Le Co-vid nos droits


En usant, d’une heure de soleil, dans une rue désertée par les confinés, j’ai vu ce mot écrit sur un mur blanc : Le Covid vos droits. Je me suis arrêtée, j’ai réfléchis, dois-je prendre une photographie pour saisir cette phrase à l’apparence abrupte. Abrupte ? Mais en ce moment, le soleil nous est alloué une heure, nous nous en sentons pour la plupart privés, il n’est en effet plus de nos droits. Puis, j’ai hésité à faire un cliché du graffiti pour saluer son auteur, mais de peur de passer pour une touriste en pleine terreur ou que la Police ne m’arrête car la case de l’attestation dérogatoire sortie pour photographier le dormant en confinement n’existait pas : je n’ai pas osé, plus précisèment je ne m’en suis pas sentie en droits.
De plus, j’avance avec un foulard de protection à l’extérieur de mon confinement et j’éviterai d’en dire plus sur le masque, n’en ayant jamais cherché dans les pharmacies comprenant que cet objet dépassait largement en ce moment les histoires si aberrantes des plus spéculatives bulles : Les tulipes en Hollande, ou les start-up plus récemment, à la différence prés qu’aujourd’hui, il ne s’agit pas de fleurs mais de la possible possibilité d’être protégés et qui à tous les égards n’a jamais été hélas le droit de tous. Sur le retour de cette heure accordée, j’ai pensé à cette statue exposée au musée d’Orsay ou un être imposant, avec une capeline toute d’un blanc rayonnant, et d’une grande hauteur a la main majestueusement dirigée vers son visage masqué. Ce chef d’oeuvre a pour titre la Comédie Humaine et devant cette sculpture anticipatrice, de moi même et par la même je ne m’autorise pas le droit de polémiquer plus.

Je suis donc rentrée dans mon appartement enfin dans mon lieu de confinement, avec ce leit-motiv en tête : Le covid vos droits. Tout comme la majeure partie de la population désormais nous faisons le ménage dans notre confinement, dormons, faisons l’amour, cuisinons en confinés et comme tous, je n’imaginais pas mon lieu de vie ainsi comme un abris pour confinés, d’ailleurs confinement rime avec baraquement et qui dit baraquement dans l’histoire des hommes dit souvent : privations des droits.
Avant la fin de cette période catastrophique, nous pensons tous à ce que nous ferons de nos premiers temps de non-confinés et j’ai décidé aussi que je reprendrai le serrage de mains, et les embrassades. Ce Covid, hors même que nous sommes dans une société de la bienveillance, celle ou coûte que coûte, il est de bon aloie de faire le bien vers tous même vers les salops, atteint son paroxisme avec ce Covid qui nous interdit la tendresse vers nos aimés, les gestes d’amitié et d’amour vers ceux que nous aimons. Nous ne sommes plus en droits de le faire. Le virus a pour attribut celui de nous l’interdire. Il nous prive de ce droit d’aimer pleinement ce que nous aimons et chérissons et donc de laisser l’amour vivre ce qu’il porte en lui : la vie.
Oui, le Covid vide nos droits.

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