Des pères manifestent leur colère face à l'injustice et au mépris des enfants

Deux pères de familles, Boris Lutz et Youcef Wateli, sont perchés depuis cinq jours sur l’église de Chaumont, en Haute-Marne. Ils étaient au départ accompagné de Frédéric Foroughi, qui est redescendu dimanche soir pour remplir ses obligations professionnelles, mais continue à soutenir leur action. Ils ont choisi ce lieu pour symboliser leur résistance à l’oppression judiciaire qui enserre les parents de France dans l’étau de la dictature familiale et judiciaire, de la corruption et du trafic d’influence.

Leurs banderoles affichent des slogans qui dénoncent sans équivoque les graves atteintes à notre état de droit et à notre république : « France, pays des non droits de l’homme ; droits de l’enfant bafoués ; halte au trafic d’influence ; trafic d’enfant, stop, alerte aux violations de lois dans les tribunaux », etc…

Ce qu’ils revendiquent avant tout, au-delà de leurs droits de pères, c’est le respect de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). En France, au sein des affaires familiales et des tribunaux pour enfants, les magistrats refusent d’appliquer les lois et de respecter les procédures. Conséquences, 2 millions d’enfants sont séparés de l’un ou de leurs deux parents, 1 enfant sur 2 est confié au parent maltraitant, et 1 placement sur deux au moins est abusif, quand ce n’est pas illégal. Certains services soi-disant sociaux ayant pignon sur rue exercent illégalement, sans autorisation ni agrément, ni reconnaissance d’utilité publique contrairement à ce qu’ils prétendent. C’est le cas de l’association Olga Spitzer, qui fraude l’état depuis 40 ans, et dont le seul but n’est pas d’aider les familles en difficultés mais d’obtenir coûte que coûte le placement d’enfants, même quand ils ne sont pourtant pas en danger. Pourquoi le Ministère de la justice les laisse-t-il encore exercer ?

Un placement d’enfant rapporte environ 7000 euros par mois au service social qui prend en charge la mesure d’accueil, parfois plus comme en Eure et Loire où la journée de placement est facturée 450 euros au Conseil général, qui n’a aucun regard sur les dépenses engagées au motif farfelu qu’il s’agirait d’un « secret professionnel ». Mais la réalité est toute autre : à ce prix-là, tous les moyens sont bons pour obtenir une ordonnance de placement : écarter les pères de famille de l’éducation de leurs enfants, les salir et les faire passer pour des délinquants ; faire passer les mères pour dangereuses, déséquilibrées ou malades mentales, parfois jusqu’à l’internement ; produire de faux rapports, rédigés par des médecins imaginaires et de prétendus experts qui ne le sont pas (en France, selon l’ADUA, des dizaines de milliers de psychologues exercent illégalement, sans être inscrit au répertoire Adeli) ; sortir de faux jugements des greffes correctionnelles, intenter des poursuites illégales ou abusives contre les parents ; violer toutes les lois, procédures et traités internationaux ; et surtout, de manière systématique, écarter le parent protecteur au profit du parent maltraitant ou des services sociaux qui le manipulent alors à sa guise. C’est un trafic d’enfant, bien organisé. Les placements abusifs coûtent à l’état 10 milliards d’euros chaque année.

Philippe Seguin, lorsqu’il en était président, a dénoncé dans un rapport de la cour des comptes éloquents l’absence de tout contrôle sur les services de protection de l’enfance et les 26 milliards d’euros de dépenses annuelles qu’ils représentent pour la collectivité. Si des enfants sont maltraités, écartés de leurs parents protecteurs et parfois violés, c’est parce que le système judiciaire tout entier semble devenu pervers, l’affaire d’Outreau ayant servi de prétexte à faire taire la voix des enfants, et ayant permis à certains d’infecter son institution par la corruption et le trafic d’influence. La justice est pourtant le seul recours contre les abus de pouvoir et de droit et de l’anarchie. N’est-il pas dramatique, dans un pays comme la France, de devoir engager des actions aussi spectaculaires pour demander la simple application des lois, le respect des droits de l’enfant et de sa parole, ainsi que le respect des procédures dans les affaires familiales et les tribunaux pour enfants ?

Si Boris Lutz, soutenu par Youcef Wateli et l’association Violette Justice, dénonce le trafic d’influence, c’est parce que sa fille Océane et lui-même en sont victimes depuis de trop longues années. Il demande à M. Jean-Claude Marin, procureur général près la cour de cassation, de désigner un juge d’instruction pour faire la lumière sur les multiples exactions commises dans son dossier.

Un récent rapport de l’Unicef a démontré que la France figurait parmi les pays où les enfants subissaient le plus de mal-être. Somme toute logique, puisque nous vivons dans un pays qui refuse d’appliquer la CIDE, alors qu’il l’a ratifié depuis 1989. Une psychologue qui travaille pour le Ministère de la Justice a même osé dire à Boris Lutz au cours d’un entretien : « Ce que vous ne comprenez pas, c’est que le juge aux affaires familiales ne juge pas dans l’intérêt de l’enfant. » Tout est dit. L’état de droit français est une chimère. La convention des droits de l’enfant stipule pourtant, en son article 3 :

“Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. “

Comment s’étonner que Boris Lutz, ou tant d’autres, montent alors sur le toit d’une église pour se faire entendre, et que des centaines de milliers d’enfants, si ce n’est des millions , soient en souffrance, comme Océane, Manon, ou Amandine au pays des non droits de l’homme ?

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Sylvain Moraillon
Violette Justice
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