Nouvelles du mouvement à l'Ecole d'Art d'Avignon depuis le jeudi 19 juillet 2012.

Conférence de Presse du 26 juillet 2012

SUD Etudiant ESAA – SUD Etudiant 84 – SUD Education 84

 

Nouvelles du mouvement depuis le jeudi 19 juillet 2012.

 

Les syndicats SUD Étudiant et SUD Éducation ont remis dans les mains de Me Philippe Mouret, avocat à Avignon, les 3 plaintes en harcèlement moral et sexuel déposées à l'encontre de M. Jean-Marc Ferrrari, directeur de l'ESAA, ainsi que les témoignages d'étudiants et de personnel corroborant ces plaintes. Le premier chèque a aussi été remis au cabinet d'avocat. Un appel à soutien financier a été publié sur nos sites internet.

 

Nous notons avec intérêt que ce jour, députés et sénateurs, réunis en commission mixte paritaire, se sont mis d'accord sur une rédaction commune du projet de loi sur le harcèlement sexuel et qu'ils ont adoptée à l'unanimité. Nous notons en particulier que cette nouvelle loi étend sa protection aux stagiaires et aux personnes en formation. Nous sommes donc optimistes quant à nos chances de succès vis-à-vis de cette démarche juridique.

 

Nouveaux témoignages récoltés :

 

La campagne particulière que nous avons menée, depuis la mi-juin 2012, de recherche et de prise de contact avec les ancien-nes étudiants-es, enseignants-es et personnels se poursuit avec de bons résultats:

  • nous entrons régulièrement en contact,

  • nous entendons toutes les semaines de nouvelles histoires et anecdotes passées dans l'école alors « municipale des beaux arts d'Avignon », relatives aux questions de harcèlement moral ainsi qu'à celles de harcèlement sexuel,

  • peu des personnes avec lesquelles nous avons dialogué, de visu, par téléphone ou par voie électronique franchissent le cap du témoignage écrit, formalisé au format juridique.

 

Néanmoins, durant la semaine passée, nous avons recueilli :

 

  • Un témoignage de mise au placard et de harcèlement moral, exercé sur un ancien poussé au départ par Jean-Marc Ferrari,

  • Un témoignage de harcèlement sexuel, qui montre que les pratiques de harcèlement sexuel exercées par Jean-Marc Ferrari existent depuis de longues années au sein de l'école : durant les années 2000 déjà, certaines étudiantes ont été victimes des pratiques de ce directeur.

  • Un témoignage qui évoque un cas de favoritisme; dans ce domaine également, ce témoignage démontre que le tout-puissant directeur Jean-Marc Ferrari pensait déjà dans les années 2000 pouvoir délivrer un diplôme contre l'avis des enseignants, alors qu'une étudiante n'avait pas validé les U.V. (Unités de Valeur) indispensables.

  • Un témoignage qui fait la démonstration du défaut d'organisation de l'école d'art d'Avignon,

  • Un témoignage qui évoque la maltraitance et les humiliations exercées par Jean-Marc Ferrari sur les personnels comme les étudiants-es,

  • Un témoignage qui démontre encore que les productions du management du directeur Jean-Marc Ferrari sur la santé des personnels sont parfaitement connues des services de la Mairie d'Avignon depuis plusieurs années,

  • Un témoignage enfin de harcèlement et de menaces, témoignage qui fera l'objet d'un nouveau dépôt de plainte contre le directeur Jean-Marc Ferrari, dès le début de la semaine prochaine.

 

Nous pensons bien convertir dès la semaine prochaine et durant le mois d'août de nouveaux contacts en nouveaux témoignages écrits ou en nouvelles plaintes, afin d'abonder nos dossiers juridiques auprès de notre avocat.

 

Par ailleurs, nous tenons à réagir à la tribune de soutien au projet d'école publiée par le Quotidien de l'Art, signée notamment par Hortense Archambault, codirectrice du Festival In. Tribune qui s'est par la suite transformée en pétition présentée par la direction comme une pétition pour sauver l'école et occultant totalement notre mouvement et les vrais problèmes que nous avons mis au jour depuis deux mois.

 

En réponse à cette tribune, certains étudiants du mouvement ont écrit un texte publié sur notre blog.

