La leçon des Roms

  Et si l’expérience des Roms était porteuse d’une leçon universelle ? Et si, nous Gadjè, nous avions  besoin de leur présence, autant qu’ils ont besoin de nous, sinon plus? Nous  surestimons notre modèle culturel et de vie, mais, face aux épreuves du monde contemporain, sommes-nous  si certains de sa justesse et de sa pérennité?

 

 Et si l’expérience des Roms était porteuse d’une leçon universelle ? Et si, nous Gadjè, nous avions  besoin de leur présence, autant qu’ils ont besoin de nous, sinon plus? Nous  surestimons notre modèle culturel et de vie, mais, face aux épreuves du monde contemporain, sommes-nous  si certains de sa justesse et de sa pérennité?

Et si, -à rebours du discours dominant oscillant entre rejet et compassion-, nous nous laissions gagner par l’émotion suscitée  par la rencontre « avec l’inépuisable et merveilleux scandale de la présence tsigane » , comme nous y invite  Patrick Williams  dans l’ouvrage collectif Tsiganes : identité et évolution? (1 )

 

Rencontre ratée

Le gouvernement de François Hollande, sous l’impulsion du Ministre de l’Intérieur Manuel Valls, a reconduit la politique d’expulsion menée par le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Certes, les termes du discours ont changé, mais dans les faits la stratégie répressive, à quelques détails près, reste la même (http://www.mediapart.fr/journal/france/290812/roms-la-circulaire-du-gouvernement-pour-anticiper-les-demantelements  ). Lire également l’Appel publié par Médiapart  (http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/110912/roms-la-commune-humanite-bafouee )

 

La présence Rom est appréhendée tantôt comme une question dérangeante, tantôt comme un problème insoluble, relativement aux difficultés pratiques, institutionnelles et politiques, soulevées par  son traitement actuel, - inadéquat à la spécificité rom du fait de sa méconnaissance généralisée qui tient, pour partie, à des difficultés de communication.

Dans un contexte où les malentendus entre Roms et Gadjè vont croissant, espérons que l’initiative  de la Roma Pride (« Mobilisation politique et culturelle, prévue le 7 octobre,  pour dénoncer le racisme et les discriminations dont les Roms sont victimes, et pour l'égalité des droits»), permettra une meilleure connaissance du peuple Rom et de ses revendications ( Ici  sur les blogs de Dianne et Pierre Guerini) 

https://blogs.mediapart.fr/blog/dianne/110912/pour-la-dignite-des-roms-en-europe-roma-pride

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-guerrini/021012/la-roma-pride-fierte-tsiganes-gitanes-manouches-roms ).

Les politiques et les institutions, comme les journalistes, enclins à traiter la question rom uniment sous l’angle du Quart Monde, peinent à circonscrire la situation dans la cité des Roms, avec des conséquences dommageables pour eux, comme pour la société qui les « accueille ». Faute d’une vraie communication entre Roms et non-Roms, les politiques d’intervention, qu’elles  soient répressives ou intégratives, sont vouées à l’échec. Un exemple concret : la scolarité ne va pas de soi pour les familles Roms. Aveuglés par nos valeurs, nous ne comprenons pas que l’Ecole peut être vécue comme une menace d’acculturation négative et de perte d’identité par les parents Roms. La normalisation à tout prix peut constituer une impasse pour les familles Tsiganes tout en leur paraissant pourtant souhaitable. Les Roms ne sont pas contre l’intégration politique et économique, mais en même temps ils veulent préserver leur indépendance. Ils se retrouvent ainsi bien souvent dans des situations de paradoxalité qui ne sont pas prises en compte.

J.-P. Liégeois proposait en 1986 un bilan global (2) de la présence Rom et de son traitement par la société. Rien de ce qu’il constate, ou si peu, n’a changé depuis :

- échec de l’intégration postulée, de l’adaptation dans la coexistence sereine des communautés, relégation de la communauté tsigane ;

- volonté d’exclusion des Roms par les sociétés environnantes, et  en retour, « rejet » des Roms de la politique d’assimilation ;

- attitudes et comportements hostiles à leur égard inspirés et justifiés par les stéréotypes, les préjugés et les fantasmes .

 

La prégnance de la représentation imaginaire à leur encontre et l’ethnocentrisme latent, sinon avéré, des observateurs comme des  travailleurs sociaux et associations, entravent la possibilité d’une vraie rencontre, - et ce quelles que soient les bonnes volontés initiales, de là, de fréquents malentendus, par suite, des conflits récurrents, entre Roms et « aidants ». Rencontre ratée, là encore !

