Les retraites, la COP 25 et le GIEC

La COP 25 s'achève, le moins que l'on puisse écrire est que les français ne s'y sont pas beaucoup intéressés. Cela est en fait sans importance

La COP 25 s'achève, le moins que l'on puisse écrire est que les français ne s'y sont pas beaucoup intéressés. Cela est en fait sans importance, les COP "ronronnent" depuis 25 ans sans aucun résultat, à part des "promesses", des "engagements", des "accords", etc signés sur papier rapidement dégradable et probablement même pas éco. Un autre sujet nettement plus important "obsède" la France des villes et des campagnes, les français vont-ils avoir une "bonne retraite" dans les prochaines années et surtout à partir de 2040, âge "fatidique" pour ceux qui sont nés en 1975 !

Cette inquiétude est bien sur légitime dans notre modèle de société, on y trouve ceux pour qui c'est tout simplement une question de survie, et les autres, divisés en plusieurs catégories mais qui globalement s'inquiètent de garder le même "niveau de vie". Je passe sur la minorité pour qui ces questions d'argent, surtout pour 1000 ou 2000€, sont somme toute assez triviales, voir "mesquines".

Pour ma part, je me pose pourtant une seule question, connexe au montant de nos retraites, qui dans nos décideurs de tout poils, qui nous parlent depuis des années de l'avenir de la France, de l'avenir de son modèle de santé, de l'avenir de son modèle social , de sa préservation et bien sur pour cela, de l'importance des 3%, importance dont ils sont d'ailleurs les seules à connaître la raison, donc, qui dans ces gens-la a pris le peu de temps nécessaire pour lire la dernière version du rapport du GIEC sorti en septembre ?

Je parle bien sur de la version "résumée" qui leur est destinée.

La réponse me paraît évidente, aucun ne l'a lu. Je me permets même d'aller plus loin, ils ne semblent même pas en avoir entendu parler ! L'autre possibilité étant que l'ayant lu et ne voyant aucune possibilité de profit immédiat, il soit passé à la corbeille.

La date de 2040 aurait pourtant du les "titiller" légèrement, car c'est justement la date prévue pour les fameux 2° dont les COP nous parlent depuis des années, ces 2° annonciateurs de la fin du temps. Ou plus précisément de la fin du temps climatique stable et prévisible qui a permit à notre civilisation de passer en 10.000 ans du nomade cueilleur-chasseur à l'homo-informaticus citadin hautement énergivore actuel.

Ont-ils intégré le coût des changements que ces deux petits degrés auront dans le budget de l'état, coût pour la collectivité dont nous faisons pratiquement tous partie, ici, aussi je ne compte pas la minorité qui ne fait déjà plus partie de cette collectivité.

Ont-ils tenu compte des profondes modifications dans le modèle économique et donc dans les emplois qui sont un préalable aux retraites, de ces 2° ?

Il semble clair que la réponse est ici aussi "non", une autre possibilité, en tenir compte les obligeraient à agir dans un sens contraire à leurs intérêts immédiats.

Ne pouvant compter sur nos décideurs au pouvoir, quels sont les choix qui s'offrent à nous ?

Ces dernières années, je pensais naïvement qu'il suffisait de militer pour une prise de conscience individuelle pour que chacun d'entre-nous agissent et prennent volontairement les décisions nécessaires pour initier un changement de paradigme nous permettant de limiter les "désagréments" qui ont commencés. Il semble évident maintenant que j'étais dans l'erreur, les vieilles habitudes sont bien ancrées et les quelques voix qui s'élèvent pour défendre ce mode d'action sont largement couvertes par le bruit des milliards investit par les gagnants du modèle génocidaire actuel, Il faut aussi remarquer que le cri du pot de Palmella est nettement plus appétissant et irrésistible que celui du paquet de lentilles bio.

De plus, soyons lucide, tout les citoyens de la planète, dès qu'ils le peuvent, préfèrent aussi l'odeur du Palmella ou celle d'un morceau de cadavre d'animal bien grillé ! La Chine et l'Inde en sont la preuve, McBeurk et la trash food sont les actuels grands gagnants de la croissance dans ces pays. Internet et le consumérisme de masse consolident également leur règne jour après jour sur la planète avec l'augmentation des besoins en énergie.

Mais pas de panique, nous seront contraint de changer, cela sera de force à défaut d'être de gré, donc, concentrons nous sur ce qui est nécessaire pour amortir un certains nombre de  chocs qui s'annoncent brutaux ?

La brutalité des chocs dépendant de nos actions dans les prochaines années.

Nous n'échapperont donc pas à minima au 5° en 2100, mais cela sera probablement nettement plus, de l'ordre de 7° aux "dernières" nouvelles. Cette augmentation de température, ainsi que les multiples conséquences qui l'accompagneront, est maintenant certaine.

Mais commençons par nous projeter en 2040. Nous en serons donc à +2°. Ces 2° ne vont pas soudainement apparaître le 1er janvier 2040, nous sommes déjà en train d'en ressentir les effets. Cela a peut-être échappé à beaucoup d'entre-nous mais depuis quelques mois, pendant que beaucoup manifestent, nous passons de vigilances oranges en vigilances oranges, avec de fréquents passages en vigilances rouges, nous passons de vigilance canicule et sécheresse à vigilance pluie/inondation. Pendant que j'écris ces lignes, une vingtaine de départements sont en vigilance orange et un en rouge. Cela se passe partout sur la planète. Chaque jour sur la route, quand cela passe à l'orange, nous ralentissons, au rouge, nous arrêtons, or, quand cela concerne le climat, cela semble être l'inverse, notre société, notre modèle de société, accélère de plus en plus malgré tout ces "feux" oranges qui commencent à passer au rouge.

