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Palestine, quel changement ?
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Ci-dessus, un Palestinien colle une affiche appelant au boycott des produits israëliens, qualifié par le site de la campagne BDS de « principal levier du changement » . Voir sur communistesunitaires.net, rubrique "Mondialité", la question au gouvernement de François Asensi.
Les brèves
* Europe rien ne va plus (1). Quelques jours avant son investiture, Donald Trump a estimé que le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne est « une grande chose » et que l’OTAN est obsolète. Angela Merkel a souligné de son côté que « l’Europe a son destin en main », tandis que François Hollande soulignait que l’Europe « n’a pas besoin de conseils extérieurs pour lui dire ce qu’elle a à faire ». Quant à Boris Johnson, chef de la diplomatie britannique, il estimait : « C’est une très bonne nouvelle que les États-Unis veuillent conclure un bon accord commercial avec nous ». On rirait presque de ces propos si on ne savait pas qu’au bout du compte, lorsque les contradictions entre les puissances capitalistes s’exacerbent, les dindons de la farce diplomatique sont souvent les citoyens.
* Europe rien ne va plus (2). Le nouveau président du Parlement européen s’appelle Antonio Tajani, et c’est un berlusconiste. Au quatrième tour de scrutin, les eurodéputés l’ont élu pour deux ans, grâce à une convergence entre le Parti populaire européen (PPE, droite) et les libéraux du Belge Guy Verhofstadt. Cet homme de droite a d’abord été militant du Front monarchique national italien, puis journaliste au quotidien Il Giornale, qui appartient à la famille Berlusconi, avant de cofonder en 1994 Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, à la fois libéral au plan économique et eurosceptique. Accessoirement, Antonio Tajani est réputé avoir été particulièrement passif, alors qu’il était commissaire européen à l’industrie, face à l’affaire Volkswagen (une commission d'investigation enquête actuellement).
* Europe rien ne va plus (3). Theresa May, la Première ministre britannique, a tiré les conséquences du refus de l’Union européenne des conditions qu’elle posait pour des relations positives avec l’Union. Elle espérait un traité de libre-échange sans droits de douane, un accès de la City et du secteur automobile à l’UE, des garanties pour les citoyens britanniques résidant sur le continent… soit une situation plus favorable en étant hors de l’UE qu’en en faisant partie. En fait, son pays va sortir du marché unique (en raison de son refus d’accepter la libre circulation des citoyens) et de l’union douanière. Gros problèmes en perspective : l’Écosse et l’Irlande, dont les électeurs ont majoritairement voté contre le Brexit, pourraient bien d’une manière ou d’une autre ne pas suivre le pouvoir central. Il se trouve qu’en Irlande, où des élections sont annoncées, la gauche d’alternative a le vent en poupe.
* Europe rien ne va plus (4). Amnesty International vient de souligner qu’avec ses réponses uniquement sécuritaires aux attentats sur son territoire, l’Union européenne et ses États sont « en train de démanteler pierre par pierre tout l’édifice de protection des droits de l’homme qui a été bâti depuis la Seconde Guerre mondiale ». C’est le résultat d’une enquête menée sur deux années d’évolution législative dans quatorze pays de l’Union. Concernant la France, elle montre une « avalanche de lois (…) adoptées à un rythme effréné », qui « sape les libertés fondamentales » : « L’idée selon laquelle le rôle du gouvernement est d’assurer la sécurité afin que la population puisse jouir de ses droits a laissé la place à l’idée que les gouvernements doivent restreindre les droits pour assurer la sécurité ». Amnesty met en question l’efficacité de la vague sécuritaire (interceptions de communication en masse, collecte de données personnelles…) avec parfois une insuffisance de « mécanisme de contrôle indépendant ». Elle pointe entre autres le flou de certaines infractions pénales, par exemple de la notion du délit d’« apologie du terrorisme » ou celle de « consultation habituelle » de sites djihadistes.
Paru dans Cerises n° 311, 20 janvier 2017