- INT NUIT. APPARTEMENT SUDIK
On est dans le salon, plonger dans le noir, juste une petite lumière éclaire légèrement la pièce. Cette lumière provient de l’écran téléphone de SUDIK.
Il est allongé sur son canapé d’angle, il est recouvert par un plaid. Il donne l’impression de s’adonner à la masturbation.
Il est dérangé par une porte qui s’ouvre. Il a l’air de remonter son pantalon.
On voie une femme, elle a l’air fatiguée. C’est la femme de SUDIK. Elle s’appelle MAYA.
MAYA
Qu’est-ce que tu fais ? Ou plutôt qu’est-ce que tu faisais ?
SUDIK
Je suis sur mon tel. T’a un souci ?
MAYA
Comme souvent ses dernières nuits je me réveille, et je suis seul dans le lit. Aujourd’hui j’ai eu un peu de force, je me suis levée pour voir ce que tu fais.
SUDIK
Tu me surveille ?
MAYA
Je me demande pourquoi tu déserte la chambre ?
SUDIK
Je ne déserte pas ! juste je ne trouve pas le sommeil, alors regarde des trucs sur mon tel.
MAYA
Quel genre de truc ?
SUDIK
Musique, actualité.
MAYA
Des trucs de cul ouais, ou pire, tu parles avec des putes !
SUDIK
Oh, ne commence pas !
MAYA
Tu crois que je n’ai pas vu comment tu as sursauté quand je suis rentré ? tu été en train de te branler !
SUDIK
Oui et alors ?
MAYA
Oui et alors ? mais je sers à quoi moi ?
SUDIK
Tu oublies que tu es malade et à un traitement lourd ? La dernière fois qu’on a essayé de le faire t’était toute sec. T’es tout le temps fatigué.
MAYA
Tu me reproche d’être malade ?
SUDIK
Je ne te reproche rien du tout. Juste voilà, t’es pas en condition pour avoir des rapports, mais j’ai des besoins. Alors je me soulage comme ça ! tu préférais peut-être que je te trompe ?
MAYA
Ça se trouve tu fais les deux ?
SUDIK
N’importe quoi.
MAYA
Bah ouais, toujours je dis n’importe quoi avec toi. Toute façon même avant d’être malade tu me touchais à peine. Pourquoi tu restes avec-moi si tu n’as pas envie de moi ?
SUDIK
Mais tu racontes que de la merde. Les médocs te font vraiment dire n’importe quoi. Je me bats pour toi, pour nous, je me démerde pour qu’on trouve du fric pour que tu puisses aller te faire soigner en Belgique. Et toi tu me casse les couilles parce que je me branle ?
MAYA
Tu le fais pour te donner bonne conscience, t’en a rien à foutre que je crève. La preuve, je suis en train d’agoniser, et toi à la place de rester avec moi dans le lit, me faire sentir ta présence tu préfères te branler.
SUDIK
Tu soul.
MAYA
Et toi tu me dégoute.
SUDIK
Tu veux quoi ? Que parce que t’es malade j’ai plus envie de baiser ?
MAYA
Je suis ta femme, n'utilise pas ses mots là.
SUDIK
Pff. Arrête de faire t’a choquée. Ecoute je ne suis pas en deuil. Je ne prends pas de médoc qui me tue ma libido. Ouais tu souffres, oui te voir souffrir me fait mal. Mais désolé, malgré tous les problèmes qu’on a, la peur que tu ne guérisses pas, bah je bande toujours et ressens le besoin d’évacuer. Tu n’es pas en état, je choisi la solution la plus respectueuse pour notre couple.
MAYA
Je devrais te dire merci ?
SUDIK
Oui !
MAYA
Alors merci de me faire sentir que je ne suis plus une femme normale, incapable de prendre du plaisir et dans donner. Que je ne peux pas faire mon devoir d’épouse et de mère, car je les voie tes petits regards agacés de devoir tout faire à la maison.
SUDIK
Tu dis que de la merde, vraiment.
MAYA
Si tu le dis, aller je te laisse finir.
MAYA quitte la pièce, SUDIK n’essaie pas de retenir son épouse. SUDIK est contrarié par la dispute avec son épouse et surtout avoir était pris la main dans le caleçon.
Il se lève, fait quelques pas. Ensuite va entrouvrir la porte, tend son oreille. Il referme la porte. Retourne dans le canapé, remet son plaid sur lui. Il prend son téléphone, il recommence à faire ce qu’il faisait avant que sa femme l’interrompt.