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Billet de blog 16 mars 2013

Violences faites aux femmes : l'ONU sans se presser

Tanguy Allard
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Grande nouvelle pour les femmes de ce monde ! La 57e session annuelle de la Commission de l'ONU sur le statut de la femme a accouché d'une déclaration dénonçant les violences faites aux femmes. Il aura fallu 57 années à cette commission pour pondre un texte aussi élémentaire ? La grande efficacité onusienne nous fera toujours rêver...

Et encore, il s'en est fallu de peu pour que ce projet échoue, tout comme il avait déjà capoté en 2003. Tout ça pour deux raisons. D'une part, à cause d'un paragraphe qui y souligne qu'"aucune coutume, tradition ou considération religieuse" ne peut justifier les violences faites aux femmes. Ce qui n'a, bizarrement, pas plu à des Etats comme l'Iran, la Libye, ou encore le Soudan, pourtant connus pour être de grandes démocraties progressistes, non ? Et d'autre part à cause de positions, dans les domaines des droits des lesbiennes et tout simplement des... droits sexuels des femmes, trop avancées semble-t-il pour des Etats comme l'Iran (encore !), la Russie ou... le Vatican, pourtant si connus eux aussi pour leur grand progressisme...

C'est vrai quoi ! Si on ne peut plus mettre une légère trempe à sa femme parce que la bouffe n'était pas bonne, si on est obligé de lui demander son avis quand on a envie de tirer un coup, et si - comble de l'horreur - il faut accorder des droits aux lesbiennes, on va dans le mur ! Ce serait la "déchéance totale de la société", comme l'on si joliment dit les très humanistes Frères musulmans égyptiens.. Il ne manquerait plus qu'on interdise l'excision en Afrique et ce serait la fin de tout ! 

Bref, au bout de deux semaines de palabres et de négociations acharnées, les représentants des 193 Etats membres de l'ONU ont réussi à se mettre d'accord sur une déclaration finale, les uns en modérant leurs velléités sur les droits sexuels des femmes et les droits des homosexuelles, les autres en acceptant de surmonter leur propension à considérer la femme comme un vulgaire objet.

Deux questions subsistent.

- Si les occidentaux ont modéré leurs attentes et pour que l'Iran, la Libye, le Soudan, la Russie ou encore le Vatican aient accepté de signer, que reste-t-il dans ce texte ? L'engagement de ne plus frapper trop fort ? 

- Question corollaire : sachant que la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée en 1948 aux lendemains de la guerre, a encore beaucoup de mal à être appliquée dans certains pays - souvent les mêmes que ceux qui avaient des réticences à signer la déclaration sur les femmes, comme c'est étrange ! - qu'en sera-t-il de cette déclaration sur les violences faites aux femmes, qui a mis 57 années à venir ? 

Les misogynes, machos et autres mâles dominants de ces pays ont encore de beaux jours devant eux...

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