Toute la difficulté dans la compréhension de la présence Rom, comme le souligne P. Williams  (3), est d’éviter de « fabriquer de la différence », pas seulement ethnicisante voire raciale mais aussi, « exotique ou archaïque ». Mieux vaut conserver une vision universaliste dans l’abord des Roms tout en s’incluant dans leur examen. La connaissance de l’autre procède d’une rencontre qui met en présence des hommes tout à la fois semblables et différents. «  Nous refusons de voir, écrit Ph. de Marne (4) que « notre raison » s’oppose à d’autres raisons tout autant « rationnelles » qui se traduisent par une pluralité de cultures, elles-mêmes expressions variées d’une nature, une et identique. L’Homme nu n’existe pas, il est toujours englobé d’un patrimoine culturel qui, s’il se modifie dans le temps en « empruntant » certains éléments rencontrés dans d’autres cultures, se transmet inévitablement selon le principe de récurrence « qui veut que l’on devienne ce que l’on croit être. ». (Roger Bastide, cité par Ph. de Marne).

Les Roms sont inscrits dans le discours dominant comme différence culturelle (plus ou moins radicale selon les groupes), à la fois, de leur fait et du nôtre. D’une part, « la répression se moque bien d’avoir une véritable connaissance des Tsiganes ; ce qu’elle recherche, c’est un discours qui la justifie . » ( P. Williams), de l’autre, les Roms, en réponse aux traitements qu’ils subissent, ont tendance à éviter le contact avec l’extérieur ou donnent une fausse image d’eux, pour se protéger, (Ian. F. Hancok -6-), tout en s’ouvrant sur le monde des Gadjè via le négoce ou les activités artistiques. Nous partageons le même univers spatio-temporel, mais alors que les Roms habitent notre monde, nous ignorons le leur. Les rencontres sont brèves et placées sous le signe de la méfiance réciproque.

 

 

Coordonnées socio-historiques de la situation Rom

La situation de stigmatisation, de précarisation et d’exclusion faite aux  Roms répète et rejoue un destin dont les coordonnées sont socio-historiques. Ce rappel est important.  Il permet de contrer l‘ethnicisation raciale  (ou plus subtil, l’essentialisme à connotation ségrégationniste) qui aujourd’hui contamine les esprits. « On ne peut guère trouver de peuple, (Ian F. Hancok), qui au cours de son histoire, ait, plus que les Tsiganes, subi l’oppression et l’injustice. Depuis leur arrivée en Europe, il y a six siècles, ils ont connu l’esclavage et le génocide, la déportation et la torture ».

 Aujourd’hui, le traitement des Roms, -considérés comme citoyens européens de seconde zone-, s’explique dans le contexte de la circulation des populations dans l’espace de Schengen et en réponse aux problèmes posés aux sociétés accueillantes par la migration roumaine et bulgare. La population Rom est considérée comme une population « à risques » (aux plans sécuritaire et sanitaire), de là, sa gestion par le pouvoir alignée sur une  stratégie préventive musclée : expulser plutôt qu’accueillir les Roms et garantir le respect de la loi par les collectivités locales, en particulier pour les aires d’accueil et le logement,  l’aide à la santé et à l’éducation. Les Roms subissent un contrôle qui peut sembler plus soft que les traitements antérieurs alors qu’en réalité, ce contrôle montre à quel point, nous savons de moins en moins vivre ensemble (Bruno Mattéi), ici http://www.liberation.fr/societe/2012/09/19/de-quoi-les-roms-sont-ils-le-non_847451 . Symptôme des temps précaires, illustré par des dérives inquiétantes, où l’on voit,  aujourd’hui  en France, les pauvres s’attaquer à plus démunis qu’eux, avec l’accord tacite des forces de l’ordre. L’évacuation sauvage, à Marseille, d’un camp Rom par des riverains le plus souvent d’origine immigrée, menacés par la précarité, ne laisse pas d’évoquer, -toutes proportions gardées -, ce que furent les pogroms. Ici

 

http://www.mediapart.fr/journal/france/280912/des-riverains-organisent-levacuation-sauvage-dun-camp-de-roms-marseille

 

http://www.mediapart.fr/journal/france/021012/marseille-les-expulsions-systematiques-de-roms-attisent-les-tensions-avec-la-p?onglet=commentaires

 

 

Le contrôle des Roms par le gouvernement français est appuyé sur la législation, nous assure-t-on en haut lieu, et légitimée par elle. Or ce traitement des Roms par la législation est une constante tout au long de leur histoire. La survie migratoire a façonné leur mode de vie et leur organisation sociale. Ce sont des mesures législatives qui ont poussé les Roms, groupes sédentarisés au départ en Europe, en Perse et dans l’Empire Byzantin, à devenir migrants (Ian F. Hancok). Ainsi, les Roms sont arrivés «  pour la première fois en France en 1866 », suite « à la parution en 1856 dans les principautés roumaines de la dernière loi de libération des  Tsiganes encore esclaves. » (Ph. de Marne).

