«Rajoy, démission!»

Après les rassemblements de lundi soir au pied des hôtels où séjournent les renforts policiers déployés par le ministère de l'Intérieur, la journée de mardi a été marquée par « l'aturada de pais » : le blocage du pays. Des salarié·e·s de tous les secteurs se sont mis en grève et ont protesté contre les violences policières du 1er octobre.

À l'appel d'une quarantaine d'entités, des centaines de milliers de Catalan·e·s ont manifesté pacifiquement ce mardi contre les violences policières. La majeure partie des établissements scolaires et des commerces ont fermé, une soixantaine de routes ont été bloquées pendant la journée. Les manifestant·e·s ont demandé le départ des forces de police venues en renfort pour empêcher le vote du 1er octobre.

Les pompiers de Barcelone en grève, devant le siège du Parti Populaire © Yes We Cat Les pompiers de Barcelone en grève, devant le siège du Parti Populaire © Yes We Cat

À l'appel de la « Taula per la democràcia », une trentaine de routes ont été partiellement bloquées à l'aube par des petits groupes, parfois en tracteurs, comme dans l'Empordà. La circulation sur l'autoroute A-2, direction Madrid, a également été brièvement interrompue.

L'intersyndicale, appuyée par Òmnium, l'ANC et la CUP, a également été soutenue par les personnels éducatifs et médicaux, comme à Barcelone, où un service minimum a été mis en place par le ministère de la Santé de la Generalitat. De plus, seul un tiers du service dans les transports ferroviaires a pu être assuré. Certaines stations de métro ont été fermées.

À 9 heures du matin, à l'appel de la CNT, environ 2 000 personnes se sont rassemblées devant le siège barcelonais du Parti Populaire, rue Comte d'Urgell. Les manifestant·e·s, accompagné·e·s d'une cinquantaine de pompiers venus en uniforme, ont demandé la démission de Mariano Rajoy. Sur une grande banderole figurait le message suivant : « PP : Ennemi des travailleurs ; coupables de la réforme du Code du travail et de la militarisation de la ville ».

Les manifestant·e·s se sont ensuites rendu·e·s sur la Via Laietana, où un rassemblement était organisé à onze heures devant la préfecture de police. Assez rapidement, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont retrouvées derrière les piquets de grève de la CGT, venant de toutes les rues adjacentes. Même si d'autres syndicats, comme Alternativa Sindical, CCOO et UGT, ont également appelé à la mobilisation en solidarité avec les victimes de la répression politique du 1er octobre, il y avait surtout énormément de jeunes. Parmis les revendications les plus récurrentes, une exigence et une dénonciation : « Dehors, les forces d'occupation ! » ;  « Presse espagnole, manipulatrice ! »

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Constatant que le trafic avait été coupé par les agents de la police municipale et que la plupart des commerces étaient fermés, les manifestant·e·s se sont ensuite déplacé·e·s vers la Place de l'Université, où des milliers d'étudiant·e·s les attendaient pour midi, avec beaucoup de pancartes, de drapeaux indépendantistes mais aussi quelques dizaines de drapeaux républicains. La foule y a entonné l'hymne catalan et a chanté : « Rajoy, démission ! ». Plus tard, une cinquantaine de sympathisant·e·s de la CNT se sont déplacé·e·s vers la Place Catalogne et ont fait fermer les centres commerciaux du Corte Inglés, ainsi que le McDonald's et plusieurs autres boutiques. Les manifestant·e·s ont ensuite occupé le centre-ville toute l'après-midi, se répartissant en divers endroits et revenant fréquemment devant la caser de la police nationale de la Via Laietana. Des acampadas étaient en cours de préparation en fin d'après-midi.

À 18h enfin, des rassemblements ont également été organisés dans la plupart des villes de la région. Des manifestations très énergiques, complètement transversales et remplies de familles entières, souvent sans drapeau et avec un seul cri de rassemblement : le refus des violences policières. Le ministère de l'Intérieur a cependant fait savoir que les renforts policiers logés dans le port de Barcelone prolongeraient leur séjour d'une semaine.

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