J'ai pas changé de bord, un film de Christian Blanchet.

J'ai pas changé de bord, un film de Christian Blanchet




J'ai pas changé de bord, 

un film de Christian Blanchet

Présentation par Christian Blanchet :

« J'ai pas changé de bord. C'est un film, un long métrage documentaire. C'est du cinéma puisqu'il sort en salle. Tout est dans le titre, ou presque.

 Le titre indique d'emblée un cinéma dont on dit qu'il est à la première personne. Je m'adresse à vous, spectateurs ; mais pour dire quoi ? Pour dire un être au monde dans lequel (c'est tout le pari du film) chacun devrait se retrouver, se projeter. Je suis bientôt sexagénaire, appartenant de facto à cette génération des années soixante-dix fortement politisées. Je m'intéresse à la politique - je l'aime, oserais-je dire. Depuis l'adolescence, la politique n'aura eu de cesse de m'accompagner - de m'occuper. 

La politique est un langage à elle seule, un beau langage. Elle se nourrit de ces mots qui emportent le monde. La politique se doit de transcender le réel. Elle délire le cas échéant, nie la réalité. C'est sa force de conviction qui importe. Il faut y croire. Croire : le mot est lâché. La politique aurait quelque chose de religieux - au moins dans son fonctionnement. Elle aurait donc à voir avec l'Enchantement. C'est qu'il faut se raconter une histoire du monde, ou des histoires, pour faire de la politique. 

J'ai pas changé de bord a pour décor la ville où j'ai vécu mon adolescence. Ceux avec qui je l'ai partagée sont symptomatiquement les "personnages principaux" du film. Avranches, en Basse-Normandie, pour moi/nous, représente le lieu de l'Enchantement où s'entrelacent adolescence et politique. L'adolescence n'est plus. Reste la politique ; elle est toujours là, mais désenchantée. L'idéal s'est couché devant le vote utile, l'idéologie devant la stratégie. J'ai pas changé de bord c'est un peu un voyage au pays du Désenchantement - on en sort un peu rincé, pardon. C'est une sorte de carte postale, non sur un moment mais une durée, celle des années Sarkozy. Le film commence avec la défaite de Ségolène Royal, et se termine avec la victoire de François Hollande. Mais quelle victoire ? La fameuse banalisation du Font National est là ; l'expression journalistique aseptisée s'incarne sous nos yeux ouverts, par le cinéma ; il faut cinq ans pour cela, pas moins.

J'ai souvent pensé à Heimat, la terrible série d'Edgar Reitz. On y voyait, par le cinéma, Hitler enivrant le peuple. Et si c'était ça, le phénomène Marine Le Pen ? Une stratégie de "réenchantement" d'un peuple désenchanté (par tant de pratiques politiques mensongères). Une stratégie retorse et dangereuse, déclinant jusqu'à l'écoeurement la haine de l'autre, le repli sur soi. On est bien loin du lyrisme de l'adolescence, mais cette fois, loin du lyrisme tout court. »

Christian Blanchet

Après des études en sciences économiques peu convaincantes, Christian Blanchet quitte sa Basse- Normandie pour « monter » à Paris et y faire du cinéma. Nous sommes en 1980. Il s’inscrit à la faculté de Paris 8 ex Vincennes, nouvellement Saint-Denis, où il fait la rencontre de l’école des « Cahiers » (du cinéma), revue à laquelle jusqu’alors il ne comprenait pas grand chose. C’est donc tout naturellement qu’à son tour il se tourne vers la critique. Il collabore à une revue, aujourd’hui disparue, « Cinéma ». Avec un « Claude Chabrol » aux Editions Rivages, il clôt sa période « critique ». Nous sommes en 1990. Il réalise un premier court métrage, Comédie Musicale, avec Ann-Gisel Glass et Michel Bompoil, grâce à une aide du CNC. D’autres films suivront. Il réalise un premier long métrage documentaire, toujours grâce au CNC, Après l’invitation. Lui et ses anciens copains de lycée atteignent la quarantaine, l’occasion pour eux de faire un premier bilan. Nous sommes en 2000. Christian Blanchet se tourne résolument vers le documentaire dit d’auteur, un choix en partie motivé par des coûts de production moindres et une difficulté croissante à convaincre le CNC. Avec J’ai pas changé de bord, il reprend les « personnages » de Après l’invitation pour cette fois s’intéresser à la politique...

 

Filmographie

2013            J’ai pas changé de bord (long métrage documentaire)

2010            Le Hors Champ de l’Histoire (documentaire)

2009            Un vent nouveau (documentaire)

2006            La problématique du toaster (fiction - moyen métrage)

2000            A la mi- août (documentaire)

1999            Après l’invitation (long métrage documentaire)

1995            L’annonce faite aux comédiens (fiction - court métrage )

1991            Comédie Musicale (fiction - court métrage )

 

Dossier de Presse http://jaipaschangedebord.fr/wp-content/uploads/2014/03/DOSSIER-DE-PRESSE-JPCDB.pdf

Extrait :

Si tu ne t’intéresses pas à la politique, la politique s’intéressera à toi. » Autrement dit : tu es de toute façon un « homo politicus ». Ou encore : « Si tu crois pouvoir penser par toi-même, sache que ta pensée dépend de la société à laquelle tu appartiens. »

-Oui. Et sur un versant marxiste : « Quoi que tu penses, tu penses comme la classe sociale à la- quelle tu appartiens, car tu appartiens toujours à une classe sociale. » J’ai pas changé de bord rappelle à qui ne veut plus l’entendre que la politique reste et restera déterminante. Non seulement on ne peut pas passer à côté de la politique, mais surtout qu’il ne faut pas passer à côté d’elle. J’ai pas changé de bord loue le militantisme, l’acte citoyen, dénonce les limites du « vote utile ».

On sait qu'aller au cinéma à la séance de 13:00, c'est compliqué, impossible pour certains à qui cependant il reste le week-end... Pour se faire une idée,

article de J.F. Rauger à lire en intégralité ici:

http://jaipaschangedebord.fr/chronique-dun-desenchantement-par-jean-francois-rauger/

Si vous voulez vous faire une idée sur le film vous pouvez écouter ce qu'en dit André Labarthe :

http://jaipaschangedebord.fr/andre-labarthe-presente-jai-pas-change-de-bord-au-saint-andre-des-arts-le-19-mai-2014/

ou Patrick Leboutte :

http://jaipaschangedebord.fr/patrick-leboutte-parle-de-jai-pas-change-de-bord-video/

ou encore l’article de Vincent Ostria dans l'Humanité :

http://jaipaschangedebord.fr/lapresse/

 

Où voir le film ?

http://jaipaschangedebord.fr/ou-voir-le-film/


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