Manuel pratique de la culture maraîchère de Paris.

Publié en 1844 par deux maraîchers, J.G. Moreau et J.J. Daverne, ce manuel présente les techniques de pointe développées pour alimenter la capitale en légumes toute l'année, avant la mécanisation et l'agrochimie. Il est devenu une bible de l'agriculture et jardinage bio du XXIe siècle.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6423206t/f1.item.texteImage

Présenté par Thibaut Schepman sur Terraeco.net (2014) :

Longtemps oubliées, des techniques agricoles refont surface 170 ans après et inspirent aujourd'hui des pionniers d'une agriculture à la fois hyperproductive et totalement naturelle.

Des melons mûrs à Paris dès le mois d’avril, des tonnes de légumes sur une surface pas plus grande qu’un terrain de foot, jusqu’à huit récoltes en une seule année… Ces performances agricoles incroyables ne sont le fruit ni d’engrais chimiques, ni de modifications génétiques, ni même de connaissances scientifiques de pointe. Et pour cause, ces prouesses datent du XIXe siècle et sont l’œuvre des quelques centaines de jardiniers-maraîchers parisiens qui assuraient alors l’autosuffisance de la capitale en légumes.

[...]

Morceaux choisis :

« A la vue des chemins de fer qui s’établissent de toute part (…), il est facile de prévoir que la culture maraîchère de Paris est à la veille de recevoir des modifications et nous avons cru utile de décrire cette culture telle qu’elle se pratique à Paris en 1844, afin que par la suite on pût mieux juger et apprécier les changements qu’elle pourra subir. »

« Il y a ici une observation à faire. On croit assez généralement que, si nous obtenons d’aussi beaux légumes, c’est que nous employons beaucoup d’engrais ; c’est une erreur. (A l’époque, le mot engrais veut dire « fumier de vache » ou « fumier de cheval », ndlr). »

« Il est généralement connu que, toutes les fois qu’on a reculé l’enceinte de Paris, les jardiniers-maraîchers ont été obligés de se reculer aussi pour faire place à de nouvelles bâtisses, et que ce déplacement leur était toujours onéreux, en ce qu’ils quittaient un terrain amélioré de longue main pour aller s’établir sur un nouveau sol, souvent rebelle à leur culture, qui ne pouvait être amélioré qu’avec le temps et de grandes dépenses. »

« Semer : C’est confier des graines à la terre. »

« Nous avons trouvé, par un calcul très approximatif, que l’ensemble des terrains employés à la culture maraîchère, dans la nouvelle enceinte de Paris, est maintenant d’environ 1378 hectares. Ces terrains sont divisés en 1800 marais ou jardin ; les plus grands contiennent environ 1 hectare, et les plus petits environ 1 demi-hectare mais le plus grand nombre des jardins maraîchers contiennent trois quarts d’hectare. Il s’ensuit qu’il y a 1800 jardiniers-maraîchers pour les faire valoir (…) pour cultiver un jardin de 1 hectare il faut, en tout temps, un personnel de cinq à six personnes, composé du maître et de la maîtresse, une fille à gages, un garçon à gages s’il y a des enfants en état de travailler ou, à leur défaut, deux garçons à gages et souvent un ou deux hommes à la journée. »

Manuel pratique de la culture maraîchère de Paris (réédition).

Thibaut Schepman est l'auteur du guide Marabout du jardinier urbain. ( E-book )

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