Image de la semaine
Lune de miel
Amis-amis en amont, radieux aujourd’hui, Pierre Gattaz, le patron du MEDEF, le 16 mai : « Pour l'instant nous sommes sur un nuage, pour l'instant Emmanuel Macron fait un sans-faute .»
Les brèves
* La fabrique du pouvoir. Distribué par les Mutins de Pangé, et diffusé cette semaine sur Arte, le documentaire de Laurent Cibien, Edouard, mon pote de droite, ne manque pas de sel : on y entend ainsi l’actuel Premier ministre déclarer qu’être maire est nettement plus efficace qu’être député. Et Premier ministre ? On le voit aussi donner un cours de com’ à ses supporters de campagne. Derrière le côté quadra décontracté se pointe la réalité du jeune loup aux dents longues. Le réalisateur explique avoir voulu, en filmant son "copain de lycée" depuis plus de 10 ans « comprendre la fabrique du pouvoir dans la France d’aujourd’hui. » Concluant !
* Main de fer.« Ancien préfet de la région Bretagne et de la zone de défense et de sécurité Ouest, ce sportif amateur de golf fit respecter l’ordre d’une main de fer au moment des manifestations contre la loi El Khomri, au risque d’une escalade dans les violences. » (Le Monde, 15/05/2017) Euphémisme ! L’ordre du préfet Patrick Strzoda ? Un manifestant éborgné lors d’une charge, vingt autres mis en examen pour association de malfaiteurs, des journalistes pris à partie par des policiers, une voiture de police qui fonce sur les manifestants… Voilà une expérience et des compétences pour, en tant que Directeur de Cabinet d’Emmanuel Macron, diriger désormais l’Elysée et suivre les questions régaliennes – Défense, Affaires étrangères, Justice, Finances et Intérieur. Sportif !
* De droite et unisexe. Ni Première ministre, contrairement au tweet de com’ d’E. Macron du 28 mars, ni ministère des Droits des femmes. Le Collectif national pour les droits des femmes dénonce « ce caractère totalement unisexe de nos institutions ». Sans penser néanmoins « que les inégalités structurelles se régleront à travers un ministère. Des siècles de patriarcat balayés en 5 ans, ça on n'y croit pas. D'autant plus qu'Emmanuel Macron prévoit des mesures de libéralisation de l'économie qui toucheront durement les femmes. » Et de conclure : « le renouvellement ça n'est pas pour aujourd'hui. Ça ne nous étonne pas de la part d'un Président de droite et de droite. Nous prenons date, de suite, pour continuer le combat. Ce n'est qu'un début. » Plus sur communistesunitaires.net, rubrique "Luttes féministes".
* Compromission. Dans un courriel envoyé sur sa liste de diffusion, Maximes Combes (ATTAC) interpelle Nicolas Hulot qui, après avoir refusé d’entrer au gouvernement en 2016, « en 2017 accepte d'entrer dans un gouvernement dirigé par un élu de droite pro-nucléaire et pro-charbon où l'ensemble des postes économiques sont tenus par la droite et des pro-businness ». M. Combes insiste : « les politiques écologiques dont nous avons besoin ne sont pas compatibles avec les politiques de compétitivité économique voulues par Macron, Philippe, Le Maire et consorts. » Une promiscuité qui ne semble donc pas gêner Nicolas Hulot, mais qui entretient, selon Maxime Combes, « la confusion ». De confusion en compromission, il n’y a parfois qu’un pas.
Paru dans Cerises n°325, 19 mai 2017