(De notre envoyé spécial à travers les âges J.Casanova - Mer du Nord - Extrémité ouest de la Péninsule Eurasiatique - 3014 de l'ère conventionnelle EC.)
Au Nord-Ouest de la Péninsule Eurasiatique, à la latitude de l'ancienne Manche, des plongeurs sous-marins et des bathyscaphes, par 200 m de profondeur, viennent de retrouver les vestiges de l'ancienne cité de London, maintenant sous les flots depuis près de 500 ans, après la grande montée des eaux contemporaine du réchauffement climatique des premiers siècles du 3° millénaire. Ils viennent d'y découvrir, étonnés et perplexes, dans un ancien temple englouti, baptisé City, de minuscules tablettes numériques protégées des eaux par leur emballage dans de petits sacs plastiques et dont l'étude a été confiée à des paléo-anthropologues, tels ceux qui, il y a plus de 1000 ans, avaient su, à l'examen d'anciennes peintures rupestres à Lascaux, Altamira, faire parler d'antiques civilisations remontant à 30 000 ans avant nôtre ère.
La tâche est immense pour nos hommes de science, mais nous ne désespérons pas, grâce à l'aide des dernières techniques de datation, de les voir élucider nombre de ces inscriptions retrouvées sur ces minuscules tablettes.
L'une d'elles a fait l'objet d'un décryptage poussé quant à ses origines, sa signification et les hypothèses anthropologiques qu'elle soulève: "My Government is Pro-Business". En bas de l'inscription, figure le signe MV, non pas chiffre romain, mais probable signature d'un ancien chef de guerre, Manuel Valls, dont les historiens spécialistes de la période connaissaient déjà le rôle important qu'il avait joué, à l'époque, dans la lutte contre ce fléau de la Mythologie libérale, le Coût du Travail. D'après certains anthropologues, ce document pourrait être un des marqueurs authentiques d'un phénomène mystérieux à propos duquel la glose scientifique est loin d'être close.
Et c'est dans le travail d'élucidation que nous vous devons, chers lecteurs, que nous sommes allés à la rencontre, à l'Institut Max-Planck de Leipzig, du Pr Hans-Christopher Godesberg, directeur du Département d'Anthropologie évolutionnaire, où, au tournant des années 2000 EC, avait été vérifiée l'hypothèse jusque-là insoupçonnée d'une hybridation possible entre deux espèces humaines du Paléolithique, Néandertaliens et Homo sapiens. Hypothèse insoupçonnée, car jusqu'alors prévalait la thèse de deux populations humaines, Néandertaliens et Homo sapiens, descendantes toutes deux d'un ancêtre certes commun il y a 500 000 ans, Homo Erectus, mais occupant des sites différents de l'Eurasie, en relative compétition pour l'occupation de ces immenses étendues, ne se mélangeant jamais, chacune poursuivant son évolution propre, les derniers Néandertaliens ayant disparu il y a environ 30 000 ans, dans des circonstances d'ailleurs mal précisées.
Fervent défenseur de cette thèse de l'hybridation possible et probable entre ces deux populations, thèse vérifiée par les travaux sur leur génome, le Pr Godesberg travaille à présent sur l'hypothèse, déjà pour lui maintenant solidement étayée, d'un nouvel exemple d'hybridation entre deux anciennes espèces, toutes deux descendues d'un ancêtre commun, Homo Republicanus, espèces Homo Umpesis et Homo Socialistus, dont il avait toujours été soutenu jusqu'à maintenant, l'absence de consanguinité et la féroce compétition qu'elles se livraient pour le partage des prébendes électorales, la prétention à triompher l'une de l'autre expliquant aisément la barrière d'espèce qui les départageait.
Et c'est là, chers lecteurs que se révèle ce qui fait le chercheur, la sérendipité, la capacité, l'art de faire une découverte. Le Pr Godesberg en était doté au plus haut point. Esprit toujours ouvert, attentif au moindre événement et, plus que par sa culture érudite, par une intuition aiguisée, il entrevoyait immédiatement l'articulation possible entre le connu et un élément nouveau.
La banale tablette en ancien langage angle approximatif "My Government is Pro-Business" que d'aucuns destinaient au Bureau des objets perdus ou à l'arrière-boutique d'un fripier-brocanteur, recueillie par les soins du Pr Godesberg fait l'objet depuis plusieurs mois d'un gigantesque travail d'investigation mobilisant géologues, archéologues, anthropologues, ethnologues, linguistes et historiens à partir d'une hypothèse radicale: l'hybridation entre Homo Umpesis et Homo Socialistus a eu lieu et nous en détenons un marqueur. Deux espèces que l'on croyait condamnées à la confrontation permanente ont pu s'hybrider dans un processus évolutionnaire.
Les scientifiques essaient maintenant de configurer les circonstances, les lieux, les méthodes et les aboutissants de ce phénomène resté insoupçonné jusqu'à aujourd'hui: Homo Umpesis et Homo Socialistus ont eu des descendants communs.
Quant à la période géologique où ce phénomène serait apparu, elle ne fait plus de doute: aux environs de 2000 EC, dans le contexte de grands mouvements tectoniques combinant des effondrements telluriques à l'Est de l'aire Eurasienne et des éruptions volcaniques de grande ampleur dans la zone Atlantique (éruptions du Reaganorona et, au large de l'ancienne Islande, du Thatcheromaguy).
À cette période, confrontées aux importants bouleversements climatiques consécutifs, les deux espèces auraient adopté pour survivre des modes de vie et occupé des niches écologiques plus favorables favorisant leur hybridation: cohabitation dans les beaux quartiers, fréquentation commune des grandes écoles commerciales, peopolisation et recherche disputée des mêmes partenaires sexuels dans les savanes médiatiques...
Nos anthropologues sont formels. Dans ce contexte de bouleversements tectoniques, la mise en commun de niches écologiques, sexuelles et prébendiéres ne pouvait qu'aboutir à l'apparition d'hybrides. Nous sommes là dans la vérification des célèbres thèses de Darwin qui, comme vous le voyez, n'ont pas pris une ride.
Autre affirmation scientifique: ces hybrides sont féconds et vont très probablement développer leurs aptitudes pour supplanter les deux anciennes espèces.
À nôtre question naïve de profane, d'une survie ou d'une possible résurgence de l'espèce initiale Homo Socialistus, le Pr Godesberg a répondu de façon catégorique: l'Évolution ne remonte pas le temps; Homo Socialistus a évolué en Homo Vallsensis, c'est la dénomination scientifique qu'il a bien voulu donner à ce nouvel hybride, et cette évolution est irréversible. Conclusion certes définitive, mais le Pr Godesberg n'a pas écarté la possibilité que le rameau originel puisse malgré tout perdurer s'il retrouvait son ancienne niche écologique: monde du travail, grands ensembles et couches populaires. Sévère et austère perspective.