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Billet de blog 7 septembre 2012

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Nous voici donc à la première rentrée après la victoire du PS sur la droite. Lourd calendrier en perspective : de l’emploi à la "dette" en passant par la démocratie et la fin des discriminations. Calendrier devant lequel les annonces gouvernementales ne font pas le poids.

La question pour les gens de la "société civile" est-elle de critiquer et d’amender la politique gouvernementale en rappelant à François Hollande des engagements… qu’il n’a pas toujours pris ? L’expérience des PC européens s’est toujours enlisée dans ce type d’exercice. Ne s'agit-il pas plutôt de viser à transformer chaque sujet de colère en autant de lieux d’élaboration de solutions durables ? N’est-ce pas le moment de faire vivre ce qui ne peut demeurer un slogan : « Place au peuple », « Prenez le pouvoir », «Révolution citoyenne » ? N’est-il pas temps de considérer que lutter n’est pas seulement dire non ou même réclamer mais que c’est aussi inventer ses propres réponses ?

Ce que les médias appellent le "contexte" est présenté comme indépendant de toute volonté humaine. L’actualité est utilisée par la pensée dominante pour nous faire accepter notre impuissance. PSA ? Mais le gouvernement n’a pas de pouvoir sur le conseil d’administration du groupe. Le prix de l’essence ? Mais si on le bloque, les fournisseurs iront ailleurs. Le budget de l’État ? Mais les marchés exigent que l’on fasse des économies. Paradoxalement, ces réponses qui nous renvoient notre impuissance nous disent aussi une part de la solution. Pas de pouvoir sur PSA ? C’est le moment de s’interroger concrètement sur comment prendre le pouvoir nécessaire. Et qui doit le prendre ? Des technocrates ? Un ministère ? Ou la collectivité en définissant comment faire fonctionner son propre pouvoir ? Le prix de l’essence ? Les fournisseurs disent le vendre au prix coutant à un Euro près le litre? Les pauvres, déchargeons-les de ce fardeau qui rapporte si peu ! Les marchés attaquent ? Réduisons-les à l’impuissance en prenant le pouvoir sur la finance. L’impact des manifestations de la fin du mois sur la "dette" n’aurait pas les mêmes suites selon qu’elles mettent en cause le caractère privé des banques ou pas.

Nous éloignerions-nous des urgences en inscrivant l’immédiat dans des réponses fondamentales ? Je ne rêve pas à une déferlante d’appropriations collectives à la fin octobre. Mais un rapport de forces se modifie à partir de ce que pensent les intéressés, dès que pour eux l’horizon s’éclaircit. Sinon pourquoi des trusts mettraient-ils tant d’argent dans le système informatif ? Or, il ne s’agit pas de changer le rapport des forces entre le PS et la gauche radicale mais entre les dominés et le capital.

Depuis 1981 nous avons fait l’expérience que réclamer, courir après les urgences ne permettaient pas d’y répondre. Deux victoires électorales sur la droite qui débouchent sur de la déception devraient nous faire réfléchir à ce qu’il faut changer dans nos comportements. Chaque fois que sur la planète des opprimés se sont libérés, c’est quand chacune de leurs actions mettait en cause le système qui les opprimait.

Les gens sont-ils prêts ? En décembre un sondage disait que 53% des questionnés considéraient « le capitalisme inamendable ». Ne pas savoir comment s’y prendre n’est pas absence de disponibilité. Ne faut-il pas d’abord proposer de sortir du cadre du capitalisme… pour qu’on en sorte ? Si les exploités posaient spontanément ces questions, il n’y aurait pas besoin d’organisation. Et nous, sommes-nous prêts ?

* Pierre Zarka

Article paru dans la rubrique "Cuisine alternative" de Cerises n° 150

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