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Toujours tenter, derrière les symptômes, d'identifier la maladie ; derrière les faux-semblants, la réalité (Louis Pasteur).

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Billet de blog 7 juillet 2014

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S'endetter pour investir Vs Estoquer le taureau social.

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À propos de « S'endetter pour investir... », (Chronique de Pierre Briançon. Le Monde 6 Juillet 2014).‏

                                    Cher Pierre Briançon,


          J'ai lu avec grand intérêt votre chronique du 6 Juillet fustigeant le  « masochisme budgétaire », c'est votre terme, des gouvernements de l'Euro-zone sous férule allemande, où vous démontrez de façon très convaincante l'erreur fondamentale de l'austérité imposée à l'Europe, alors que  « la vraie politique sérieuse et rigoureuse serait aujourd'hui de s'endetter » :


     - à des taux historiquement bas,
     - en relançant l'investissement public dans les domaines où l'Europe veut consolider son marché intérieur : télécoms, transition énergétique ; on peut en citer d'autres : infrastructures ferroviaires, enseignement supérieur et recherche etc...
Et vous concluez : l'Histoire demandera un jour à nos gouvernants des comptes sur leur  « impuissance destructrice ».
          Citoyen sans compétence économique reconnue, je partage totalement votre analyse. Elle me semble, mais peut-être me corrigerez-vous, rejoindre celles de grands noms réputés, Stilglitz , Krugman...


  La question qu'on ne peut pas ne pas se poser est la suivante : nos politiques, de droite comme de gauche, diablement plus instruits et compétents que vous et moi, ayant en mains, à la place où ils sont, tous les conseils, toutes les analyses qui vont avec la puissance de l'Etat, non seulement ne mettent pas en débat ces problématiques, mais les ignorent et leur tournent le dos. Pourquoi ?
          J'ai un élément de réponse et aimerais avoir votre éclairage à son sujet: ces dites  « politiques de rigueur », au prétexte, je ne détaille pas, de  « rétablir les comptes publics, conserver notre indépendance vis-à-vis des créanciers, remuscler la compétitivité de votre appareil productif, etc... », ce qui, vous le démontrez, relève de la chimère, ces politiques ne poursuivent-t-elles pas en réalité un autre but ?


  Je m'explique : sur le Grand Marché mondial actuel, l'Europe continentale est la seule zone du monde où se soit construit, depuis environ un siècle et à travers des conflits de classes majeurs, un Etat Social (conventions collectives et droit du travail, assurances sociales et retraites par répartition, services publics...). Miné par un chômage de masse depuis plus de 30 ans et par toutes les précarités qu'il induit, cet Etat Social n'attend plus que l'estocade pour s'effondrer et nous faire rejoindre le grand Western néolibéral des autres aires continentales (Amérique du Nord, Afrique, Asie ; je mets un bémol sur l'Amérique du Sud).

          Ces politiques d'austérité ne seraient-elles pas destinées à mettre à genoux le taureau social européen (pardonnez la rhétorique tauromachique), animal encore dangereusement emblématique pour les peuples du reste du monde, peuples dont les exigences commencent à se faire jour de-ci de-là : printemps tunisien, ébullition sud-américaine, soulèvements anticorruption ukrainien ou turc, mouvements sociaux chinois... 
Je ne veux pas faire l'amalgame de tout cela, ce serait imprudent. Il existe probablement d'autres explications à cette pseudo-cécité européenne. Le citoyen aimerait comprendre.
              Jean Casanova

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