Le mythe tsigane d’un peuple nomade est doublement motivé. Il s’est forgé dans l’après-coup des mesures juridiques, visant à l’expulsion ou à l’enfermement, ou à l’inverse, à la libération des groupes et à l’ouverture des frontières, ou encore, à l’assimilation forcée. Hier comme aujourd’hui, ce mythe sert  de prétexte aux sociétés d’accueil (société de passage et de triage serait une formule plus appropriée), pour se débarrasser des populations roms. Le nomadisme du peuple Rom est donc une conséquence de l’obligation de s’adapter à la loi laquelle le plus souvent joue contre eux. Les Roms migrent pour survivre, suite aux conditions qui leur sont faites à chaque changement politique ou législatif les concernant.

 

Paradoxalité de la présence rom

 

«  Nous, nous appelons rom, ça veut dire homme. »  « Notre langue, c’est le romani. Les Tsiganes du monde entier le parlent » ,- langue apatride, -diversifiée en multiples parlers, de l’Europe à l’Afghanistan-, à l’image de ses locuteurs migrants dont « l’univers » est « le monde dans sa totalité », (Philippe de Marne, Patrick Williams).

C’est à partir de leur situation séculaire de paria (6) et d’apatride, que leur perception du réel (temps, espace et relations sociales) s’est façonnée et que le peuple Rom a développé une adaptabilité remarquable dont témoignent ses inventions culturelles et sociales. Sans compter que les Roms, par leur présence pérenne et le dépassement des épreuves infligées, témoignent d’une capacité de « résilience » exemplaire. Souvenons-nous que ce peuple bouc-émissaire a connu la déportation dans les camps nazis dès 1942 et les massacres en Pologne et en Europe centrale, perpétrés jusqu’en 1944.

 

La présence Rom au cœur de sociétés hostiles se présente comme un paradoxe, certes, mais pragmatique. Elle se constitue  comme une suite de stratégies défensives variables, entre répétition et nouvelles formes, à l’aune des traitements qui leur sont imposés. Soumis à des injonctions normalisatrices (intégratives ou sécuritaires) les Roms ne peuvent ni y souscrire, ni leur désobéir, raison pour laquelle ils les contournent, en particulier en négociant, ou si ce n’est pas possible, en se soustrayant aux contrôles.

Les Roms, un peuple fantôme ? Oui, parce que nous ne voulons, ou ne savons pas les voir. Non, parce que pragmatiques, ils savent habiter notre territoire et « s’infiltrer dans les interstices des procédures et des institutions et remettre en cause les organisations hiérarchiques, les découpages institutionnels », quand « ils sont en butte à des tentatives de contrôles de gestion et de traitement. » (Jacqueline Charlemagne, 7). Ils savent également  détourner les préjugés à leur profit : «  Jeteurs de sorts (…), sorciers, devins… Certains Gazè sont d’une telle supestition ! dira Rosa déjà très expérimentée à l’âge de 15-16 ans dans l’art de la « bonne aventure ». » (Ph. de Marne)

 

 

Une présence à géographie (et géométrie) variable

Le peuple Rom et les Gadjè ne parlent pas le même langage, ne partagent pas les mêmes valeurs bien qu’ils co-existent sur le même territoire depuis des siècles, du fait de  la singularité culturelle, plus sociale, -conjoncturelle et structurelle-, qu’ethnique ou raciale, comme de la diversité de ses groupes et des langues parlées; singularité et diversité qui compliquent l’appréhension de la présence Rom en France.

 Les Roms (groupes et familles), ne se bornent, ni à se fixer sur le territoire français, ni à migrer continûment : les aller-retour d’un pays à l’autre, sont une des spécificités du peuple Rom, en quelque sorte flexibilité territoriale. Ils ont leurs repères familiaux en Roumanie ou en Bulgarie, (villages, cimetières), et migrent pour tirer profit des ressources contingentes que leur offrent les territoires d’accueil, -environnements de subsistance. L’organisation sociale rom est liée au problème des ressources économiques et à la gestion des conflits au sein d’un même groupe (Ph. de Marne). Le seul territoire authentiquement Rom est la famille ( A. Reyniers, 8) mais celle-ci constitue également un territoire labile, au gré des alliances qui se font et se défont, et des circonstances liées à l’environnement d’accueil.

