En 1989, le Bicentenaire de la Révolution Française oublia, volontairement, le nom de Robespierre. Il fallait s'y attendre, aucune rue de Paris ne porte son nom, aucune place, il n'existe aucun hommage. Car comme toujours, ce sont les vainqueurs qui écrivent l'Histoire. Comme le dit Howard Zinn, « tant que les lapins n'auront pas d'historiens, l'histoire sera racontée par les chasseurs. » Les Thermidoriens ont obtenu l'arrestation de Robespierre et son exécution et, de fait, ont pu, ensuite, écrire leur version de la Révolution.
Pour mieux comprendre le combat d'idées qui oppose, encore aujourd'hui, la bourgeoisie et le peuple, pour mieux connaître Robespierre, pour mieux défendre la démocratie, je vous propose de lire le « Robespierre » de Jean Massin.
Et ces quelques phrases relevées au cours de cette lecture :
« La Révolution de 1789 a remplacé l'aristocratie des nobles par l'aristocratie des riches. »
« L'intérêt du peuple c'est l'intérêt général ; l'intérêt des riches, c'est l'intérêt particulier. »
« Le désintéressement des représentants du peuple serait d'autant plus assuré qu'ils renonceraient à briguer un nouveau mandat. »
« Législateurs, vous n'avez rien fait pour la liberté, si vos lois ne tendent à diminuer par des moyens doux et efficaces l'extrême inégalité des fortunes. »
« Songez que le courage et l'énergie du peuple peuvent seuls conserver sa liberté. Il est enchaîné, dès qu'il s'endort ; il est méprisé, dès qu'il ne se fait plus craindre ; il est vaincu, dès qu'il pardonne à ses ennemis ! »
C'est finalement cela que les Thermidoriens ne pardonneront pas à Robespierre : non seulement d'avoir poussé les sans-culottes à agir mais surtout d'avoir tout fait pour les maintenir dans l'exercice du pouvoir. Alors que la règle du jeu bourgeois eût été de les féliciter, de les désarmer et finalement de les renvoyer chez eux.
Franck Lepage raconte :
« En 1989, les organisateurs du Bicentenaire ont fait un truc incroyable, ils ont fait une erreur ! Ils ont proposé un questionnaire aux Français mais au lieu de proposer un QCM avec des noms choisis par eux, ils ont proposé un questionnaire ouvert :
« Quels sont les 10 français qui vous semblent le plus représenter la France ? »
Et là, ils ont pris une grosse claque. Car les Français ont choisi en 10, en 9, en 8, en 7, en 6, en 5, en 4 ...
En « 3 », Napoléon ! En « 2 » Charles de Gaulle ! Mais en « 1 » ? C'était qui ?
C'était le grand absent du Bicentenaire : Robespierre !
L'inconscient collectif est plus fort : nous savons que Robespierre, c'est notre pote ! Alors qu'ils ont tout fait pour ne pas parler de lui ! »
Alors, je conclus avec Gracchus Babeuf :
« Le robespierrisme, c'est la démocratie ! En relevant le robespierrisme, vous êtes sûrs de relever la démocratie. »