M. Désir aime le risque...

En déplacement à Limoges hier, le patron du PS Harlem Désir s'est fendu de déclarations teintées d'une grande volonté de prendre des risques. 

En gros, il a d'une part appelé le gouvernement à prendre des "mesures d'assainissement politique". Bizarre cette idée, tout va pourtant si bien en ce moment... Et d'autre part, il a appelé à organiser un référendum sur la mise en oeuvre des réformes de moralisation de la vie politique, voulues par papa François  dans son programme de campagne. Et ce un peu avant la publication dans Le Monde d'une tribune signée de dix députés PS, appelant non à un référendum sur une question générale, mais sur des questions multiples telles que le contrôle du patrimoine, le cumul des mandats, le droit de vote des étrangers, etc...

Tout ça juste pour éviter qu'un référendum sur une question générale se transforme en un "pour ou contre le gouvernement ?" En voilà une belle prise de risque de la part de M. Désir et de ses amis ! Vu l'onde de choc du compte secret de M. Cahuzac et de son petit mensonge, de la droite qui était au courant de ce compte secret avant de perdre le pouvoir mais a laissé faire - selon des révélations publiées ce jour dans Libération... -, ou encore du trésorier de campagne de papa François actionnaire de compagnies offshore, il y a très peu de chances que les Français répondent "Non" à une question générale du genre "Voulez-vous  que nous prenions des mesures visant à moraliser la vie politique ?" Allez, on peut prendre le risque ! 

Et un petit référendum sur des questions essentielles pour l'emploi comme le pacte de compétitivité, ou l'Accord National Interprofessionnel - dicté par le Medef et signé par seulement trois centrales syndicales - sur lequel discutent en ce moment les députés en profitant bien du fait que l'attention soit attirée par la haine déversée quotidiennement sur le petit menteur ? Ce ne serait pas une belle prise de risque ? 

"Non !", répond-on au PS et même à droite, pour une fois d'accord avec la majorité. "Sur ce point, les Français ne savent pas ce qui est bon pour eux. Et d'ailleurs, le Medef nous a interdit ne serait-ce que d'imaginer l'idée d'un référendum !

Prendre des risques, oui, mais pas trop risqués quand même...

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