Où l’on voit que les stratégies propres au peuple Rom sont aussi subtiles que pragmatiques, loin de l’idée de socialité « primitive » ou clanique que l’on s’en fait. Elles tiennent compte de la nécessité de s’adapter à des  situations d’exclusion et de précarisation mais aussi de trouver une issue aux situations conflictuelles inter et intra-groupales. 

 

Communauté Rom : des "peuples-résistance"

L’endurance, la capacité à supporter des contraintes, qu’elles  soient physiques, morales, économiques, politiques, la résistance à l’assimilation comme à l’exclusion, l’affirmation d’une identité plus culturelle (mode de vie) qu’ethnique, la capacité d’adaptabilité, et l’immuabilité de la présence rom, témoignent du dynamisme d’un peuple, trop souvent défini comme Quart Monde ou réduit à l’imagerie exotique.

Les Roms, en tous leurs groupes divers, forment un peuple dont la résistance est remarquable. Leur adaptabilité et leur mobilité ont garanti tout au long des siècles leur  immuabilité. Cette immuabilité (P. Williams), -malgré  les aléas de l ‘Histoire et les contingences  politiques et économiques conditionnant leur sort-, témoigne d’une incroyable résistance à l’exclusion, au rejet, à la misère, mais aussi, et à l’inverse, à la normalisation à tout prix, l’assimilation, dont maints tsiganologues notent à quel point elle peut être facteur de précarisation, à rebours de sa visée intégrative de départ. (Jacqueline Charlemagne)

 

Le caractère fondamental de la situation des tsiganes, est  d’être présents en nous  (P. Williams). Malgré la place de paria, imposée par la société globale au peuple Rom, celui-ci a su perdurer sur nos territoires et dans notre Histoire. L’ethnographie judiciaire française laquelle a « contribué à l’élaboration des topiques de la figure Tsigane dans la mentalité collective par le jeu des interrogatoires » (Henriette Asseo, 9) atteste  par ses archives de la fixité de la présence Rom. 

Pourtant, face à cette présence-résistance, les Gadjè ne font guère preuve d’altérité .

« L’altérité est un témoignage de compréhension de la particularité de chacun, hors normalisation, individuellement ou en groupe.

L'altérité implique une relation laïque, accueillante, qui s'associe au métissage des cultures, éloignée de la notion de tolérance. L'altérité est étroitement liée à la conscience de la relation aux autres en tant qu'ils sont différents et ont besoin d'être reconnus dans leur droit d'être eux-mêmes et différents. »

 

( http://fr.wikipedia.org/wiki/Altérité )

 

Présence à la fois inquiétante et familière, socialement à rebours de nos valeurs sédentaires ; par exemple sur l’éducation très peu directive, source de bien des malentendus entre parents Roms et travailleurs sociaux (10)

La présence Rom est  résistance à tout ce qui s’oppose à son indépendance laquelle doit être prise en compte et ne pourra être respectée que si la société d’accueil accepte de  laisser s’organiser les groupes Roms, entre nomadisme et sédentarisation, les laisse travailler dans ces métiers qui garantissent leur mobilité et leur sens des affaires, pour ne donner que deux exemples.

Pour que la question Rom puisse  donner lieu à des réponses justes et respectueuses, encore faudra-t-il oser penser les malentendus et se laisser enseigner par cette présence singulière, en particulier au titre de sa  paradoxalité sociale et culturelle, entre adaptabilité et immuabilité, évolution et identité stable, nomadisme et sédentarisme, trauma et résilience. Le modèle culturel Rom subvertit les normes sédentaires, comme tel sera toujours plus ou moins dérangeant, voire, considéré comme « problématique ». Les plus intégrés et sédentarisés des Tsiganes restent  avant tout des Roms, - « hommes » d’un peuple de résistants  qui a su inventer des solutions originales pour survivre, ici comme ailleurs, maintenant comme hier.