En voici un extrait :

 

« La réalité, s'est que l'académisme que les représentants d'institutions dénoncent a été remplacé par un nouvel académisme. Là est le cœur du problème, ici se révèlent tous les enjeux de la lutte des étudiants depuis deux moi : c'est qu'on a remplacé l'académisme de métier, de technique, de pratique, dont les critères sont compréhensible à la raison, par un académisme de la subjectivité, basé uniquement sur l’affect du dominant, professeur ou directeur aussi les étudiants les plus appréciés sont-ils ceux qui se montrent capables d'étaler leur intimité profonde, liant par ce biais des liens de complicité avec le dominant de proximité, transformant ainsi tout rapport humain en critère d'évaluation "artistique". Ceux qui veulent apprendre quelque chose doivent le faire en cachette. Ceux qui veulent survivre doivent mentir et séduire. Rien de nouveau bien sûr : c'est bel et bien le management capitaliste dans ce qu'il a de plus trivial. Alors, pourquoi le présenter lyriquement comme quelque chose d’extrêmement poétique? ».

 

Toujours en réponse à cette tribune, neuf professeurs de l'ESAA (Jean-Pierre Cometti, Arnaud Deshayes, Caroline Dubois, Cyril Jarton, Carlos Kusnir, Pierre Lagrange, Marc Maire, Véronique Monnier et Sylvie Nayral) ont également publié un texte dans le Quotidien de l'Art, dont voici également un extrait :

 

« Si nous devions ne pas être entendus, si les revendications des étudiants devaient être indéfiniment soustraites à la discussion, si les partenaires de l’école devaient se dérober à leurs responsabilités, si le projet « Une autre école » devait se poursuivre dans des conditions qui en ignorent les acteurs, le « dépassement de l’art » prôné par les signataires de la tribune du Quotidien de l’art risquerait fort d’aboutir à la disparition pure et simple d’une institution – l’École d’art – qui n’appartient en propre à personne, sinon à ceux qui en portent les desseins, la véritable pérennité et les enjeux. »


Voici à présent un petit topo sur les suites du mouvement, à court et à long terme.
Tout d'abord, demain vendredi 27 juillet à partir de 19h devant le Palais des Papes, nous ferons comme nous l'avons déjà fait le 12 juillet, une réunion publique d'information, afin de sensibiliser le public sur notre lutte. Ainsi, nous pourrons directement parler au public intéressé et nous distribuerons le flyer informatif dont nous avons déjà distribué plus de 10000 exemplaires tout au long du Festival d'Avignon, ainsi que le texte de soutien que Samuel Zarka, philosophe et sociologue, a écrit à la demande de notre collectif de lutte.


Ensuite, le mois d'août étant un mois très calme à Avignon, nous nous consacrerons à montrer au travers de notre blog ce que peut être une école d'art si elle n'est pas dirigée par un despote. En effet, notre blog est très bien référencé sur Google, juste derrière le site officiel de l'école. Nous nous servirons donc de cette visibilité pour montrer à Jean-Marc Ferrari et à ses soutiens que les 15 étudiants évincés de l'école, ainsi que les autres étudiants impliqués dans le mouvement, ne sont pas aussi médiocres qu'il l'a dit dans la Provence et qu'ils savent penser et réfléchir l'art et son enseignement, à 1000 lieues de la vision consumériste de la direction, obsédée par le marché et la rentabilité. Nous montrerons que nous sommes capables en trois mois d'avoir à la fois plus de réflexion sur l'art en général, sa place dans la sociéété marchande et son dépassement, et d'avoir plus de visibilité que ce que l'école de Ferrari en a eu en 18 ans.


"Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges,
Sentant les soleils vifs percaliser leur peau,
Où, les yeux à la vitre où se fanent les neiges,
Tremblant du tremblement douloureux du crapaud."
(Arthur Rimbaud)


Dès septembre, le mouvement repassera à la vitesse supérieure. En effet, entre le 5 septembre (date de la rentrée des professeurs) et le 1er octobre (rentrée des étudiants), nous montrerons que nous sommes bel et bien présents, et que nous le serons toujours. Pour cela, nous utiliserons tous les moyens nécessaires : occupation et blocus de l'école, et ce afin d'empêcher les diverses rentrées et les concours d'entrée de se dérouler.


Cette école est la nôtre, elle n'est définitivement plus celle de Monsieur Ferrari. La rentrée ne se fera pas sans nous. Les autorités publiques (Mairie, Préfecture, Ministère de la Culture...)  comptent bien étouffer notre colère en jouant la montre. Ils nous pensent périssables, envisagent en riant de nous jeter à la poubelle de l'école. Ils se trompent. Désormais, l'école, c'est nous.

 

Ils ont la montre, nous avons le temps.

 

À Avignon, le 26 juillet 2012.

 

SUD Etudiant ESAA, SUD Etudiant 84, SUD Education 84.

 

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