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Billet de blog 12 avril 2019

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Dans "mon" gastos...

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Y'a à peu près 30 piges, je créchais dans un studio de 18 m2, rue du 11 novembre, à deux pas de la place Gaillard. Quand je rentrais du turf, j'posais souvent mes guêtres au rade du coin et j'm'enfilais quelques rasades de picrate ou bien je m'absinthais à en faire pâlir les spleeneurs d'antan. Et tout ça en taillant la bavette aux piliers ou à Jean-Phi, le loufiat.
Ce gastos était tenu par un lozérien aux allures de marlou de la rue Saint Denis. Marco qu'il s'appelait. L'avait la silhouette d'un trois-quart centre briviste mais dès qu'il ouvrait son claque-merde, ça faisait pas un pli : le gus était une grande gueule qu'avait le double de l'âge de son grand-dabe. À l'écouter, c'était un caïd qu'aurait pu faire bouffer la grenouille à Lafarge tellement qu'il aurait fait de semelles en béton aux ceusses qui les lui brisaient...
Pis un jour qu'on était quatre péquins (dont le taulier et son larbin) à nous morfondre en attendant l'heure de l'apéro, v'là t'y pas que deux p'tites frappes de la cité déboulent dans le trocson et veulent mettre à l'amende le Gros Marco et Jean-Phi. Notre bœuf lozérien, après que son grouillot a pris un soufflet par l'un des cow-boys de la ZUP, a mis les bouts sans même défendre sa taule.
Pendant que je bouquinais peinard mon canard local, les deux lascars me bousculaient par inadvertance en cherchant des crosses à un client que fallait pas avoir inventé le fil à couper l'eau tiède pour voir qu'il flaquait dans son grimpant. J'ai alors pris ma feuille de chou et leur ai lancé, en les matant recta dans les mires : « Ben puisque que ça gène que j'sois accoudé au zinc, j'm'en vais m’attabler ! ». Et de rajouter que le premier qui viendrait me chercher prendrait la peignée de sa morne existence. J'ai eu une paix impériale et les deux cadors de prisu ont calté en vainqueurs.
Quand Marco a ramené ses miches après l'orage, je lui ai balancé que, en plus d'être un boss indigne , c'était une pétocharde de première et que laisser son employé dans le sable méritait qu'on lui décerne le diplôme de la couard de l'année...
La semaine suivante, j'ai croisé nos deux terreurs des quartiers résidentiels qui m'ont salué comme si j'étais Tony Montana.
Ben tu vois, je trouve pas mal de similitudes entre ces zéros et les empaillés du ouaib qui viennent te débourrer dans les babouches.
Bonne sorne, les aminches.

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