Une larme...

Le cœur a ses raisons que la raison ignore.

Certes, le rapport annuel de la cour des comptes n'aura plus jamais la même saveur, celle de la réprimande paternelle, sévère mais juste.

Certes, le perchoir de l'assemblée nationale ne sonne plus rond à mes oreilles depuis bien longtemps, cet œil penché, cette autorité blasée, on sait à qui on parle, on connaît le jeu de scène de ce théâtre républicain, mais bon, il faut bien...

Certes, certains visages sont comme certains vins, sans intérêt particulier dans la verdeur, et puis avec les années le caractère et les arômes se développent, on gagne en profondeur, en âme.

Cet après-midi je suis tombée sur les funérailles de Philippe Séguin en direct sur France2 à la télé pendant ma coupure... Et bien j'ai mes yeux qui se sont mis à couler comme des cons, pour je ne sais quelle raison.

J'ai eu l'impression de re-perdre mon père.

Non, plus jamais je ne pourrai aimer le rapport annuel de la cour des comptes, ce que ça va être fade...

Mon premier homme politique préféré c'est Simone Veil, mon deuxième c'était Philippe Séguin.

Dur quand on se sent de gauche, viscéralement de gauche....

Je me sens à moitié orpheline.

Pourtant je l'étais déjà, en théorie...

Le monde politique s'en remettra, mais le monde des hommes, des Hommes, de nous tous, a perdu un être attachant, humain, un Humain.

Je suis triste et je ne sais plus vraiment pourquoi.

Bonne clope m'sieur, RIP.

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