Tribune 12 janvier 2026

Blocus à Aubervilliers : nous revendiquons notre droit à l'éducation

Professeurs non remplacés, conditions d'apprentissage dégradées : les lycéen·nes du Corbusier à Aubervilliers, comme dans toute la France, veulent apprendre, réussir et construire leur avenir par le biais des institutions publiques. L'égalité des chances n'existe pas entre la banlieue et Paris. C'est pourquoi, le jeudi 8 janvier, les élèves du Corbusier ont décidé d'organiser une action pacifique.

À la suite de l’action menée le 8 janvier 2026 au lycée Le Corbusier à Aubervilliers, le Syndicat des Lycéens du Corbusier (SLDC) déclare :

Les lycéens et lycéennes du Corbusier à Aubervilliers, comme dans toute la France, veulent apprendre, réussir et construire leur avenir par le biais des institutions publiques.

Mais aujourd'hui, l'école publique manque cruellement de moyens. Cette baisse de moyens financiers vient des gouvernements répétés d'Emmanuel Macron. En effet, il dégrade chaque année l'état de l'Éducation nationale : en 2017, avec la réforme du lycée dirigée par M. Blanquer, et encore actuellement, lorsque Macron et ses ministres baissent le budget de l'Éducation nationale et de la Culture, au profit du ministère des Armées (400 milliards d'euros).

C'est pourquoi, le jeudi 08 janvier 2026, les élèves du Corbusier ont décidé d'organiser une action pacifique, dans le but de revendiquer leur droit à l'éducation et d'alerter sur l'absence inquiétante de professeurs dans le lycée, notamment dans des matières très importantes telles que les spécialités à coefficient 16 au baccalauréat.

Dès 7h du matin, nous nous sommes mobilisés devant le lycée pour faire entendre notre voix auprès du rectorat et avons exigé de nouveaux remplaçants avec des drapeaux, des pancartes, des slogans et des lycéens prêts à se battre pour leur avenir !

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Lycée Le Corbusier à Aubervilliers © Google Maps

Notre mobilisation a également favorisé celles d'instances politiques, comme le cabinet de notre député Bastien Lachaud, qui nous a apporté son soutien à travers une lettre adressée au rectorat de l'académie de Créteil. Agir de manière pacifique et solidaire a donc permis un réel changement au sein de l'établissement, car un jour plus tard, le vendredi 09 janvier 2026, la direction et le rectorat ont trouvé une remplaçante de physique chimie, qui assurera des cours, dès la semaine prochaine.

Dans notre établissement, la situation est devenue insupportable : des professeurs de droit, de spécialité physique chimie et de français sont absents pour des raisons tout à fait justifiées, mais sans remplaçants depuis maintenant plusieurs mois malgré l'approche du bac de français pour les classes de premières et le bac de spécialité pour les terminales. 

L'égalité des chances n'existe pas entre la banlieue et Paris : les professeurs absents ne sont pas remplacés pendant de longues périodes, et cela affecte profondément l'éducation des jeunes du 93 et d'Aubervilliers, sachant qu'à Paris, ils n'attendent même pas deux jours avant de trouver un remplaçant. Cette différence creuse de plus en plus les inégalités entre les jeunes du pays. Notre réussite au baccalauréat et notre éducation sont donc devenues un réel danger pour tous les élèves victimes de ces injustices répétées. Il est donc urgent et nécessaire de faire bouger les choses rapidement.

Alors battons-nous pour notre droit à l'éducation !

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