé, décrié, déprécié, du sociocu, où d’autres, le plus grand nombre, sur tout le territoire, ont fait le choix d’ancrer chaque année, depuis des décennies, leur action -la créativité apprenante et culturelle- autour de leurs créations.

Avec eux, nous mettons actuellement en œuvre les Etats généraux de la culture afin que dans ce cercle enfin réunis, selon le vœu de Montesquieu, tous les rayons seront égaux en droit. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.