Merci..

Que de mots et de maux échangés, partagés depuis cet appel pour un Exhibit à celles et ceux qui nous inspirent. Que de belles rencontres aussi depuis cette première réunion improvisée un 1er novembre au Centquatre… Une même nécessité nous a lié : le désir de changement.

Que de mots et de maux échangés, partagés depuis cet appel pour un Exhibit à celles et ceux qui nous inspirent. Que de belles rencontres aussi depuis cette première réunion improvisée un 1er novembre au Centquatre… Une même nécessité nous a lié : le désir de changement. Comme le dit si magnifiquement Angela Davis : « I am no longer accepting the things I can not change… I’m changing the things I cannot accept » (Je n’accepte plus les choses que je ne peux pas changer… Je change les choses que je ne peux pas accepter). Comment ? Nous étions Paulin Foualem et moi pour questionner, être dans la proposition, mettre le débat sur la table. Le contre ne nous intéresse pas, pire, nous nous en méfions. Il nourrit l’adversité et porte en lui le piège dont nous avions tous le désir de sortir : l’assignation à une place déterminée, dans les labyrinthes d’un apartheid des imaginaires et des consciences.

L’annulation d’Exhibit B que portait la pétition ne nous intéressait pas. C’était juste un signal d’alarme disant que quelque chose était pourri au royaume d’Elseneur. Malheureusement ce signal d’alarme n’a pas été entendu, et de signal, de prétexte il est devenu un objectif en soi et l’angle d’attaque choisi pour fissurer des forteresses de mauvaise foi, de déni, de mépris, de toute une quincaillerie de trucs assez peu ragoutants composant cette forteresse, connue aussi sous le nom de structures institutionnelles de la République des droits de l’homme.

Nous n’avons pas attendu cet Exhibit pour apprendre qu’il y a du racisme dans ce pays. Ce racisme nous le vivons dans nos métiers, sur les affiches de cinéma, dans les rayons des librairies sectorisés, racialisées : les Blancs qui parlent un français de France, section littérature française et l’escalier de service, section outremer, Afrique ou autres pour les parlants français mais pas de France intramuros. Gallimard la blanche et Gallimard continent noir. Intégrez-vous. Allez à l’école de l’intégration et de la méritocratie républicaine, passez votre bac +5 et s’il vous plait, retournez à votre place, balayer nos rues.

Bref, tout le monde sait ça. Qu’il le veuille ou non. En fonction de sa position y’en a même que ça fait vivre. Expos par ci, expertises par là, ça ne change pas grand chose mais comme disait feu ma tante « qu’est-ce que tu veux que je te dise, dans la vie on n’a pas toujours ce qu’on veut ». Sauf que voilà, entre ce toujours pour certains et le jamais pour d’autres,  il y a un gouffre.

C’est alors qu’ Exhibit B est arrivé à point nommé si je puis dire, pour mettre les pleins feux sur ce gouffre. Ben alors me diront certains, c’est quoi « votre » problème ? On parle bien de la même chose ! Et bien non, de la même chose, oui mais pas du même point de vue. C’est que voyez-vous, nous ne considérons pas le fait d’éclairer le gouffre comme une fin en soi. C’est d’en sortir que nous voulons, pas d’y patauger, aussi esthétiquement éclairés que nous puissions l’être.

C’est ce désir de liberté qui  nous a rassemblé dans ce collectif, noirs comme blancs, femmes comme hommes. Et c’est ce même impératif de liberté qui nous le fait quitter aujourd’hui Jean-Marie Bataille, Paulin Foualem et moi.

Il nous importait avant tout qu’un débat qui refusait jusqu’alors de se faire dans notre société ait lieu. Les digues de certitudes et de bonne conscience se sont enfin fissurées. Nous en sommes heureux. Il appartient désormais à chacune et chacun en son âme et conscience, de prendre la responsabilité de son humanité et d’œuvrer pour une société d’inclusion et non d’exclusion. Cette responsabilité ne peut être qu’intimement personnelle, elle ne saurait être la propriété d’un collectif, d’un parti, de décrets, d’assignation en justice qui se focaliseraient sur des maux.

Dénoncer, n’est qu’une étape.

Notre propos c’est d’énoncer pour…

          

       Myriam Tadessé, pour Qheil

 

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