L'ART EN CAMPAGNE - Scènes colères

Les arts et la culture sont attaqués sur leur légitimité autant que sur leurs moyens depuis plusieurs années. Nos graves inquiétudes se changent en scènes colères.

Les arts et la culture sont attaqués sur leur légitimité autant que sur leurs moyens depuis plusieurs années. Nos graves inquiétudes se changent en scènes colères.

Nous attendons :
• qu’un Président de la République issu des rangs de la gauche redonne du souffle à l’ambition culturelle de la Nation, en assumant sa place primordiale dans une société de valeurs non exclusivement marchandes ;
• qu’un gouvernement de gauche replace l’égalité au coeur de ses valeurs et de ses préoccupations, en revivifiant le pacte républicain, notamment par l’accompagnement renforcé de la création artistique ;
• que les ministères de la Culture et de l’Education Nationale travaillent réellement ensemble à inscrire un nouveau déploiement de l’éducation artistique et culturelle, en en faisant un enjeu fort d’émancipation humaine ;
• que les collectivités territoriales et l’Etat mettent en oeuvre une gouvernance partagée, sans céder à la compétition exacerbée par le marketing territorial.

Aujourd’hui, le constat est affligeant. L’art et la culture sont relégués en variables d’ajustement budgétaire, les inégalités d’accès à la culture pour les citoyens continuent de s’accroître, les programmes d’éducation artistique et les moyens dévolus à la réforme des rythmes scolaires
restent le parent pauvre de la politique culturelle, la délégation de compétences que l’Etat peut désormais accorder aux collectivités prend l’allure d’un abandon de responsabilités.
Toutes ces sources de scènes colères ne nous font pas renoncer à oeuvrer pour l’intérêt général. La crise telle qu’on nous la présente n’est pas une fatalité. L’art et la culture sont une réponse efficace au marasme. Avec l’art et la culture, la société peut s’inscrire dans un projet républicain audacieux à l’opposé d’une vision exclusivement économique libérale, refonder ses valeurs humanistes, d’émancipation individuelle et collective.
En 2014, les moyens d’agir ne manquent pas. Une telle concentration de chantiers législatifs, réglementaires et sociaux rend notre époque exceptionnelle.

Nous exigeons :
• le maintien de la clause de compétence générale dans les nouvelles lois de décentralisation et un nouveau pacte reconnaissant la place et le rôle de chacun, Etat et collectivités territoriales ;
• l’aboutissement de la loi d’orientation pour la création artistique, nécessairement accompagnée d’une loi de programmation ;
• la mise en oeuvre d’un plan de développement pour la création et l’éducation artistiques ;
• la pérennisation du régime spécifique d’assurance chômage de l’intermittence par la prise en compte des préconisations des organisations professionnelles basées sur un principe mutualiste et solidaire.

Après les rassemblements « l’Art en campagne » le 13 janvier dans toute la France, une manifestation nationale réunissant les organisations professionnelles aura lieu à Paris le 10 février 2014.

Nos actions s’inscriront à long terme pour continuer à nous faire entendre.
C’est l’avenir de la création artistique qui est en jeu !

Retrouvez le texte aussi sur le site du SYNDEAC

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