Je n'écris pas ce billet pour crier au loup, "les loups sont déjà entrés dans Paris". Paris, qui accessoirement est une ville condamnée puisque les grandes agglomérations urbaines ne survivront tout simplement pas à ce siècle. Je reviendrai sur cette affirmation dans un prochain billet.

Donc, pendant que nos élites, nos décideurs, le nez dans leurs calculs d'apothicaires, quand cela concerne le citoyen sans dent bien sur, nous expliquent qu'ils vont sauver nos retraites, notre modèle de santé, notre modèle social en général grâce à leurs réformes courageuses et bien évidement indispensables, donc, pendant que nos décideurs continuent avec zèle à défendre leur modèle,  le temps, le climat, se prépare à changer tout ces beaux projets financiers. J'ai un léger doute sur le fait que le climat soit très sensible au dogme budgétaire des 3%.

Mais plus globalement, avons nous tous conscience que les pieds dans l'eau, les coupures d'électricité, etc, liées aux événements climatiques de ces dernières années ne sont que de petits désagréments face à ce que nous annonce le GIEC dans ses derniers rapports ?

"Petits désagréments" que nous subissons déjà et dont l'amplitude ne fera qu'augmenter car quoi que nous fassions maintenant, cela sera pire demain.

Je me propose donc modestement dans mes prochains billets d'aborder quelques points essentiels sur lesquels il est urgent de "plancher" pour répondre à une question simple en fait. Comme nous n'échapperont pas aux conséquences de notre inconséquence, quelles sont les "chantiers" qu'ils faut dès aujourd'hui ouvrir pour sauver ce qui peut encore l'être ?

A commencer par notre démocratie déjà vacillante car l'histoire nous a clairement montré que la démocratie ne résistait pas dans les sociétés "en crise", ne résistait pas dans les sociétés "sous contrainte", or, cette société, nous y sommes déjà.

Je commencerai deux sujets qui me paraissent primordiaux puisque qu'ils concernent tout simplement notre survie, l'énergie et l'alimentation, le second dépendant totalement du premier en fait car si moins de 3% des français travaillent actuellement dans l'agriculture alors que c'était autour de 60% au début du siècle précédent, c'est uniquement du à l'augmentation de la production énergétique convertie en "force de travail". Énergie principalement basée sur le fossile qui offre encore maintenant le meilleure rendement poids/énergie, sans parler du fait que tout les amendements nécessaires à l'agro-industrie sur des sols à l'agonie sont aussi issu majoritairement de la chimie des hydrocarbures pétrole et gaz. Quand à l'agriculture française autosuffisante qui nourrit la France, c'est une affirmation tellement ridicule qu'elle prête à rire ! Le modèle français est non seulement orienté vers l'exportation mais est de plus totalement dépendant d'importations massives pour fonctionner.

En quelques mots, le modèle agricole français "intouchable" et "parfait", dixit la FNSEA,  est déjà condamné et ne résistera très probablement pas aux 20 prochaines années.

Pour l'instant, que cela soit dans le domaine de l'énergie ou de l'alimentation, les actions de nos décideurs sont uniquement orientées dans un sens : "On ne change pas un système qui gagne". Par exemple, le budget de la PAC dans l'UE approche des 60 milliards annuel, cet argent servant principalement à subventionner un système mortifère et sans avenir, l'affirmation que cet argent sert à garantir la sécurité alimentaire des européens est bien sur totalement fausse, cet argent sert principalement au maintien d'un modèle extrêmement lucratif pour quelques gros industriels. Autre exemple, en France, les 120 milliards promis dans les prochaines années pour le développement de l'éolien et du solaire sont une ineptie totale, voir sont même contre-productifs car la construction de ces éoliennes et de ces panneaux solaires, principalement en Chine, génère immédiatement d'énorme quantité de CO2 et nécessite de grandes quantités de matières premières qui commencent déjà à se faire rares. Cela est d'autant plus grave que les sites d'implantations éoliens semblent être choisis "au petit bonheur la chance", où sont par exemple les sites éoliens offshores qui sont pourtant ceux avec le meilleure rendement, ils sont "annoncés" pour l'instant en espérant que les "actions" anti-éoliennes ne les retardent pas. Et quid des hydroliennes, sœurs invisibles des éoliennes, dans le pays qui bénéficient des plus grandes marées dans le monde. La problématique du stockage de ces énergies puissantes mais "aléatoires"et le coût de ce stockage semblant totalement absent des projets.

Quand au remplacement de nos voitures chéries par des modèles électriques, dans l'état actuel de la technologie et avec les ressources disponibles, je vois assez mal comment nous pourrions réaliser cet exploit.

La suite donc aux prochains épisodes dans lesquels je tenterai également de proposer des voies d'actions possibles car se lamenter sur l'immobilisme, voir la collaboration avec les "forces du mal" de nos "décideurs" ne me semblant pas très constructif, l'année prochaine étant une année électorale, si consommer local est une action écologique indispensable, je me demande si la résistance locale n'est pas également une bonne façon de commencer à agir. Certains maires ont d'ailleurs initié le mouvement en prenant des décisions en vue de protéger leurs administrés qui sont aussi leurs voisins, il ne tient qu'à nous d'amplifier le mouvement.

Je remercie les quelques lecteurs qui ont prit le temps de lire ce billet sur un sujet assez peu "médiapartien", et certainement moins "captivant" que les unes du jour, en espérant en retrouver deux ou trois dans quelques jours.

 

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