STAR WARS: Opération Hollywood

Les dirigeants des États-Unis prévoient d'augmenter encore le budget de la Défense. Déjà, entre 2001 et 2010, le budget officiel de la défense avait augmenté de 78%, passant de 297 milliards à 531 milliards de dollars (chiffres du Ministère, Voir U.S. Department of Defense, Overview, années 2001 à 2010), avec les résultats que l'on sait pour le monde...

https://www.youtube.com/watch?v=JEUQdC_oL2Q

De 2004 à 2015, le Pentagone était aux manettes de sa propre chaîne câblée : Pentagon Channel, tout simplement. Ce canal résultait des nombreuses dispositions prises par l’administration Bush suite aux invasions de l’Afghanistan et de l’Irak. La chaîne du Pentagone promouvait une vision du monde belliqueuse et les vertus de l’armée étasunienne, en vue de recruter et de rendre hommage aux patriotes morts au combat ou revenus invalides. Dans ce documentaire, de 2004 justement, les réalisateurs insistent sur les liens entre le Pentagone et Hollywood, notamment dans ces perspectives.

Cinéaste d’origine chilienne, Emilio Pacull a été l’assistant de Costa-Gavras, Miguel Littin, Roberto Rossellini, François Truffaut... Il a aussi réalisé quelques documentaires pour la télévision (Les Parures animales : Cuirs et Sauvagerie, Les Enfants D'abord : Le Mexique, Un siècle d'écrivains "Alejo Carpentier", Mémoires de la Terre de Feu, La Terre vue du Ciel - Portrait de Yann Arthus-Bertrand...). Il s’est adossé ici à l’historien français Maurice Ronai, qui est actuellement chercheur à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), et demeure le co-fondateur de Courrier International.

C’est dans le cadre d’un séminaire sur le thème des stratégies militaires aux Etats-Unis qu’est née l’idée de ce documentaire. Dans ce cours, Maurice Ronai abordait la question de la relation entre le cinéma et la guerre, arguant que de la même manière qu'un produit bénéficiant d'une bonne image publicitaire se vend mieux, l'image positive de l'armée étasunienne au cinéma, empreinte d'héroïsme, et de patriotisme, lui permet de mieux se vendre. À ce titre, les films Zero dark Thirsty, en 2013, et American Sniper, en 2014, auraient généré environ 133 000 000 et 547 000 000 de dollars…

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