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Toujours tenter, derrière les symptômes, d'identifier la maladie ; derrière les faux-semblants, la réalité (Louis Pasteur).
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Billet de blog 1 sept. 2022

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C'était une impasse historique

L'Histoire ne dira jamais si le projet de Mikhaïl Gorbatchev...

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          L'Histoire ne dira jamais si le projet de Mikhaïl Gorbatchev, celui de transformer l'Union soviétique, eût pu être mené à bien dans d'autres circonstances. Au lendemain de sa disparition, nous jetterons sur le papier ces quelques lignes.

  Homme de réforme, artisan de la paix et du désarmement – il reçut pour cela le Prix Nobel de la Paix en l'an 2000 – son entreprise pour transformer ce qu'il était convenu d'appeler « le socialisme existant » capota totalement avec l'implosion de l'URSS en 1991. L'URSS a disparu. Il n'y aura pas de retour en arrière.

         Au terme de cette impasse historique, les révolutionnaires d'aujourd'hui sont tenus au devoir d'invention d'un projet d'émancipation répondant aux conditions du XXIe siècle qui ne sont plus celles de 1917. Un projet d'émancipation répondant à l'immense défi dont ce siècle est porteur : l'intrication de la crise climatique et de celle du capitalisme.

  « L'Histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur de leur accomplissement, mais elle justifie l'invincible espoir » écrivait Jean-Jaurès.

Pour cela, et pour commencer, nous tenterons de mettre un peu d'ordre dans le débat, souvent confus, Capitalisme - Socialisme - Communisme.


           Tout d'abord un point de méthode. Essayons de définir au préalable ce qui est en discussion. 

       - Capitalisme. Définition minimale et apolémique que les travaux du sociologue et historien Max Weber ne réfutent pas, au contraire : système socio-économique caractérisé par la propriété privée des grands moyens de production et d'échange et la dépossession des producteurs de leurs moyens de production (possession des moyens de production qui existait dans les premières sociétés du néolithique, la propriété par les producteurs de la terre et des outils, seuls moyens de production à cette époque, propriété prenant la forme familiale, clanique, tribale ou communale).

 Cette dépossession du producteur de ses moyens de production est un processus historique long, complexe, s'étalant sur plusieurs millénaires et aboutissant depuis quelques siècles, à la confiscation de ces mêmes moyens au profit d'un groupe restreint, les producteurs n'étant plus propriétaires que de leur force de travail qu'ils échangent contre un salaire. 

      - Socialisme. Système socio-économique de réappropriation sociale des grands moyens de production et d'échange sous une forme publique : étatique-nationale, communale, liste non limitative, mais toujours sociale, au sens de publique.

      - Communisme. Système qui n'a jamais existé, sauf sous une forme primitive au néolithique, ou peut-être encore aujourd'hui, en Amazonie ou Papouasie..., dans des sociétés de chasseurs-cueilleurs, où la production collective, propriété des producteurs, est censée être redistribuée selon les besoins de chacun.


  
           Ces présupposés établis, force nous est de reconnaître que l'histoire moderne n'a connu pour l'instant que les 2 premiers modes de fonctionnement socio-économiques, capitalisme et socialisme, leur organisation propre restant du domaine du politique avec un nombre de variantes très étendu :

      - pour ce qui est du capitalisme, la palette est extrêmement large : de la monarchie absolutiste des débuts du capitalisme, au libéralisme de la révolution américaine, puis, en France, du Directoire, de la monarchie de Juillet, du Second Empire, puis des IIIe, IVe et Ve République, aux dictatures sud-américaines des années 70-80, aux monarchies constitutionnelles anglaise et de l'Europe du nord, jusqu'aux monarchies à caractère féodal du Moyen-Orient...

       - le socialisme de son côté n'a été représenté pour l'instant, en restant dans la définition socio-économique précitée, que par le soviétisme rapidement transmuté en stalinisme. Ce point est important : le stalinisme et les tentatives politiques de le dépasser, avec Nikita Krouchtchev puis Mikhaïl Gorbachev, n'ont jamais été rien d'autre qu'un socialisme, un « socialisme de caserne »selon l'excellente formule de l'historien Immanuel Wallerstein, en tous les cas aucunement un communisme. Et les répressions de masse que ce type de socialisme a engendré, confortent tout à fait cette connotation militariste, l'institution militaire n'ayant jamais lésiné sur les décimations, pelotons d'exécution et autres punitions collectives. L'assimilation soviétisme - stalinisme - communisme ne doit être vue que comme une construction intellectuelle de propagande. Le fait qu'elle ait si bien fonctionné et abouti dans ses objectifs, la déconsidération complète de toute visée communiste, n'enlève rien à son côté artificiel et fantasmagorique, bref à son caractère de propagande, type « l'homme au couteau entre les dents ».

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