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Toujours tenter, derrière les symptômes, d'identifier la maladie ; derrière les faux-semblants, la réalité (Louis Pasteur).

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Billet de blog 6 octobre 2021

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Non solum...sed etiam

Après les ravageuses révélations du Rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l'Église catholique, la nécessité est posée d'un vrai aggiornamento.

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Illustration 1

          Après les ravageuses révélations du Rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l'Église catholique, la nécessité est posée d'un vrai aggiornamento.

  L'indemnisation des victimes, la demande de pardon, la réforme de la gouvernance de l'Église, la sélection et la formation des séminaristes, toutes celles-ci suffiront-elles à empêcher radicalement, nous voulons dire à la racine, la perpétuation d'un tel mal ? Non solum...sed etiam (Non seulement mais aussi). Y aurait-il d'autres choses à faire, d'autres mesures à prendre ?      

                                 

           Il y a maintenant trois ans, en visite au sanctuaire irlandais de Knock, à l’occasion de la messe de clôture de l'édition 2018 de la Rencontre Mondiale des Familles, le Pape François avait déjà imploré le pardon du Seigneur à ce sujet. C'étaient là ses propres mots :

   « Aucun d'entre nous ne peut se dispenser de se sentir ému par les souffrances de ces enfants auxquels on a volé leur innocence pour les abandonner à la blessure de leurs douloureux souvenirs. Nous avons honte et nous souffrons de ces crimes ignobles. Pardon Seigneur pour ces péchés et la trahisons ressentie par tant de personnes dans la famille de Dieu. »

  Pédophilie. Le mot n'était pas prononcé, mais il était dans toutes les têtes. François, saintes paroles. Resteront-elles en l’Eire ou seront-elles suivies d’effet ? La question rebondit aujourd'hui après les révélations du terrible rapport.

           Nous ne faisons pas partie, et c'est également votre cas, nous en sommes certains, même pour ceux d'entre vous se qualifiant de « bouffeurs de curés », nous ne faisons pas partie de ceux qui pensent que seuls les pervers et les pédophiles sont attirés par la vocation sacerdotale. Nous  cherchons ailleurs l'explication de cette relation perverse entre pédophilie et pratique pastorale.

                                   

     Relation, peut-être la même que celle déjà connue, entre pratique pastorale et zoophilie. Celle qui conduit parfois d'humbles pâtres et bergers isolés dans leurs refuges alpestres à la fornication avec chèvres et brebis. La solitude et la privation.

   Nous cherchons l'explication et pensons l'avoir trouvée, du moins en grande partie : solitude et privation. Désormais, comment y remédier et mettre fin à de telles pratiques coupables.

          Pourquoi cette solitude et cette privation, ce dogme du célibat forcé des prêtres ? Et comment en finir avec lui ? La religion serait-elle en cause ?

(« La misère religieuse et tout à la fois l'expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablé, l'âme d'un monde sans cœur, de même qu'elle est l'esprit d'un état de choses où il n'est point d'esprit. » Karl Marx)

  Nous avons posé la question à Mariette Greco, docteure en théologie et collaboratrice bien connue du journal La Troix, le grand quotidien catholique de référence.

                                   

          Mariette Greco, bonjour ! Ce n’est pas de chansons dont nous voulons aujourd’hui vous entretenir. C’est à la théologienne que nous nous adressons. Pouvez-vous nous dire si ce dogme du célibat des prêtres est intangible et nous éclairer sur son origine ?

   Vous le savez aussi bien que moi. Le célibat des prêtres n'est pas né avec le christianisme. Il remonte au Moyen Âge, plus de 1000 ans après la mort du Christ. N’entrons pas, cela serait trop complexe, dans le débat byzantin quant aux raisons pour lesquelles, après la scission des deux Églises, l'orientale et la latine, cette dernière a tenu à se distinguer de sa sœur en rendant obligatoire le célibat. Il est bien connu que Jésus n'avait rien dit à ce sujet. Si lui-même n'avait pas pris femme, certains de ces apôtres étaient mariés, tels Pierre et Philippe.

                                   

           Vous nous dites donc Mariette Greco, que ce célibat a correspondu à une décision de l'Église à un moment donné.

   Oui, car durant une très longue période, les prêtres de l'Église latine pouvaient être mariés. Mais, eux et leur femme devaient se conformer à la « continence », cet autre nom de l'abstinence, l'absence de relation charnelle. Cela, bien sûr, fonctionnait plus ou moins bien. Au XIe siècle, le Pape Grégoire VII « purifiait » la situation en imposant le célibat. Nous en sommes là depuis. Comme dans d'autres religions ou cultures, où l'on en est encore à la pratique de l'excision ou au port de la burqa.

          Mais Mariette Greco, qui dit décision historique dit aussi possibilité, autre décision historique, de son annulation. Alors ?

   Oui ! Et voila pourquoi je m'adresse aujourd'hui au Pape François. Cher François, vous seul êtes en mesure de prendre cette décision historique. Je vous en supplie, ayez ce courage. Prenez la et protégez ainsi innombrables enfants à travers le monde. Vous rendrez ainsi également la paix de l'âme à ceux qui auraient pu être leurs tortionnaires.

   La preuve a été faite. Le célibat des prêtres, cela ne marche pas et ne peut pas marcher. Enterrons ce dogme inique et criminel. Cher François, dites stop tout de suite. Moi, Mariette, je vous en conjure, laissez les se marier.

   Et comme l’a si bien chanté Juliette, ce n’était pas un cantique : « Marions les, marions les… »

      « Marions les, marions les

         Je crois qu'ils se ressemblent

         Marions les, marions les

         Ils seront très heureux ensemble... »

                               

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