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Billet de blog 7 septembre 2012

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Un bien cher héritage

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Voilà un comédien attachant, qui n’a pas froid aux yeux mais chaud aux pieds : Laurent Eyraud, également auteur et directeur du Fourmidiable. Je suis allé le voir au festival d’Avignon, à la Bourse du travail CGT, un des rares endroits où les artistes ne sont pas obligés de payer pour jouer.

Laurent Eyraud n’a pas froid au yeux : sa pièce, L'Héritage, ose parler du communisme. Celui d’en bas, des gens du commun. La pièce démarre dans l’obscurité. Sur une table : un corps de gisant, au son d’un piano. Le mort s’appelle Joseph… Drôle de legs que ce prénom.

Avec une belle voix, une présence forte, la légèreté de l’humour, une table et des verres (volontairement ?) dépareillés, des cartes à jouer, Laurent Eyraud nous emmène au Villard où, depuis la mort du vieil agriculteur Joseph Barbayer, tout le monde est en effervescence, dont le Conseil municipal. C’est que Joseph a légué son patrimoine, ses champs à la commune, à condition d'y instaurer… le communisme. Cet héritage est un cadeau. Pas un jeu.

Un village comme Le Villard, sa mairie, ses élus (beaucoup d’hommes), sa chorale (drôle), son café du commerce (grinçant), il en existe des milliers. En découvrant le personnage de Joseph Barbayer, les joutes politico-philosophiques qu’il suscite, on pense un instant à Pepone dans Don Camillo. Mais L'Héritage, en dépit du titre, ne fait pas référence à un passé révolu ou une guerre de clochers. Il oblige à revisiter l’avenir.

« Décidément, il nous aura fait chier jusqu’au bout.», râlent les uns à propos du défunt. « On ne va tout de même pas faire de la politique au Conseil municipal. », se demandent les autres. Certains réfléchissent à des Systèmes d’Échanges Locaux. D’autres refusent de voir que l’eau est une manne pour les multinationales.

Après les applaudissements, quittant des personnages interprétés avec couleurs, accents et justesse, Laurent Eyraud s’est mis pieds nus sur scène. L’été incendiait la ville. Je me suis dit qu’il avait chaud de ce côté-là. Mais c’était son humanité qui, à proximité des rues et des places publiques, était encore en marche.

* Philippe Stierlin

- Dimanche 16 septembre – 16 h 30 – Fête de L’Humanité – Espace Théâtre
- Mercredi 26 septembre – Festival de Mont-Dauphin – Guillestre (05)

L'Héritage, de et par Laurent Eyraud-Chaume - Compagnie Le Pas de l’Oiseau
avec le soutien du Théâtre L'Arlequin (Morsang sur Orge) et du Fourmidiable, scène artistique des pays du Buëch.

Paru dans Cerises n°150, rubrique "délicieux"

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