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Billet de blog 1 juin 2012

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Face à la saignée néolibérale : Mobilisation dans la rue et dans les urnes

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La perversion de la réforme Jospin éclate aujourd’hui à la figure de la gauche : inverser le calendrier entre présidentielle et législatives est une mesure de droite, une anémie de la démocratie, un piège anesthésiant. Hollande élu, le peuple de gauche est invité au spectacle des nominations (ministres, hauts fonctionnaires…),  des décisions symboliques (salaires des PDG d’entreprises publiques), mais pas à la mobilisation.  

Pendant ce temps,  c’est encore l’arithmétique du 22 avril qui ressort des études d’opinion : une France électorale tirée à droite, travaillée par le Front national.  La symbolique du pouvoir ne doit donc pas faire illusion : le peuple attend plus que des signaux sympathiques.

La Commission européenne avertit la France : « sous peine de sanctions »,  il faudra vite dire où se feront les coupes budgétaires,  ne pas aller plus loin qu’un « coup de pouce » sur le SMIC, continuer à ouvrir les services publics à la concurrence « non faussée ».  On parlera peut-être « croissance » au prochain Conseil européen, mais il y a plusieurs recettes possibles. Celle de la Commission passe par un marché du travail débarrassé des garde-fous légaux qui entravent sa flexibilité. Plus généralement, la duperie serait totale s’il suffisait d’adjoindre quelques emprunts européens au respect du Pacte budgétaire approuvé en mars par les chefs d’États. On aurait d’un  côté une machine à récession généralisée, et de l’autre une illusion de volontarisme dont l’austérité maintenue tarirait aussitôt les effets.  

Gouverner vraiment à gauche doit donc passer par une action dédoublée : sur la scène intérieure évidemment, et sur l’appel simultané au soutien des peuples d’Europe contre les intégristes de la finance. A commencer par une désolidarisation immédiate de tous ceux qui, comme C. Lagarde ou A. Merkel, veulent enjoindre le peuple grec à sortir de l’Europe s’il refuse la saignée imposée.

Seules les propositions du Front de gauche permettront de reconquérir réellement l’électorat encore désemparé. La reconquête des salaires doit commencer par celle du SMIC, la justice doit clairement passer par l’impôt progressif rétabli, les comptes publics doivent êtes mis en débat pour déterminer de quel droit la finance mondiale fait du chantage sur la dette alors que les richesses sont accaparées par les dividendes. Il ne peut y avoir de « relance productive » sérieuse sans des mesures de protection contre les licenciements illégitimes, et sans planification écologique.

* Jean-Claude Mamet, Convergences et Alternative

Éditorial de Cerises n°144

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