Images de la semaine
De Washington à Paris
et ailleurs dans le monde
Agrandissement : Illustration 1
© Reuter et Jean-Claude Saget
Immense succès des Marches des femmes dans de nombreuses villes (ci-dessus Washington et Paris), le 21 janvier, contre la politique annoncée et déjà amorcée de Donald Trump.
Les brèves
De la parole aux actes (1). Ceux qui pensaient que Donald Trump allait atténuer son discours, et finalement, ne pas tenter de mettre en œuvre les options qu’il a défendues ces derniers mois devraient regarder les premières décisions du nouveau Président américain. Premiers décrets : casse de l’Obamacare (la réforme phare d’Obama concernant l’accès à l’Assurance maladie), relance des projets d’oléoducs précédemment stoppés à la suite des mobilisations écologistes, retrait du traité de libre-échange transpacifique (TPP), gel des embauches de fonctionnaires au niveau fédéral (sauf pour l’armée), décret interdisant le financement de certaines associations qui soutiennent l’avortement...
De la parole aux actes (2). Trump a nommé seulement trois femmes à des postes stratégiques. C’est la première fois depuis le mandat de Ronald Reagan que leur nombre est aussi bas. Au contraire, les milliardaires (et millionnaires) se comptent en nombre dans cette équipe : Wirlbur Ross, surnommé le Roi de la banqueroute (3 milliards de dollars, secrétaire au commerce), la 43e fortune mondiale Carl Icahn (16 milliards, conseiller spécial en charge de… la régulation financière), Betsy DeVos (5,4 milliards, secrétaire à l’éducation), l’ex PDG d’ExxonMobil Rex Tillerson (325 millions, secrétaire à la politique étrangère), l’ancien banquier de Goldman Sachs Steven Mnuchin (300 millions, secrétaire d’État au… Trésor), etc. Qui a dit que la lutte des classes n’existe pas ?
Résistance. Si la domination durable de Trump n’est pas jouée d’avance, ce n’est pas d’abord parce qu’il pourrait spontanément renoncer à tels et tels de ces projets. C’est plutôt parce que la résistance de la société américaine pourrait prendre de l’ampleur rapidement, si l’on en croit quelques indices : les mobilisations massives le jour de l’investiture et depuis (dont l’énorme succès de la Marche des femmes), les enquêtes d’opinion (autour de 40 % d’avis favorables). C’est aussi que le principe de réalité - l’Amérique est une puissante en déclin, le monde est multipolaire, les aspirations démocratiques, égalitaires et écologiques sont puissantes, etc. - pourrait bien, à un moment ou à un autre, se rappeler à Monsieur Toupuissant. Le plus tôt serait le mieux !
Droit de suite (1). On est sans trop de nouvelles d’Hillary Clinton. A-t-elle analysé sa défaite ? Questionne-t-elle le contenu de sa candidature, de son projet ? Espère-t-elle se contenter de twitter contre Trump ? Envisage-t-elle de laisser la place, ainsi que ses équipes, à Bernie Sanders et aux générations de jeunes militants qui veulent tourner la page d’un Parti démocrate usé jusqu’à la corde ?
Droit de suite (2). Chacun le sait puisqu’elle ne s’en cache pas : Marine Le Pen admire et soutient Trump. Qu’en sera-t-il quand celui-ci aura mis le feu un peu partout ? Et elle qui s’est offerte, depuis quelques temps, un vernis social, comment va-t-elle justifier les politiques ultralibérales à venir du gouvernement des milliardaires ?
Paru dans Cerises n°312, 27 janvier 2017