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Billet de blog 23 février 2018

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Jusqu’à la garde

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Terrifiant. Réaliste. Les deux à la fois, voilà ce qui fait la force du premier long métrage de Xavier Legrand. Et l’on sort bouleversé par les trois acteurs principaux - Léa Drucker, Denis Ménochet et le jeune Thomas Gioria - extraordinaires de sincérité. Si l’on ne savait pas déjà, à peu près, ce qu’est un huit-clos de maltraitance familiale, ce film pourrait changer notre vie.

Un couple a divorcé, c’est la lutte pour la garde du jeune fils, 11 ans. Qui ment, entre la mère et le fils d’un côté et le père accusé de violences ? Un temps de doute, et on se place vite du côté maternel. Cependant, on voit aussi que ce père inexcusable n’est que l’expression d’un mal de vivre profond, une dépression qui le fait osciller entre une image de soi destructrice et l’affirmation virile qu’il pourrait diriger, imposer. Julien, l’enfant, est tout à la fois la victime de ce regard et de ce corps massif d’homme malheureux qui voudrait sans cesse qu’on l’excuse, et le protecteur de sa mère, femme terrifiée et pourtant courageuse. Grand moment de cinéma, le visage de Julien passe d’une colère immense contre le bourreau - une haine parfaitement légitime ! - à la peur, une peur infinie qui nous bouleverse. On devra l’issue libératrice, qui ne nous fait pas oublier qu’en France une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, à une voisine anonyme, qui ne sera pas remerciée.

* Gilles Alfonsi

Paru dans Cerises n°343, 23 février 2018

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