La race disparaît, pas le racisme...

On y est ! L'Assemblée vient d'adopter un nouveau texte qui va dans le sens du progrès. Certes, la vie de la population, de plus en plus fragilisée par la crise, ne s'en trouvera pas améliorée d'un fifrelin, mais on se réjouit comme on peut.

On y est ! L'Assemblée vient d'adopter un nouveau texte qui va dans le sens du progrès. Certes, la vie de la population, de plus en plus fragilisée par la crise, ne s'en trouvera pas améliorée d'un fifrelin, mais on se réjouit comme on peut. Ce nouveau texte supprime le mot "race" de la législation (code pénal, code de procédure pénale, code du travail...). 

A une exception près cependant, l'exception qui confirme la règle comme on dit. Un amendement à l'article premier du texte stipule effectivement que "la République combat le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie. Elle ne reconnaît l'existence d'aucune prétendue race". "Race" reste donc présent, mais c'est pour la bonne cause : ne pas faire disparaître l'incrimination de racisme. 

Ah parce que le racisme ne disparaîtra pas en même temps que le mot "race" dans les textes ? Mince alors, qui l'eût cru ! Sommes-nous donc naïfs tout de même... Cette loi là, pour être symbolique, elle est symbolique ! Quel courage !

Faire adopter en même temps le droit de vote des étrangers aux élections locales avant les prochaines municipales (mars 2014) aurait été beaucoup plus concrat, non ? Et au moins aussi courageux. Soyons fou, allons même jusqu'à dire que cela aurait été plus courageux...

Peut-être nos gouvernants n'ont-ils pas voulu pousser le courage jusqu'à réveiller le racisme - qui, donc, n'a pas disparu en même temps que le mot "race" - en adoptant ce type de mesure.

Peut-être ont-ils voulu attendre que l'homophobie, réveillée par la "Manif pour tous", se rendorme...

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