Calais: la problématique des campements à Calais

Les campements sont habituellement des abris provisoires pour les voyageurs. Néanmoins, pour certains le campement peut constituer un habitat définitif, ou du moins, pour une durée indéterminée. À Calais par exemple, les campements pour réfugiés sont légion et suscitent un véritable problème d’hébergement. Cet article fera la lumière sur ces campeurs de plus en plus fréquents dans la région.

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L’origine des campeurs à Calais.

Dès le début des années 2000, la région du Pas-de-Calais a vu grandir son nombre de campements pour migrants. Ces structures d’abord en petit nombre ne cessent de croître. Cette expansion d’effectif était imputable notamment à la crise migratoire des années 2010. « La lande » est le nom qui désigne l’ensemble des campements de migrants de Calais. Sans lieux fixes où résider, ces habitants s’installent préférentiellement sur des terrains vides. Leur séjour instable est souvent interrompu par les opérations de déguerpissement.

Les nombreux centres d’accueil sollicités pour recueillir ces populations démunies sont impuissants. Pour cause, l’afflux de migrants ne garantissant pas de la place pour tous. Face à ce problème de logement, le gouvernement français procéda courant février 2016 à un grand balayage. Une opération de démantèlement des campements de Calais a été mise sur pied. Très vite, les campements sauvages de la ville de Paris furent assaillis. Cet exode amena ainsi les autorités à revoir leurs positions. La « jungle » de Calais se remit provisoirement en place. D’après une dernière estimation en 2016, neuf mille migrants occuperaient ces campements.

Le programme d’aide aux migrants de Calais.

Face au mode de vie précaire des campeurs de Calais, l’aide humanitaire ne cesse d’être sollicitée. Active dans bon nombre de causes humanitaires, l’Armée du Salut vient en aide aux migrants. L’institution a d’ailleurs été l’une des premières à suivre le mouvement initié par Joseph Harker. Cet éditorialiste britannique s’offusquait de l’appellation « jungle » utilisée pour qualifier les campements de Calais. En août 2017, l’Armée du Salut recueillait par exemple une trentaine de migrants à Reims.

Cette population provenait du campement de Calais qui n’a pas manqué de remercier l’association. Cette dernière s’engage comme les autres institutions humanitaires à ne pas qu’assurer l’hébergement des migrants. Elles proposeront aussi un accompagnement digne pour les jeunes migrants. Ceci essentiellement pour réduire le niveau de délinquance de ces jeunes livrés à eux-mêmes.

L’avenir des campements de Calais en 2019.

Le mois de décembre 2019 voit actuellement l’évacuation des campements de migrants. La zone industrielle est ciblée et la centaine de migrants présents en fait les frais. Le préfet, interrogé dénonce une occupation illicite et dans des conditions précaires. Il voit ainsi en ces évacuations un facteur de restauration de la sécurité dans la région. La quiétude, mais aussi la propreté ne sont pas omises par le responsable. Si elles errent encore dans les rues, nul doute que les populations migrantes reviendront. Le temps pour elles de trouver une nouvelle région vide où installer leurs campements.

Les campements de Calais n’ont pas fini de faire parler d’eux. Les autorités devront donc envisager une solution à long terme pour héberger les migrants de la région. En attendant, le cycle infernal se poursuit. Les populations riveraines espèrent bientôt la fin de ce phénomène dans la région du Pas-de-Calais.

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