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Billet de blog 20 mars 2022

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Ségur : les mystères d’un accord complétement à l’Ouest.

Cet article est le résumé de notre fiche de lecture publiée en Podcast. Nous essayons, dans cette fiche, d'expliquer simplement les dessous du déroulement du Ségur de la Santé ( auquel nous avons participé), sa face cachée, les conséquences qui vont en découler, comment et pourquoi...

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L’Ire Responsable. 

Ségur : les mystères d’un accord complétement à l’Ouest. 

Voici un résumé de notre « fiche de lecture » concernant l'accord du Ségur de la santé. La fiche complète est consultable en Podcast. 

LE CONTEXTE HISTORIQUE 

Ce Ségur s'est tenu suite à la première vague COVID et en réponse à l'émoi général suscité par l'état de délabrement du service public hospitalier au sens large du terme, et donc en réponse à la souffrance des personnels soignants devenus des héros applaudis tous les soirs. 

Il était censé mettre en œuvre les promesses du président Macron suite aux mensonges d'Etat, au manque de lits de réanimation et d'hospitalisation, au manque de masques, de matériel de protection individuelle, au manque de tout que nous avions tous subi pendant la première vague COVID. 

COMMENT LE GOUVERNEMENT A ORGANISE LE SEGUR : 

ce qui s'est passé lors de ces négociations du secours est très simple. Profitant de l'état de fatigue d'angoisse et d'attente des hospitaliers subissant une situation de choc post-traumatique, comme le reste de la population, Macron et son gouvernement se sont tout simplement appropriés se Ségur.

 Ils en ont fait un outil au service de l'accélération de projets. D'abord LE PLAN MA SANTE 2022 c'est à dire le plan Macron pour la santé et le handicap. ET LA LOI DE TRANSFORMATION DE LA FONCTION PUBLIQUE, versus fonction publique hospitalière. 

L'analyse qu’a présenté le gouvernement lors de cette réunion plénière, c'est que les difficultés rencontrées dans les hôpitaux, et pas uniquement lors de la première phase COVID, étaient uniquement dues au fait que le plan ma santé 2022 n'avait pas été imposé assez rapidement aux établissements. Et que cette réforme n'avait pas été assez loin et assez vite.

Véran, le ministre de la Santé, a ensuite présenté à tous les participants comment le Ségur allait remédier au fait que cette réforme n'avait pas été assez loin et assez vite. 

COMMENT LES HOSPITALIERS ONT PERDU L’AVANTAGE SUR LE GOUVERNEMENT : 

Après cette première réunion plénière, personne ne pouvait ignorer les intentions du gouvernement via ce Ségur. 

C'est pourquoi SUD a décidé de rester sur la dynamique que nous portions depuis 2018 en intersyndicale et avec les collectifs des professionnels en lutte. En effet, depuis cette date nous étions mobilisés pour l'obtention d'une augmentation de salaire de 300€ minimum pour tous. 

Dans un esprit de cohérence, d’honnêteté envers nos collègues et de transparence syndicales nous en avons fait donc un préalable à la poursuite des négociations du Ségur avec le gouvernement. Et nous avons invité les autres syndicats à faire de même. 

Nous avions pour nous le poids ultra favorable de l'opinion publique, nous étions en position de force. Mais la façon avec laquelle les autres syndicats ont accepté de rester jusqu'au bout dans des négociations a scellé l'affaire

183 EUROS. DECRYPTAGE DE CETTE PRIME TRES STRATEGIQUE. 

En validant ce Complément de Traitement Indiciaire, les signataires du Ségur ont accepté une prime versée sous conditions et non une augmentation de salaire. Une prime à laquelle tout le monde n'a pas droit, ce qui a volontairement créé ceux qui sont devenus ensuite les oublier ou les exclus du Ségur, et qui sont en fait les victimes du cynisme qui irriguent toute la démarche de cet accord du Ségur.

Cette stratégie de division entre collègues, elle est symbolique de la nature de l'ADN du plan Macron Ma Santé 2022 et de l'esprit de la Loi de Transformation de la Fonction Publique. 

Une chose qu'il faut bien comprendre : pendant que, et c'est logique, une grande partie du monde syndical était occupée à dialoguer disserter analyser et se battre concernant ce volet rémunération du Ségur (pour obtenir le CTI pour tous), le gouvernement avait les mains libres pour continuer à dérouler le reste de ses plans dans des négociations avec les syndicats signataires du Ségur. Et pour mettre en place tout le reste que comporte cet accord, c'est à dire la destruction de l'hôpital public par la mise en place de la loi de transformation de la fonction publique. 

Les syndicats signataires voulaient en fait négocier en paix avec le gouvernement et que tout le monde regarde ailleurs… et ça a fonctionné. 

LE SEGUR : 100% MACRON : 

La loi qui va être imposée aux établissements de la Fonction Publique Hospitalière est la déclinaison des loi El Khomri où Rebsamen, qui ont été imposées dans le privé par Macron alors ministre de l'économie de François Hollande. La philosophie de cette pensée managériale, c'est l'inversion de la hiérarchie des normes. 

Les lois Rebsamen et El Khomri ont servi à casser le code du travail et les conventions collectives, l'accord Ségur détruira la fonction publique hospitalière par le même mécanisme:  les accords locaux négociés par des CSE aux pouvoirs diminués face à des directions toutes puissantes… accords locaux qui s'imposeront comme une loi locale. 

LES ACCORDS LOCAUX : OUTIL DE DESTRUCTION MASSIVE.

Les accords locaux, qui vont découler de l'accord Ségur national, ne sont pas des vraies négociations. Car les dossiers et les thèmes de ces négociations locales seront imposées par l'accord national du :  ce sont de véritables injonctions, des oukases qui vont utiliser, comme dans le privé, le chantage à l'emploi, à la rémunération, à la durée du temps de travail, au planning… 

Car la partie négociable mais aussi le cap, l'orientation de négociations ne sera pas au choix des élus locaux mais imposée par l'accord Ségur national et toujours dans le même sens : mise en place du plan Macron Ma Santé 2022 et de la Loi de Transformation de la Fonction Publique. 

ALORS, NOUS DIREZ-VOUS, QU’A FAIT SUD DANS TOUT ÇA ?  

Et bien nous avons participé comme les autres au Ségur via notre représentativité nationale. On a, forcément, communiqué avec les autres syndicats sur notre analyse, sur le fait que nous devions ensemble obliger le ministère à négocier sur nos bases, sur nos revendications communes, dans le cadre de nos mandats et du retour que l'on doit à nos collègues qui nous ont élus. Mais nous n'avons pas été entendus. 

Nous avons claqué la porte du Ségur quand Nicole Notat, ex CFDT et désigné par le gouvernement pour appliquer son plan dans les négociations Ségur, nous a dit ne pas pouvoir discuter d'autre chose que ce qu’imposait le gouvernement. 

Alors, allons-nous les laisser faire ? Forcément non ! Allons-nous laisser ce pilier de la République qu'est le système de soins à la française être bradé à la découpe pour les bénéfices des boîtes privées à la recherche de profits ? NON

Notre organisation syndicale va appuyer sur sa dimension citoyenne afin d’éclairer, pour le voir grandir, le débat sur la réalité de l’hôpital public et de l’organisation de soins à la Française. 

Nous vous invitons à écouter le texte complet via notre podcast, sur toutes les plateformes, référencé « Ire Responsable, Fiche de lecture Ségur » ou en cliquant sur le lien : la fiche de lecture complète en podcast

C’est pour vous qu’on se bat. On ne se lâche pas. 

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