Le clan des bétonneurs se fissure. Côté UMP PS rien - sauf l'offre de J-M Ayrault de temporiser - : ne rien négocier tandis que les forces de l'ordre continuent de tabasser. Côté PCF, Pierre Laurent s'effarouche soudain de la nature du projet : un partenariat public privé, montage de l’ère Sarko qui met l'argent public au service du méga groupe financier Vinci. Un petit, très petit début de lucidité, car c'est la nature même du projet qui en est la véritable justification.
Aucun des arguments des tenants de l'aéroport ne résiste à la raison. Ce projet s'élaborait Il y a quarante ans. On imaginait alors une augmentation considérable des flux, confondant voyageurs et avions. En 2003, le brain-trust de J.M. Ayrault tablait sur 80 à 100 000 mouvements d'avions pour 2010. On en compte 40 000 en 2012, moins qu'en 2000. De surcroît les avions sont aujourd'hui moins bruyants, et mieux remplis, décuplant le nombre de voyageurs, pas le nombre de passages, ni de nuisances.
Le vice-président PCF de la Région, G. Bontemps, samedi à la fête de L'Humanité Bretagne, éclairait les mobiles du projet : la région n'a pas les moyens de cette ambition. Pour rassembler ces sommes colossales, il fallait promettre à Vinci, via le partenariat public privé, un juteux retour sur investissement.
Lucidité ? Oui, totalement du côté des citoyens engagés à barrer ce projet pharaonique, inutile et dangereux. Ils sont nombreux, extrêmement divers.
C'est la force des lucides !
- Avec les pionniers de l'ACIPA(1), ils proclament l'urgence de la mutation écologique contre la vérification des terres cultivables.
- Soucieux de l'équilibre des territoires, ils refusent la désertification du centre Bretagne que provoquerait la polarisation autour de NDdL.
- Échaudés, ils n'échangent plus travail créateur, développements d'avenir contre emploi précaire et volatil.
- Front de Gauche, Libertaires, écolos de la première heure... encartés ou pas, ils sont de toutes les couleurs de la gauche alternative et associative, certains même d'EELV, du PCF et du PS n'en font qu'à leur tête et à leur cœur ...
Il faut gagner à NDdL parce que cette lutte indique une sortie des politiques libérales déstructrices de la planète et des hommes, ici, à Madrid, à Athènes, à Rome, à Lisbonne...
Catherine Destom-Bottin, 30 novembre 2012
Éditorial de Cerises N° 161