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Billet de blog 5 octobre 2012

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Et si la règle des 3 % était fantaisiste ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Non, ce n’est pas le titre de Cerises mais celui d’Aujourd’hui /le Parisien du 29 septembre. En pages, on trouve celui-ci : "Le déficit structurel, un concept mystérieux", lisez dans l’esprit de l’article: infondé. Le groupe Hersant vire-t-il à gauche ? Ou ne faut-il pas penser à ce que veut dire "crise" ?

La crise, c’est lorsqu’un système se heurte à ses propres contradictions à tel point que les seules solutions qui se présentent ne peuvent que l’aggraver. D’où des dissonances au PS, à EELV mais aussi chez des tenants du capitalisme.

De quoi s’agit-il plus précisément ? Les machines sont de plus en plus coûteuses et le renouvellement incessant des connaissances abrège leur durée de vie. Ce mouvement des connaissances exige des salariés une formation de plus en plus élevée, des études plus longues et renouvelées tout au long de leur vie. L’élévation culturelle des travailleurs, la nécessité de recourir à des caractéristiques acquises dans d’autres pratiques sociales rendent le travail tributaire des multiples dépenses sociales. Au regard des capitaux existant dans la société, les actionnaires trouvent les profits insuffisants. Ils se tournent de plus en plus vers la finance. 60 % des profits de PSA ne viennent pas de l’automobile mais d’opérations bancaires.

Cette impasse n’est pas qu’économique. Le travail devient de plus en plus social. Pour un même objet ou service, le nombre de métiers s’accroît, certains qui ne l’étaient pas deviennent salariés (médecins, avocats…), un sentiment de communauté peut en découler. De plus, pour mobiliser les énergies il faut organiser une autonomisation croissante des travailleurs. D’où un management qui fait appel à des opérations d’auto-exploitation. Là encore, contradiction : comment faire appel à l’auto-évaluation et ne pas favoriser le désir d’évaluation du patron ou de l’entreprise ? L’exploitation, à son insu, participe à nourrir une exigence nouvelle de démocratie.

Si les capitalistes tentent des solutions de type keynésien, ils aggravent ces contradictions et sont face à une menace d’explosion. Cherchant à s’en dégager, ils aggravent la désertification industrielle, la pauvreté, le délitement de la société et la colère. Cela ne veut pas dire que le système ne puisse pas continuer longtemps. Mais toujours en aggravant la crise. Ainsi des civilisations ont disparu. Conscients de cette contradiction, ils ont besoin, pour diviser et soumettre, de réactualiser toutes les discriminations, les peurs, d’offrir en pâture un ennemi. Ils tentent de mettre davantage la main sur l’État. D’où le remplacement sans élection de Berlusconi et de Papandréou directement par des financiers. L’entourage d’Obama vient de la banque Goldman Sachs tout comme Draghi à la BCE.

En Europe, nous avons ce traité budgétaire qui n’est rien d’autre qu’un putsch sans armes. Il est donc vain de faire pression sur le PS au lieu d’affronter directement le capital.

Il est aussi vain de demander au système des aménagements. On ne peut que s’en dégager. Dimanche, Montebourg a rejeté l’idée de nationaliser Arcelor Mittal. Que le journaliste pose la question est déjà un signe. « L’État n’est pas un bon actionnaire », dit-il. Encore heureux, vu ce que sont les "bons" actionnaires ! On pourrait rétorquer que la SNCF, EDF ou Renault ont montré durant 40 ans que cela pouvait marcher. Mais qui parle d'fÉtat ? Effectivement l'étatisation n'est pas la solution. L'appropriation par les salariés, les usagers avec leurs élus n'est-elle pas alors LA solution "anti-crise" ? "On n'est jamais si bien servi que par soi-même". Voilà le titre de Cerises.

Pierre Zarka

 Paru dans la rubrique "Cuisine" alternative du n° 154 de Cerises

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