Peillon cherche les crosses...

Il paraîtrait que notre ministre de l'Education Nationale se serait prononcé pour la réduction des vacances d'été à six semaines, et la division de la France en deux zones lors de ces mêmes vacances...

(lemonde.fr, 24 février 2013, http://abonnes.lemonde.fr/education/article/2013/02/24/peillon-preconise-six-semaines-de-vacances-d-ete-avec-deux-zones_1837978_1473685.html )

 

Alors, Mr Peillon n'a pas assez de la réforme des rythmes scolaires hebdomadaires dans les écoles primaires  ? Voilà effectivement quelques temps que Mr Peillon a annoncé la remise en place de la semaine de quatre jours et demi dans les écoles primaires, au lieu des quatre jours remis en vigueur sous le gouvernement précédent, applicable en 2013 ou 2014, selon les décisions municipales. 

On le sait, cela a eu le don d'exaspérer les enseignants du primaire, qui ne se sont pas gênés pour le faire savoir ces dernières semaines, par des grèves et des descentes dans la rue. Cela ne contrariait pas forcément les enfants du primaire, pas forcément encore aptes à comprendre qu'on les fait changer de rythme. 

Mr Peillon a dû considérer qu'il n'y avait pas encore assez de monde comme cela à son goût dans les rues. Les manifs étaient effectivement un peu faiblardes... Ne voulant pas être à la traîne par rapport à ses prédécesseurs, il a eu cette idée des six semaines de vacances estivales pour tout le monde. Et quel argument a-t-il utilisé ? Le bon, vieil argument allemand bien entendu ! Ces petits Allemands qui vont à l'école 40 semaines, contre 37-38 pour les petits Français. Le bon vieil argument allemand qui sert à faire passer n'importe quelle réforme en France. Heureusement qu'ils sont là, on ferait comment sinon ? 

Eh bien pas de souci, les gamins des collèges et des lycées ne se gêneront pas pour dire qu'ils ne sont pas contents ! Et il se pourrait même qu'il y ait plus d'élèves dans la rue que d'enseignants. Mr Peillon pourra ainsi se vanter d'avoir grandement innové par rapport à ses prédécesseurs qui n'avaient, jusque là, réussi qu'à faire sortir les étudiants...

Pas fou, Mr le ministre a précisé que les discussions sur la période estivale n'auraient pas lieu avant 2015. Cela lui laissera le temps de prendre la température. Pas sûr qu'il lui faille autant de temps pour savoir qu'elle sera très élevée, une fois que les collèges et lycées seront en flamme...

Plus sérieusement, il ne faut pas oublier que, derrière ces déclarations fracassantes, il y a toute une réforme en profondeur que M. Peillon cherche à mettre en oeuvre, composée de mesures autrement plus importantes et même plus graves que ces gesticulations sur les rythmes scolaires. On croirait presque que M. Peillon cherche à fixer l'attention du monde sur des sujets de moindre importance pour avoir les mains libres sur tout le reste... Non ?(lire aussi : http://boufcemon.blogspot.fr/2013/02/rythmes-scolaires-seulement.html )

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