Martine Straschitz, "Ceci & cela"

Pages prélevées dans le journal d’une « aveugle qui essaie d’y voir quelque chose » sur son chemin dans la peinture. Rien de plus. Rien de moins.

"Martine aime bien se définir comme une bris-colleuse.

Elle glane parfois des petits bouts de bois flotté sur les plages de Contis pour donner vie à des sculptures d’art primiti-naïf.

Elle glane souvent dans sa maison-atelier de vie des fragments de graphisme et de couleur découpés dans ses peintures et dessins « ratés ».

Autodidacte, elle n’a jamais « appris à peindre » et pourtant sa vie est emplie de peinture et d’œuvres reprises et transformées pendant parfois plusieurs années. Périodes et séries rythment sa création produite avec des moyens simples : peinture acrylique, encre de Chine, pastel, ruban adhésif, bois, papier, toile, agrafe, coton, gant jetable, etc.

 

La peinture revendiquée comme « art idiot » (clin d’œil à Jean-Yves Jouannais) et comme mode de vie. Comme soutien aussi, pour tenir le coup quand le destin vous brise.

La peinture est sa mémoire, sa madeleine, celle qui l‘aide à résoudre des problèmes, celle avec qui elle joue à un jeu très sérieux où le hasard se mêle à la danse, à la musique et au théâtre des gestes.

L’espace pictural est un « lieu à soi », un laboratoire à fantasmer les formes et les couleurs, un « endroit où agir », un « espace où traquer les indices de l’indicible ».

Au début, « on ne voit rien » puis le regard s’aiguise et une petite musique se met en route pour commencer le voyage et faire signe.

 

Née en Bourgogne en 1955 dans une famille où l’art était absent, Martine va pourtant y plonger dès l’adolescence, ce qui l’aidera à surmonter la maladie, entre autre. Etudes d’infirmière, de psychologue et plus tard d’art-thérapeute jalonneront ses années d’apprentissage.

C’est en Inde qu’elle rencontrera son âme-sœur, Franck, aujourd’hui disparu, « artiste sans œuvre », passionné comme elle d’art, traducteur de tout et d’art surtout. Ensemble, pendant 33 ans, ils vont nourrir et créer leur chemin dans la peinture, d’abord dans une petite maison de campagne normande de l’Oise puis à Contis. Son compagnon hante sa peinture, des petites filles d’antan aussi.

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Les influences et les phares dans l’art sont pour elles innombrables. Elle aime citer Alechinsky, Bellmer, Calle, le mouvement CoBrA, Dado, Deleuze, Klee, Matisse, Michaux, Motherwell, Picasso, Rustin, Voss et tant d’autres qui la passionnent et emplissent sa bibliothèque d’ouvrages devenus rares.

 

Depuis 45 ans qu’elle peint, elle a beaucoup exposé seule ou en groupe, parfois en galerie, souvent dans des expos collectives d’été. En cette fin d‘année 2017, elle propose un parcours glané dans son œuvre au café de la Smalah et à la bibliothèque de Saint-Julien en Born, du 15 novembre au 15 décembre.

 

« L’art est quelque chose de très dérisoire mais d’une force et d’une importance dingue » dit-elle dans le documentaire que lui a consacré Claude Jacquot en 2013 et qui sera projeté à l’occasion du vernissage, le jeudi 16 novembre à 18h à la Smalah."

Jean-Pierre Garbisu

 © M. Straschitz © M. Straschitz
 

 

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