( Au Moyen-Age, l'hommage désignait l'acte et la cérémonie par lesquels le vassal se reconnaissait l'homme de son seigneur.)
(De notre correspondant au Moyen-Age, J. Casanova, à Azincourt - France. 25 Octobre 1415.)
Les historiens médiévistes qui ont étudié le rapport féodal, le désignent comme une sorte de contrat entre deux hommes s'engageant réciproquement l'un à l'égard de l'autre, l'un et l'autre étant libres, bien qu'inégaux en pouvoir.
En une cérémonie solennelle, l'hommage, l'un, le vassal se recommande à l'autre qui devient son seigneur, lui demandant aide et protection et lui jurant fidélité. Il entre ainsi à son service, s'engageant à respecter sa personne, la garder saine et sauve, à ne pas nuire à ses biens et à ses entreprises, à constituer sa suite et à lui venir en aide.
En contrepartie, il reçoit, de son seigneur, garantie de l'autorité sur son fief et droit à le mettre en valeur pour son compte, en y exploitant le travail de ses serfs, en y percevant redevances et taxes, ainsi que le droit d'y rendre justice.
Ce rapport très particulier et qui a scellé presque 1000 ans de notre histoire occidentale, rapport en principe à jamais révolu et dissous depuis la disparition des Anciens Régimes, comment ne pas le voir ressurgir, sous une forme abâtardie bien sûr, dans la relation bien particulière dans laquelle F. Hollande, à l'occasion du centenaire de la déclaration de guerre de 1914, positionne la France face à l'Allemagne d'A. Merckel.
Dans son édition du 4 Août, Le Monde, sous le titre "Le Président de la République livre au Monde ce qu'il attend de l'Allemagne", nous dessine les grandes lignes d'une déclaration du vassal à son suzerain. Et nous restituons ses mots:
- "Une Allemagne plus présente sur la scène mondiale, avec laquelle nous voulons partager la responsabilité sur le plan militaire et politique". Exit donc le fondement de la souveraineté, celui qui consiste à rendre inaliénables le choix et la décision dans ces domaines.
- "En raison du risque de déflation et de ses conséquences négatives sur l'activité économique, les recettes fiscales et le remboursement de la dette", demande est adressée humblement à l'Allemagne et à la BCE "de prendre toutes mesures pour injecter des liquidités dans l'économie", formule indiquant que nous nous sommes plus maîtres en la matière et que tout dépend d'un directoire non élu.
Bien entendu, l'Histoire ne bégaie jamais et, à l'ère du capitalisme financier mondialisé, le féodalisme est définitivement enterré.
Mais, alternative bien pitoyable à l'affrontement de deux puissances rivales il y a I siècle, affrontement dénoué dans une véritable boucherie, le social-libéralisme à la française semble n'avoir rien d'autre à proposer que soumission et dépendance.
Le seul précédent historique, même si le contexte et les termes de la chose ont totalement changé, est celui des clauses de l'Armistice de Juin 1940 où les "élites" françaises avait fait le choix de l'Europe allemande.