« Faire l’histoire des Tsiganes, c’est (…) tenter de montrer comment à chaque période historique le groupe tsigane est parvenu à perdurer en constituant des formes d’acculturation en politique de la survie…

(…)

Bien malin celui qui veut prédire ce que sera la culture des Tsiganes demain, car voici le paradoxe essentiel : la reproduction du groupe tsigane en tant que formation anthropologique est assurée par une combinaison entre le fait répressif, le mythe et les stratégies des familles. Ce ne sont ni le nomadisme (…), ni la langue (…), ni les origines indiennes (…) qui cimentent l’identité et garantissent la survie du groupe.
C’est d’être à chaque moment historique ce qu’il est juste possible d’être. 
»  (Henriette Asseo)

Hommes des chemins et des routes, aujourd’hui des grands axes, les Roms sont à la fois partout chez eux et chez eux nulle part, sauf à l’heure de leur mort. « Le Rom ne trouve sa place que lorsqu’il meurt, dans la tombe, qui est comme un corps et qui seule peut arracher du cœur du Rom cette souffrance qui éternellement le fait trembler comme une feuille au vent. » Andric, poète Rom (11).

Serions-nous capables d’une telle résistance dans les conditions souvent extrêmes qui sont les leurs?

 

« Se traiter mutuellement en hommes »

Reste à parier sur  « la mise entre parenthèse des valeurs de chacun »  (Ph. de Marne) Roms et Gadjè, pour faire exister, sur la base du dialogue, la construction de relations, à la suite, la possibilité d’alliances contractuelles.

Les Roms par leur mode de vie et leur façon d’être au monde témoignent que l’humanité est riche de sa diversité et de ses échanges, à rebours des idéologies essentialistes, voire raciales,  du repli sur soi et de la peur de l’autre. Inviter à la rencontre entre les peuples peut sembler utopique surtout en temps de crise. Or comme nous y invite Roger Bastide, cité par A. Bourdin et M. Hirschhorn (12), pourquoi ne pas essayer de se traiter les uns les autres mutuellement en hommes, c’est-à-dire comme des êtres qui ont la même âme, la même intelligence et le même cœur» ? Pour aussi simple que soit son énoncé, ajoutent les deux auteurs, ce programme reste le seul vraiment clair et le plus difficile.

 

 

Références (Tsiganes : identité, évolution)

 

1-Tsiganes : identité , évolution, ouvrage collectif, textes réunis et présentés par Patrick Williams, Syros, Alternatives, Actes du colloque pour le trentième anniversaire des Etudes Tsiganes, 1989. Citation extraite de l’introduction au colloque, présentée par P. Williams.

2- Jean Pierre Liégeois, « Formation, leadership, mutation : quelques réflexions sur un contexte ».

3- Patrick Williams,  -Introduction au colloque, « Dans le lieu et l’époque ».

4- Philippe de Marne «  le récit autobiographique : images de soi et réalité d’autrui »

5- Ian F. Hancok, « La fonction du mythe tsigane »

6- Ian F. Hancok, The Pariah Syndrome, 1986.

7- Jacqueline Charlemagne, « Les Tsiganes en France : face aux normes sédentaires ».

8- Alain Reyniers, « Le nomadisme des Tsiganes : une attitude atavique ou la réponse à un rejet séculaire ? »

9- Henriette Asseo, « Pour une histoire des peuples-résistance ».

10- Bernard Formoso,  « Education, production, identité : le cas d’une communauté tsigane sédentaire dans le Sud de la France », voir la partie, « De la sollicitude maternelle à la sollicitation des Gadjè »

11- Rajko Djuric, « Les Rom dans la littérature et la poésie », article en langue romani, traduction : Marcel Corthiade.

12- Alain Bourdin, Monique Hirschhorn,  « Nomades et sédentaires : comment construire la relation ? », -citation : Roger Bastide (1971), Anthropologie appliquée.

 

 

 

 

 

 

Rappel : « L’ethnocentrisme est un concept ethnologique ou anthropologique qui a été introduit par Claude Lévi-Strauss. Il signifie la « tendance, plus ou moins consciente, à privilégier les valeurs et les formes culturelles du groupe ethnique auquel on appartient »1. Une autre définition restreint l'ethnocentrisme à un « Comportement social et [une] attitude inconsciemment motivée »2 qui amènent en particulier à « surestimer le groupe racial, géographique ou national auquel on appartient, aboutissant parfois à des préjugés en ce qui concerne les autres peuples »2. L'ethnocentrisme peut se trouver aggravé par la pensée raciale. »

Définition Wikipedia

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ethnocentrisme

Blog indispensable sur l'actualité rom, celui de Philippe Alain http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/300812/apres-lingerence-humanitaire-la-france-invente-lexpulsion-humanitair

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