Panem et circenses, du pain et des jeux, ce n'est pas tout jeune, çà date du temps des romains, quand une classe de nobles-citoyens manipulait la plèbe (la rome d'en bas). Quelques milliers d'années plus tard, nous n'en sommes guère plus loin. Les affranchis d'alors sont devenus des smicards, maintenus un peu au dessus du seuil de pauvreté, nourris au low cost et sans perspective de s'élever dans l'échelle sociale, ou si peu. Un peu de pain, un peu de rêve, la nouvelle star, le loto ou l'euromillion, et un peu de jeux, téléréalité et pour défouloir les jeux vidéo. Cela suffira-t-il ? Quand vous dépensez en une année ce que certains mettraient plusieurs centaines d'années de dur labeur à gagner ? quand vous étalez le luxe ? quand votre mépris pour la masse ressort à chaque discours ? quand vous continuez à vous gavez quand tous se serrent la ceinture ?
Une fois tous les cinq ans, il faut en passer par le vote de tous ces citoyens de base, pour que l'oligarchie puisse continuer à se gaver en paix. Alors rien n'est trop énorme : contre-vérités permanentes, promesses d'ivrogne à tous les étages, demain on rasera gratis !! Entre la peur (çà pourrait être encore pire, regardez les grecs), les fauses indignations et les promesse qui n'engagent que ceux qui les écoutent, pour qui nous prend-on ? pour des billes, clairement.
Les puissants au pouvoir devraient pourtant méditer quelques leçons de l'histoire : la révolution française, mai 68, le délitement de l'union soviétique, la chute du mur de Berlin, le printemps arabe (même ensuite récupéré par les barbus) montrent une chose : quand le peuple se lève, quand il se met en marche, plus rien ne peut l'arrêter, ni les murs, ni les armes, ni les politiques. Quelques prémices montrent que le peuple commence à s'agiter un peu partout dans les démocraties, émeutes du ras le bol de la vie chère ou des oubliés des banlieues, mouvement des indignés, manifestations de masse non écoutées par les politiques, colère rentrée et désillusions pour la majorité silencieuse.
Attention à la goutte d'eau, attention à ne pas aller trop loin dans le cynisme absolu, qui consiste à prendre à celui qui n'a pas beaucoup pour donner un peu à celui qui n'a plus rien, tout en se gavant juste à côté. Ce système n'est pas soutenable à court terme. Il y a quelque part une goutte d'eau, qui , quand elle va tomber, va tout d'un coup soulever l'océan. Et quand le tsunami du peuple se mettra en marche, rien ne pourra l'arrêter.
Les puissants d'aujourd'hui ne veulent pas écouter la colère du peuple. Ils prennent pour du calme la souffrance muette, la rancoeur et la colère rentrée d'un nombre de plus en plus grands de citoyens qui ne bouclent plus les fins de mois, ne peuvent plus se soigner, n'arrivent plus à aider les jeunes sans travail et les vieux sans retraite. Le tsumani du peuple surprendra tous ceux qui pensent pouvoir faire perdurer l'oligarchie par quelques promesses de printemps, une fois tous les cinq ans. Mais il sera déjà trop tard. Ce sera alors dans le sang et les larmes que le rééquilibrage se fera entre les 99% et les 1% assis sur leur tas d'or et de privlièges.